Far Cry 3 Blood Dragon : On y a joué

Ressortez les sacs US, les Rubik’s cubes, enfilez votre Lee Cooper ou votre blouson Naf-Naf et sortez les bandanas, avec Far Cry 3 Blood Dragon, on repart dans les années 80.

Il y a quelques jours, lors d’une discussion sur facebook avec un membre émérite du site, rétorquant à sa vile attaque sur mon âge, je lui répondis que parfois, être « vieux », cela avait du bon. En effet, être un ado dans les années 80, ça signifiait grandir avec des œuvres telles que  Star Wars, Indiana Jones, Ghostbusters, Les Gremlins, Retour vers le futur, Robocop, Aliens, les films de Carpenter et de De Palma et tant d’autres. Évidemment, tout cela a un peu plus d’allure que la série des Twilight… Toutefois, les 80’s ne furent pas non plus une décennie de bon goût constant comme en témoignent les vestiges des t-shirts waïkiki, certains films de Stallone (Cobra, Over the top,…) ou encore quelques fumeux nanards comme l’improbable Gymkata dont vous retrouvez la bande-annonce ci-dessous.

Avec Far Cry 3 : Blood Dragon, Ubisoft a décidé de rendre hommage à toutes les outrances de cette décennie, les couleurs fluo du logo jetant immédiatement les bases de l’univers. Oui, Far Cry 3 : Blood Dragon est fluo, criard, jovialement crétin et hyper référentiel. Et c’est surtout drôle ! Dès le didacticiel de départ, le jeu arrive à se moquer de lui-même au travers d’une mise en abîme particulièrement savoureuse. On ne vous gâchera pas le plaisir de découvrir par vous-même ces traits d’humour. Ce qu’on peut vous dévoiler, par contre, c’est le scénario évidemment idiot qui sert de trame scénaristique à Blood Dragon.

Nous sommes donc en 2007 et l’apocalypse a été particulièrement… apocalyptique. Le sergent Rex Colt, Cyber Commando type Mark IV et super soldat de l’armée US, entre Steve Austin et G.I. Joe, a été envoyé sur une île pour enquêter sur une arme biologique. Face à lui, des cyborgs, bien évidemment pour respecter le cahier des charges en matière de kitsch. Et si vous pourrez les tuer en un seul coup en les poignardant dans le dos comme dans Far Cry 3, le côté Blood Dragon du jeu s’affirmera par la possibilité d’enchaîner un meurtre avec un jet de shuriken. Forcément, il fallait saupoudrer d’un peu de sauce ninja pour relever le tout !

La mission qui nous a été présentée se situant en début de jeu, elle était bien évidemment très linéaire, même si on pouvait chercher de ci de là quelques cassettes VHS. Nous n’avons donc pas pu explorer le monde ouvert, une des grandes qualités de Far Cry 3. Ce sont surtout des affrontements très classiques mais efficaces qui étaient offerts, avec ses bruitages très « Pew Pew » jouissifs. Et si sur la carte, on pouvait apercevoir des zones de chasse aux mécha-requins ou aux dragons (dotés d’yeux à rayon laser !), nous n’avons pas pu les parcourir. A la place, une fusée à désamorcer avec un inévitable compte à rebours et des hordes d’ennemis dont vous pouvez arracher les cœurs cybernétiques. Pour vous présenter cela, tous les poncifs du genre sont détournés, que ce soit dans les personnages présents, les dialogues ou au travers d’hilarantes cut-scenes animées façon 8 bits.

Alors qu’on s’attendait à un Far Cry criard comme le maquillage de Cindy Lauper, Blood Dragon étonne déjà par la cohérence de son univers. Ubisoft Montreal a choisi de ne pas faire dans la demi-mesure, ce qui constitue en soi une vraie prise de risque en ne se conformant pas aux standards actuels. Reste à voir si l’humour omniprésent dans cette première demi-heure de jeu restera aussi efficace tout au long des huit heures de jeu annoncées. Si tel est le cas, on pourra alors citer Mac dans Predator : « I’m gonna have me some fun ».