Ce que Ron Gilbert aimerait faire de Monkey Island

Il ne travaille absolument pas sur un tel projet, il ne prévoit pas de le faire (c’est Disney qui possède la licence depuis le rachat de Lucasfilm), mais voici ce qu’il aimerait développer s’il devait s’atteler à nouveau à la création d’un Monkey Island.

Sur son blog Grumpy Gamer, Ron Gilbert a décidé de s’offrir un agréable moment en imaginant ce qu’il ferait s’il travaillait sur un nouveau Monkey Island, lui qui a créé la série. Déjà, il appellerait ce nouvel épisode Monkey Island 3a, car pour lui les seuls épisodes qui existent « dans son univers Monkey Island » sont les deux premiers, ceux sur lesquels il a œuvré. Il précise qu’il n’a rien contre les épisodes suivants, qu’il en « volerait » même peut-être certains éléments, mais il voudrait reprendre la série là où il l’a laissé.

Côté technique, il aimerait développer un moteur similaire au SCUMM qui faisait tourner les jeux d’aventure Lucasarts dans les années 90, pour en retrouver la facilité de développement (« des idées marrantes peuvent faire rire au déjeuner et être dans le jeu dans l’après-midi »). Il s’entourerait d’une équipe restreinte (une dizaine de personnes ou moins) pour que le jeu soit « plus personnel et tailler avec amour », ce qui n’est pas incompatible avec son envie de faire un Monkey Island graphiquement old school. Pas de 3D, juste des graphismes « basse résolution améliorés », à savoir les pixels à la Monkey Island 1 et 2 mais avec des effets techniques contemporains (profondeur de champ, parallaxe…). Enfin, il souhaiterait avoir un doublage complet du jeu.

Même chose pour le gameplay : Ron Gilbert voudrait quelque chose d’authentique. Ce serait donc un jeu d’aventure hardcore sans tutoriel ou astuce. Il ne ferait aucune concession pour moderniser le jeu ou en faire un produit grand public. Juste à l’ancienne. Il prévient que les joueurs seraient parfois « bloqués » et « frustrés ».

Il révèle quelques autres détails (jeu en boîte avec potentiellement la roue de codes pour authentifier le jeu, pas de copie envoyée à la presse, éventuellement un Kickstarter mais très simple sans vidéo pour draguer les potentiels investisseurs ni récompenses « ridicules »), mais c’est surtout sa tirade sur le partage qui retient l’attention :

« J’ai passé trop de temps dans ma vie à créer et développer des choses que d’autres possèdent. Non seulement je permettrais aux fans de faire des jeux Monkey Island, mais je les encouragerais. Estampillez-les Monkey Island, respectez l’univers et les personnages, et n’affirmez pas que c’est un canon. »

Maintenant que l’on a rêvé pendant quelques minutes de ce que pourrait donner un tel projet, on peut retourner dans le monde réel, celui où Monkey Island est en train de pourrir dans un placard au fin fond de Disney, à côté de Maniac Mansion/Day of the Tentacule…

Le 17/04/2013 à 12:44:52 – Par Jean-Baptiste Pochet @moustachaman