La Terre du Milieu : L’Ombre du Mordor – On l’a vu

Entre deux volets de The Hobbit, cette année verra arriver La Terre du Milieu : L’Ombre du Mordor sur PlayStation 4, Xbox One, PlayStation 3, Xbox 360 et PC. Nous avons pu voir le nouveau jeu de Monolith et nous vous livrons nos premières impressions.

Alors que l’on croyait avoir fait nos adieux à la Terre du Milieu avec le retour (interminable) de Frodon dans la Comté lors de l’épilogue du Retour du Roi, il semble bien que l’univers de Tolkien n’ait pas fini d’inspirer divers créateurs. C’est tout d’abord Peter Jackson avec le mignon mais dispensable  Hobbit qui s’est rappelé à notre bon souvenir et c’est désormais Monolith qui va tenter de raviver la flamme dans le domaine des jeux vidéo. C’est l’occasion également de dresser un constat qui brille par son évidence : si la saga du Seigneur des Anneaux a engendré quelques adaptations sympathiques tels que les jeux d’action d’EA ou encore l’inévitable déclinaison sous forme de LEGO, aucun jeu vidéo n’a finalement été à la hauteur du mythe créé par Tolkien. La Terre du Milieu : L’Ombre du Mordor sera-t-il enfin le jeu pour les gouverner tous ? Nous avons pu avoir un aperçu du jeu et voici donc nos premières impressions.

De Monolith Productions, on connaît essentiellement les séries F.E.A.R. et Condemned, les plus fins (et âgés) gourmets se remémoreront également les excellents No Lives Forever.  Pourtant, ce n’est pas un FPS que le studio est venu présenter à la presse cette semaine à Paris mais un jeu mêlant bac à sable, RPG et action. Ne vous attendez pas à y croiser un Touque ou un Sacquet, La Terre du Milieu : L’Ombre du Mordor prend place entre les événements décrits dans The Hobbit et ceux du Seigneur des Anneaux. Vous y incarnez Talion, un Rôdeur du Gondor au destin tragique. En effet, après avoir vu sa famille être décimée, il a lui-même péri sous les coups des armées de Sauron. Clap final ? Non, il revient à la vie (on ne connaît pas encore le comment ni le pourquoi) avec les pouvoirs magiques des Wraith, semblables à ceux des Nazgûl. Et comme son patronyme le laisse augurer de manière assez balourde, il va entreprendre de se venger des lieutenants de Sauron, les Black Captains. Œil pour œil et dent pour dent chez les Orques, voici ce qui vous attend.

Pour mettre en œuvre son projet de vengeance, Talion va devoir remonter toute la hiérarchie des forces du mal grâce à un principe plutôt prometteur, le Nemesis System. Pour faire bref, chaque ennemi que vous rencontrerez est unique et propre à votre partie. Si, par exemple, vous veniez à être tué par un orque de base, celui-ci obtiendra une promotion et se souviendra vous avoir occis si jamais vous deviez croiser de nouveau sa route. Par ailleurs, chaque individu a sa propre fiche signalétique où sont décrits à la fois ses caractéristiques et ses éventuelles faiblesses. Pour accéder à ces fiches, il suffit d’affaiblir suffisamment un ennemi pour en prendre possession grâce à vos pouvoirs de Wraith. Cela vous permettra de révéler de nouveaux personnages dans un tableau de la hiérarchie Orque avec tous les renseignements s’y rattachant, dès lors qu’ils ont un rapport avec le perso que vous possédez. Mais ce n’est pas tout. En effet, cette emprise sur un ennemi vous ouvre également de nouvelles possibilités. Dans la première démo à laquelle il nous a été possible d’assister, la responsable de Monolith avait réussi à mettre la main sur Rat Bag, un esclavagiste notoire. Elle pouvait alors choisir entre « Assassiner », « Terroriser », « Sacrifier » et « Espionner ». Elle choisit l’assassinat avec la possibilité de choisir sa cible parmi divers officiers, chacun étant affublé d’un pourcentage de réussite de la mission. En l’occurrence, elle décide de l’envoyer s’attaquer à un certain Orthog. Grâce à son radar, Talion peut suivre la trace de Rat Bag jusqu’à un meeting réunissant à la fois les forces de Rat Bag et celles d’Orthog. Si la tentative d’assassinat n’est pas couronnée de succès, elle a le mérite d’affaiblir à la fois Orthog et ses sbires. Vous pouvez alors vous jeter dans la mêlée afin de participer aux combats jusqu’à la décapitation de l’infâme chef Orque.

Sur le papier, ce principe de Nemesis System est réellement prometteur avec l’assurance de vivre sa propre partie et un potentiel stratégique non négligeable en amassant ses propres forces au sein même du camp ennemi pour constituer sa propre petite armée. On ne saurait toutefois trop vous en dire sur ce sujet car la seconde démonstration qui nous a été proposée, sans être inintéressante, était beaucoup trop orientée sur les combats. En effet, alors que le système de combat assez proche de celui d’un Batman semble dynamique et basé sur les contres tout en faisant appel à des pouvoirs magiques, voir s’enchaîner les affrontements pendant de très longues minutes peut se révéler assez fastidieux. La preuve en est qu’il a fallu parfois fuir les hordes d’ennemis arrivant par grappes entières pour reprendre un peu son souffle. Sachez que si vous êtes submergé et sur le point de mourir, vous avez le droit à un coup de la dernière chance pour vous en sortir sur la base d’une petite action contextuelle. On regrette d’autant plus cette overdose de combats qu’elle ne nous a pas permis finalement de voir d’autres aspects du jeu. Certes, Talion semble bien avoir appris quelques mouvements chez les assassins d’Ubisoft, son évolution se fera selon deux arbres de pouvoirs, Rôdeur et Wraith, et son animation tout comme celle de ses ennemis ne paraît pas connaître le moindre souci malgré le nombre mais… Mais on aurait aimé en savoir un peu plus sur le scénario et surtout sur la méthode narrative qui nous fait progresser dans l’histoire, au-delà de la remontée méthodique dans la hiérarchie des armées de Sauron. Le regret est d’autant plus grand qu’on trouve le nom de Christian Cantamessa (Red Dead Redemption) au premier rang des scénaristes de La Terre du Milieu : L’Ombre du Mordor.

S’il évite l’écueil de la répétitivité et parvient à utiliser intelligemment le concept prometteur de Nemesis System,  le jeu de Monolith aura de bonnes bases pour faire du Mordor un bac à sable de premier ordre. Reste également à savoir si son scénario saura aller au delà de la simple loi du Talion.