Microsoft présente la Xbox One

Synthèse et enseignements de cette première présentation de la Xbox One, la console nouvelle génération de Microsoft.

Xbox One. Le nom n’avait jamais fuité, mais c’est bien ainsi que la remplaçante de la Xbox 360 a été baptisée par Microsoft. Avec sa carrure massive et son air de set-top box, la machine représente “la console de divertissement tout-en-un ultime” selon Don Mattrick. Le but de Microsoft est de délivrer une machine capable de fournir du jeu, du cinéma, de la TV, de la musique, du sport ou encore Skype, en basculant facilement et rapidement d’un domaine à un autre.

Comme le voulait la rumeur, la nouvelle machine est bien conçue pour fonctionner avec Kinect, qui n’est désormais plus un accessoire mais une partie obligatoire du système, ce qui ne devrait pas manquer de donner du crédit au prix de 500$ annoncé par Paul Thurrott. Officiellement, il n’a pas été question de tarif pour le moment, seulement d’une sortie mondiale confirmée pour la fin de l’année 2013. Le nouveau capteur Kinect 1080p est en tout cas plus précis, plus réactif et plus intuitif. Il reconnaît les mouvements dans pratiquement toutes les conditions d’éclairage, même une légère rotation du poignet, et distingue votre voix même dans une pièce bruyante grâce à une fonction avancée d’isolation du bruit, promet Microsoft.

Microsoft a d’abord cherché a épater la galerie en montrant comment la machine pouvait répondre instantanément au désir de l’utilisateur à partir de commandes vocales.  Il suffit donc de scander “Xbox Allumer” pour que la machine et son Kinect reconnaissent la voix de l’utilisateur et le conduisent sur son interface personnalisée. Avec Kinect à ses côtés, la Xbox One s’allume et s’éteint sur commande, change de chaîne, ouvre Internet Explorer ou Skype (qui supportera le 1080p) le tout rapidement et en multitâche. Skype peut par exemple être utilisé tout en regardant la TV. Jouer en ligne à Call of Duty tout en regardant son film préféré sur le même écran ? Ca devient aussi possible.

Si Mark Cerny avait pris le temps d’élaborer les différents aspects de la fiche technique PlayStation 4 en février dernier, Microsoft a fait défiler ses caractéristiques pour le moins rapidement. On peut donc retenir que la Xbox One possède 5 milliards de transistors, une architecture 64-bit avec un CPU 8 coeurs x86, un lecteur Blu-ray, un disque dur de 500 Go, une connectique HDMI In/Out et 8 Go de RAM. L’absence de précision quant au type de la mémoire vive laisse penser qu’il ne s’agit pas de GDDR5 comme sur PlayStation 4, mais plutôt d’un type DDR3 moins cher et à la bande-passante plus faible (68 GB/s contre 170 GB/s). Dans tous les cas, retenez que comme sur PS4 le but de cette architecture PC est de pouvoir limiter au maximum toute notion d’attente et de chargement pour le joueur.

On ne s’est pas non plus attardé très longtemps sur la nouvelle manette, évolution tranquille du pad Xbox 360 dont la principale nouveauté semble être les gâchettes à retour de force ainsi qu’une croix directionnelle plus précise. Sur le papier, Microsoft annonce tout de même plus de 40 innovations techniques et conceptuelles pour ce nouveau pad. La manette Xbox One est aussi conçue pour être compatible avec le nouveau Kinect, en se synchronisant avec lui automatiquement et de manière fluide durant les parties.

