PlayStation Plus : quels bénéfices pour les studios ?

Les développeurs expliquent ce qu’ils gagnent (ou ne gagnent pas) en rejoignant le PlayStation Plus de Sony.

Bon pour Sony et bon pour les joueurs, le PlayStation Plus l’est-il également pour les studios dont les jeux se retrouvent chaque mois disponibles gratuitement pour tous les abonnés ? Gamasutra est allé enquêter pour obtenir quelques opinions.

Christofer Sundberg (Avalanche Studios) a vu par exemple son Just Cause 2 faire partie du PlayStation Plus l’an dernier. Pendant un mois, les abonnés ont donc pu le télécharger à loisir sans aucun frais supplémentaire. En tant que développeur, Sundberg explique ne pas avoir perçu un centime suite à cette opération et il dit ignorer ce qu’elle a rapporté à Square Enix, le détenteur de la licence Just Cause (il n’aurait de toute façon pas le droit de le révéler). Mais ce manque de retombées financières ne l’empêche pas d’apprécier d’autres effets positifs et en particulier le fait qu’un tout nouveau public découvre son titre.

« D’un point de vue communication, ça en vaut clairement la peine. Nous avons reçu beaucoup d’avis positifs de la part des joueurs. A ce niveau, ça vaut plus à nos yeux que quelques dollars supplémentaires ». A titre personnel, Sundberg s’est d’ailleurs abonné au PlayStation Plus.

Dans le cas de Just Cause, c’est donc l’éditeur et non le studio de développement qui récolté des bénéfices sur le plan financier. Mais c’est différent lorsque le jeu concerné est un produit indépendant et autofinancé. Pour Tyler Glaiel, le créateur de Closure « les revenus en valaient la peine. Les abonnements ne remplacent pas la vente traditionnelle (le Humble Bundle non plus) mais c’est excellent que Sony fasse ça, parce qu’au final ça aide vraiment. »

Jakub Mikyska de Grip Games (Foosball 2012) déclare également que la gratuité du jeu pendant un mois a provoqué « un impact significatif. Pas énorme, mais important. Il faut aussi signaler que mettre son contenu en promotion PlayStation Plus est important. Peut-être plus que la gratuité. C’est un très bon moyen de promouvoir un jeu et d’en rallonger les ventes. »

Un dernier témoignage avec Brian Provinciano de Retro City Rampage. Comme Sundberg, ce dernier voit surtout l’intérêt du bouche à oreille, en particulier concernant une nouvelle licence. L’ajout de Retro City Rampage dans la collection instantanée (en janvier aux USA) a permis à 125 000 joueurs supplémentaires de s’y essayer et surtout 85% y ont joué longtemps. Ce sont eux que Provinciano retient en particulier. « Gagner 100 000 fans de plus est énorme pour le bouche à oreille, surtout pour combattre quelques critiques mitigées au lancement », constate le Canadien. « Un journaliste reconnu disait que le jeu était trop difficile et s’est arrêté de jouer à la moitié. Cependant, le PS Plus a fait venir 100 000 joueurs qui peuvent dire le contraire à leurs amis. La parole d’un ami a toujours plus d’importance que celle de la presse. »

Mikyska et Provinciano émettront simplement une importante remarque commune : étant donné la façon dont le PlayStation Plus gâte ses abonnés, ces développeurs estiment qu’il est important de ne pas faire rentrer dans la tête des gens l’idée qu’un jeu vidéo doit être gratuit.

Pour 50 euros par an, le PlayStation Plus dispose d’un argument majeur avec la collection instantanée. Depuis l’été dernier, celle-ci fournit chaque mois entre 4 et 6 jeux (PS3 et PS Vita) pour un rapport qualité/prix sans équivalent dans l’industrie. Après Hitman Absolution, Catherine ou encore Sine Mora en mai, Demon’s Souls et ICO & Shadow of the Colossus HD sont déjà calés pour juin.

Le 10/05/2013 à 06:32:48 – Par Steeve Mambrucchi @Steeve_JVN