PS4 contre Xbox One : une enquête française

Le site GameStatistics nous livre une enquête des plus complètes concernant les intentions d’achats des joueurs à quelques jours du coup d’envoi de la nouvelle génération.

Réalisée sur un échantillon de 985 joueurs actifs recrutés sur des forums de sites spécialisés, cette enquête ne représente donc que l’opinion des joueurs passionnés et bien informés. Sur les 985 participants, tous possèdent déjà une PS3 ou une Xbox 360 dans des proportions équivalentes. Le sondage a été effectué du 7 au 14 octobre 2013.

Le rapport est particulièrement riche, mais voici les points principaux.

# 16% des sondés ont déjà précommandé une PS4 contre 7% pour la Xbox One.
# 27% des sondés ont l’intention d’acheter une PS4 en 2013 contre 9% pour la Xbox One.
# 50% des sondés ont l’intention d’acheter une PS4 un jour contre 19% pour la Xbox One.

En France, comme partout ailleurs en Europe continentale, la marque PlayStation n’a jamais été rattrapée par la marque Xbox, ces résultats ne constituent donc pas une grande surprise.

Cependant, Microsoft semble devoir faire face à un phénomène plus embêtant : l’infidélité.

# 40% des possesseurs de Xbox 360 n’ont pas l’intention d’acheter la Xbox One. A côté, les possesseurs de PS3 ne sont que 9% à ne pas vouloir acheter la PS4.

# 80% des possesseurs de PS3 ont l’intention (plus ou moins ferme) de passer sur PS4 un jour. Les possesseurs de Xbox 360 ne sont que 39% à vouloir passer sur Xbox One.

Il n’y aurait sans doute rien à redire sur ces chiffres si la Xbox One n’affichait pas une évidente supériorité au rayon des grosses exclusivités de lancement. Et les sondés le disent eux-mêmes : pour 73% des joueurs, la principale motivation d’achat d’une console nouvelle génération, ce sont les jeux exclusifs, devant le droit de jouer offline (71%) la manette (59%) la liberté d’occasion (55%) la puissance technique (53%) et le prix (52%). La performance de la caméra, malheureusement pour Microsoft, est le facteur le moins décisif avec seulement 5%.

Mais revenons sur le cas des exclusivités majeures pour constater ceci : les futurs acheteurs déclarés de Xbox One ont davantage d’exemples à donner que les futurs utilisateurs de PS4.

Avec 73% des suffrages, Titanfall est en tête devant Halo 5, Forza Motorsport 5, Dead Rising 3 et Ryse : Son of Rome.

Sur PlayStation 4, le jeu qui reçoit le plus de votes est inFAMOUS : Second Son (57%) devant The Order : 1886, Killzone Shadow Fall, Final Fantasy XIV et Knack.

Petit aparté sur le cas de la Wii U : seulement 20% des possesseurs de Wii font part d’une intention d’achat.

Depuis que le jeu vidéo existe, il y a un proverbe de grand-mère qui a toujours semblé inébranlable : « ce sont les jeux qui font vendre des consoles ». Un refrain familier, pas vrai ?  Si on s’en tenait uniquement et rigoureusement aux exclusivités, la PS4 ne devrait normalement pas pouvoir prétendre à une longueur d’avance sur la Xbox One.

Et pourtant, tous les signaux sont en train de montrer que ce dicton va être complètement remis en cause par le lancement de la PS4. Comment justifier cette contradiction ? Il y a bien sûr les facteurs évidents que tout le monde connait déjà : la différence de prix, la différence de puissance (même si elle reste encore assez théorique) ou encore les erreurs de communication de Microsoft.

Mais il y a peut-être aussi un autre facteur moins concret, moins conscient, qu’il est plus difficile de faire transparaître dans une enquête. Ce facteur, c’est ce que les anglais appellent le « momentum », c’est à dire l’élan, la continuité d’une force.

Qu’avons-nous vu ces dernières années ? Après une période très délicate (2006-2008) nous avons vu Sony balancer des jeux à la pelle avec son PlayStation Plus, une offre qui n’a actuellement aucun équivalent dans l’industrie. Nous avons vu Sony devenir de plus en plus flexible et pertinent avec les prix (Sly Cooper et Tearaway à 30€, Puppeteer à 40€). Nous avons vu Sony inventer et généraliser le Cross-Buy, le genre de pratique qu’un consommateur ne peut qu’apprécier. Nous avons vu Sony se forger une image de parrain idéal auprès des studios indépendants. Et surtout, nous avons vu Sony lancer une variété de plus en plus importante de jeux exclusifs sur sa PS3. Si bien qu’une comparaison PS3|360 sur l’année 2013 mettrait la console de Microsoft (certes plus âgée) au supplice.

Pour le dire autrement, il est fort probable que l’excellente seconde moitié de génération que Sony a réalisé (entre 2009 et 2013) contribue désormais, consciemment ou non, au favoritisme dont profite actuellement la PlayStation 4. Car oui, on peut parler de favoritisme : les joueurs savent que le catalogue de lancement de la PS4 présente moins d’atouts, mais ils se dirigent quand même vers elle. Cruel pour Microsoft, ce favoritisme est en partie idéologique et affectif : on parle de vous, joueurs qui refusez de pardonner la politique initiale de la Xbox One sur la connexion et l’occasion. Mais l’affect, c’est aussi ce qui sépare les joueurs passionnés du grand public.

Le 08/11/2013 à 00:06:15 – Par Steeve Mambrucchi @Steeve_JVN