Côté Xbox LIVE, il est confirmé que chaque membre conservera naturellement son compte et ses données actuelles (Gamertag, Succès, Gamerscore) de la Xbox 360 à la Xbox One. Il ne sera d’ailleurs pas nécessaire de souscrire à un nouvel abonnement, celui en cours sera transférable sur Xbox One. Basé sur le cloud, le nouveau Xbox LIVE est décrit comme plus personnel, plus puissant et plus intelligent. Le réseau de Microsoft sera propulsé par plus de 300 000 serveurs et le contenu stocké dans le nuage permettra d’accéder à des films, des jeux et des sauvegardes depuis n’importe quelle console. Evoquant les bénéfices du cloud pour la Xbox One, Microsoft explique que la console pourra se mettre à jour et télécharger du contenu automatiquement et en tâche de fond. On retrouve aussi la possibilité de commencer à jouer à un jeu avant même que celui-ci soit entièrement téléchargé. En outre, il sera possible de reprendre la lecture d’un jeu ou d’un film exactement où on l’avait laissée. Le cloud étant une technologie nouvelle et pas forcément très égalitaire, Microsoft indique que tout ceci reste sujet à des contraintes régionales encore à déterminer.

Il est aussi confirmé que la Xbox One permettra d’enregistrer des extraits de ses parties sur le cloud grâce à un enregistreur vidéo intégré (avec possibilité d’éditer ses clips) mais Microsoft n’a révélé que très peu de détails à ce sujet. Cette fonction de partage semble pour le moment avoir un peu moins d’importance que sur la PS4 et son bouton Share intégré. Il est aussi question de pouvoir capturer automatiquement en vidéo les moments clés de votre partie (pendant un Succès par exemple). Enfin, l’application Xbox SmartGlass fait désormais partie intégrante du projet en tant que fonction native pour consulter et gérer du contenu depuis n’importe quel appareil mobile.

Sur le sujet de la connexion obligatoire, tout n’est pas encore résolu. La seule chose que Microsoft confirme dans son Q&A, c’est que si votre connexion internet se coupe, le jeu ou l’application en cours ne sera pas affecté. Donc non, la console n’a pas besoin d’être constamment connectée. En revanche, Microsoft ne dit pas si oui ou non une connexion internet est requise pour démarrer le jeu ou l’application, or il semble que ce sera justement le cas. Pour plus de détails, consultez cet article séparé où l’on apprend aussi qu’un même jeu ne pourra être installé sur une seconde console qu’en échange d’une contribution financière. Concrètement, la revente de jeux n’est donc pas bloquée à proprement parler, mais il reste à découvrir le montant qui sera demandé pour avoir le droit de lancer un jeu usagé.

Pas de miracle non plus sur le sujet de la rétrocompatibilité. Microsoft ne pourra pas marquer de point sur Sony dans cette catégorie : tout comme la PlayStation 4 ne lit pas les jeux PlayStation 3, la Xbox One ne lira pas les jeux Xbox 360.

Peu portée sur les jeux, la conférence de Redmond a vu EA Sports dérouler ses titres (FIFA, Madden, UFC et NBA) qui tourneront sur le moteur Ignite, sa technologie nouvelle génération pour les jeux sportifs. Les joueurs venus dans l’espoir d’un ou deux megaton resteront en revanche sur leur faim. EA s’est contenté de promettre du contenu exclusif Xbox One pour le mode Ultimate Team de FIFA 14, pendant que Activision a réaffirmé son partenariat concernant l’arrivée en priorité des DLC de Call of Duty. Outre le chapitre Call of Duty : Ghosts qui a servi de “bouquet final” il restait donc à découvrir quelques jeux internes. C’est donc Forza Motorsport 5 et non pas PGR5 qui sera le premier jeu de course de la Xbox nouvelle génération ainsi qu’un jeu de lancement. Avec GT6, Driveclub et le futur NFS, la fin de l’année s’annonce sympathique pour les amateurs du genre. Seule (relative) surprise du soir, Remedy a pu faire son retour sur le devant de la scène, pas pour Alan Wake 2 toutefois mais pour une nouvelle licence nommée Quantum Break. Notons que Microsoft Studios prépare pas moins de 15 jeux pour la première année de la Xbox One, dont 8 nouvelles licences.

Le 21/05/2013 à 20:08:23 – Par Steeve Mambrucchi @Steeve_JVN