Edito : Masse critique

Et si on en finissait enfin avec le système de notation ? Etes-vous prêts à vous affranchir de la sacro-sainte note ? C’est à vous de nous le dire.

14/20, 15/20. Depuis des années, bien trop d’années, la question se pose une fois achevée l’écriture de la critique d’un jeu. Quelle foutue note vais-je bien pouvoir lui mettre ? Personnellement, hormis les intertitres qui ne sont bien souvent que prétextes à des calembours plus ou moins réussis, le choix de la note est celui qui me semble le moins évident tant il ne repose plus sur aucune base. Comparer avec la concurrence ? Oui mais encore, comment quantifier de manière rationnelle deux, trois ou quatre points d’écart ? Dans un domaine où la passion l’emporte sur la raison, est-ce que cela a encore un sens de faire appel à des mesures chiffrées ? Evidemment, la passion est une excuse encore bien trop souvent avancée pour justifier tout et n’importe quoi. Surtout n’importe quoi. Il reste qu’en l’occurrence, comme je vous l’écrivais il y a peu de temps, une critique d’un jeu se doit d’être fortement subjective et donc empreinte de l’intérêt / désintérêt de l’auteur pour l’œuvre qu’il juge. Passion, notation, il n’y a que la rime qui les lie.

Puisqu’il semble vain de comparer, la note représenterait donc une forme d’absolu, une échelle de Richter du plaisir. Là encore, là où les secousses telluriques sont quantifiables via des dispositifs de mesure, les vibrations du joueur le sont beaucoup moins. Chacun trouvera du plaisir dans des domaines aussi différents qu’une direction artistique, des musiques, des mécanismes de jeu, une construction de niveau, de l’humour, de la peur, un scénario original, un mode multi bien équilibré, etc. Et avec tout cela, on en revient à l’antienne de la note parfaite et des débats inextricables qui en découlent et que nous ne relancerons pas ici tant ils semblent d’un autre temps.

Bien évidemment, nous ne sommes ni les premiers ni les derniers à nous interroger sur le principe de notation et face à ce nœud gordien que représente la note, on pourrait trancher à la manière d’Alexandre en décrétant que désormais nous n’emploierons plus aucun système d’évaluation. Après tout, nous n’avons jamais fait partie du panel Metacritic (il faut le demander) et nous avons suffisamment critiqué tout le système qu’il engendre. Clauses dans les contrats de certains studios, obligation de score minimum pour les filiales, tout est scruté, jugé, pesé. Comme si de l’amalgame d’avis subjectifs émanant de différents médias pouvait sortir une vérité. Ce gloubi-boulga revisité à la sauce jeu vidéo ne réduit ce dernier qu’à sa simple expression commerciale. Tu n’as pas atteint tes 85% ? Tu as donc mal fait ton travail car c’était l’objectif que l’on t’avait fixé. Drôle de discours mais finalement pas si rare ni caricatural.

Et en rêvassant un peu, on pourrait fantasmer un monde idéal où tous les lecteurs prendraient le temps de lire la totalité d’un texte pour saisir toutes les nuances d’une critique. Sauf que l’intégralité de notre lectorat n’en a sans doute ni le temps ni l’envie et que je pense qu’il est important de conserver un indicateur visuel global de satisfaction qui vient ponctuer un test. C’est important pour le lecteur, en appui de l’avis condensé et des points positifs et négatifs, d’avoir un repère immédiat sur une page qui l’incite à lire ce qui suit ou précède. C’est également, à mon sens, important pour un média car c’est une manière simple et symbolique d’affirmer son appréciation. Schématiquement, on pourrait résumer notre avis après avoir joué à : Indispensable / J’aime beaucoup / J’aime un peu / Je n’aime pas. Etoiles, pictogramme, c’est à vous de nous dire ce qui vous semble le plus adéquat. Globalement, c’est surtout à vous, lecteurs que vous soyez fidèles à JVN ou pas, de nous indiquer si vous adhérez à ce changement, à ne plus voir nos tests reposer sur une note sur 20 mais simplement être ponctués par une appréciation globale sous forme d’indicateur. Ce changement n’est en rien une fin en soi, cela ne changera rien à la façon dont nous écrirons les chroniques mais il est sans doute temps d’en finir avec le système scolaire des notes.

Note (ah ah) : Tel un stagiaire community manager, je vous invite à laisser vos remarques diverses et variées dans les commentaires ci-dessous. Nous en tiendrons compte dans les éventuels changements que nous serons amenés à apporter au site.

Le 13/11/2013 à 16:33:34 – Par Rodolphe Donain @RodolpheDonain