La PS Vita s'est-elle trompée d'époque ?

Un responsable de SCEE reconnait que la PS Vita n’avait peut-être aucune chance de trouver un large public dans le contexte de la révolution mobile.

En dépit de ses qualités évidentes, la PS Vita ne provoque pas la moindre pulsion chez la majorité des gros éditeurs. EA se contente de dupliquer le même FIFA chaque année. Activision a laissé Nihilistic pondre un Call of Duty indigeant. Et 2K Games concède Borderlands 2 uniquement parce que Sony va tout prendre en charge. Seul Ubisoft peut être crédité d’avoir fait preuve d’un minimum de bonne volonté, avec Assassin’s Creed III Liberation. Plus tôt, sur le marché japonais, Capcom s’était déjà chargé d’annihiler toute notion de concurrence en privant la PS Vita de Monster Hunter 4. Square Enix, autrefois si actif sur PSP avec des perles comme Crisis Core ou Birth By Sleep, n’a qu’un remake de Final Fantasy X en stock, pour une console qui fêtera tout de même ses 2 ans en décembre.

La PSP justement, avec plus de 75 millions de consoles dans le monde, a été un vrai succès pour l’entrée de Sony sur le marché des portables, même si ce plébiscite s’est fâné un peu vite aux USA par rapport au reste du monde. Si les ventes de PS Vita ne sont pas connues officiellement, elles ne dépassent pas, selon nos estimations, les 6,4 millions. Le manque de succès s’explique par le manque de titres forts (que les studios Sony sont, à l’heure actuelle, incapables de délivrer en masse) mais qu’est-ce qui explique au départ l’abstinence de tous les gros éditeurs ?

Sur ce point, Fergal Gara de SCEE fait une déclaration intéressante et sûrement très pertinente à VideoGamer. Le responsable de SCEE au Royaume-Uni estime que la PS Vita a le malheur d’être née à la mauvaise époque, celle de l’explosion des smartphones, des tablettes et de tous les modèles économiques qui s’y rapportent. Aujourd’hui, Sony reconnait avoir sous-estimé la violence avec laquelle l’époque traiterait sa console portable.

Quand on lui demande si le prix était le seul facteur qui empêchait la PS Vita de décoller, Fergal Gara livre cette réponse plus honnête et plus complète que celle qu’on aurait pu attendre.

« Le prix est une partie de l’équation, mais je pense que la PS Vita est apparue dans un paysage vraiment différent de ce qui était imaginé quand la conception de l’appareil a débuté, je pense en particulier aux modèles freemium des tablettes et des smartphones », concède Fergal Gara. « Demander 250 euros pour la console et avoir des jeux à 40 euros ou 50 euros était conséquent. »

Sony a désormais baissé le prix de la PS Vita à 199 euros. Un bundle avec Killzone Mercenary et une carte mémoire 8 Go sera même disponible à ce prix à partir du 4 septembre.

Pour Fergal Gara, cette baisse de prix, ainsi que les Mega Packs, le PlayStation Plus ou encore le Remote Play à venir pour lire les jeux PS4, sont des éléments qui peuvent aider la PS Vita à se relever un minimum dans un marché qui ne veut manifestement pas d’elle.

Les parcours respectifs actuels de la 3DS et de la PS Vita sont en tout cas assez éloquents : Nintendo semble être la dernière compagnie au monde à pouvoir faire vivre un appareil portable 100% dédié aux jeux vidéo. Entre la situation alarmante de la PS Vita et l’évolution d’un marché qui favorise de moins en moins les consoles portables, l’avenir de Sony sur ce secteur peut être discuté. A la question y’a-t-il une vie après la PS Vita, Shuhei Yoshida avait répondu : « Je pense que oui, mais nous n’avons pas à prendre une telle décision maintenant » avant d’ajouter peut-être sous forme d’indice que « la distinction entre les consoles portables et les appareils mobiles devient trouble. »

Le 03/09/2013 à 01:16:36 – Par Steeve Mambrucchi @Steeve_JVN