Jeux vidéo : La France aime les suites

Depuis sept mois, seuls deux jeux vidéo n’étant ni une suite ni un spin off ont atteint le top 5 des ventes dans notre pays. Alors, vous en avez vraiment marre des suites ?

Lorsque l’on évoque les griefs faits à l’industrie du jeu vidéo, bon nombre de joueurs se plaignent de l’omniprésence de suites dans la production actuelle. Certains reprochent aux éditeurs leur absence de prise de risque et parfois la surexploitation de quelques licences juteuses. Nous avons donc voulu faire un petit état des lieux de la part des jeux considérés comme suite ou spin off dans les ventes de jeux vidéo en France et le constat est édifiant.

Nous sommes remontés jusqu’à la fin du mois d’août 2012 en prenant comme base les classements hebdomadaires de ventes de jeux vidéo en France révélés chaque lundi sur le site du SELL. Rappelons que ce classement ne se fait pas sur le nombre d’exemplaires vendus mais sur le chiffre d’affaires généré, favorisant les jeux sur PS3 et Xbox 360 proposés plein tarif ou en version collector. Par ailleurs, ce classement ne tient pas compte des ventes dématérialisées.

En 31 semaines, seuls deux jeux vidéo n’étant ni une suite ni un spin off ont intégré ce top 5. Il s’agit de la version PS3 de Dishonored, seconde du classement entre le 8 et le 14 octobre 2012 et de Ni No Kuni, présent à la première et la troisième place (avec l’édition collector) entre le 28 janvier et le 3 février. Les 152 autres places des différents Top 5 sont occupés par des suites ou des spin off en tenant compte du cas particulier qu’est Sleeping Dogs que l’on peut considérer comme la suite de True Crime. On voit là toute la difficulté à lancer une nouvelle licence…

Difficile de distinguer l’oeuf de la poule dans ce résultat. En effet, les suites se vendent-elles car les joueurs les plébiscitent ou l’absence d’alternative contraint-elle les joueurs à se retourner vers les seules licences existantes ? Il y a sans doute un peu des deux. Par ailleurs, la sous représentation de nouveaux titres peut également s’expliquer par l’absence des jeux indépendants dans ces classements. Certes, on doute fortement qu’un Journey puisse rivaliser avec les ténors de la PS3 en nombre de ventes mais le fait qu’il soit vendu sous forme dématérialisée et à un petit prix le pénalise doublement dans ce type de classement. De la même manière, les classements sur PC ne sont sans doute pas entièrement révélateurs des ventes véritables puisque n’incluant pas un mastodonte tel que Steam.

Cette tendance assez lourde va-t-elle se confirmer dans les mois à venir ? Ce sera à Injustice, Remember Me ou encore The Last of US de la faire démentir, c’est tout le mal qu’on leur souhaite…

Le 09/04/2013 à 14:49:58 – Par Rodolphe Donain @RodolpheDonain