Test Arma III

La guerre, c’est chouette ! C’est vrai, quoi de mieux pour le corps et l’esprit que de crapahuter dans la pampa avec des potes et d’aller échanger quelques cartouches avec les types d’en face ? Bon, vous me direz le principal défaut de la guerre est qu’elle ne se joue qu’avec une seule vie, et c’est généralement la vôtre. Ça, c’est embêtant. Heureusement, Bohemia Interactive nous propose de nous plonger dans ce sport d’hédonistes sans risquer de finir dans un body bag, grâce au savoureux Arma III. Aussi sec en bouche qu’un coup de ranger dans les dents, et aussi injuste qu’une balle tirée par un couard planqué dans les fourrés, le titre des Tchèques s’avère encore une fois fabuleusement jouissif pour peu que le mot simulation militaire ne vous déclenche pas une crise d’urticaire.

Échauffourées à Myconos

Arma III prend place dans un conflit fictif opposant les forces de l’Otan au CSAT (des iraniens)  en mer Égée, sur les îles de Stratis et Altis en 2035. Pour la petite histoire, ces îles sont les représentations fidèles au morceau de féta près des îles de Lemnos et Agios Efstratios, à la différence qu’elles ont été renommées pour l’occasion et que leur surface globale s’est vue homothétiquement diminuée. Bon, on parle quand même de 290 km² au total pour se mettre de grandes claques dans le dos, donc ça cause un minimum grands espaces. Montagnes, plaines, villages, villes, ports, aéroports et j’en passe, constitueront votre plat de résistance pour exploser dans la joie et la bonne humeur vos engins plus ou moins volants.

Bien évidemment, les historiens en herbe seront heureux d’apprendre qu’ils pourront fouler des ruines plus ou moins millénaires, la Grèce étant un pays à l’histoire bien pourvue de ce côté là.  Le mode campagne, quant à lui, vous permettra de… ha je suis idiot, il n’y a pas encore de campagne à l’heure où j’écris le test. En effet, mystère du cosmos, complot franc-maçon ou retard sur le calendrier ont forcé Bohemia Interactive à démouler leur bébé en urgence, le privant du même coup d’une quelconque campagne. Rassurez-vous toutefois, car cette dernière prendra forme au grès de nombreux DLC gratuits qui seront fournis par l’éditeur dans les semaines à venir. A noter que le premier épisode est prévu pour ce mois d’octobre. Pour autant et même si c’est un peu surprenant, voire carrément un peu du foutage de tronche aussi,  l’absence de campagne n’est pas spécialement préjudiciable au titre.

En effet, de nombreux modes et missions ont déjà été programmés par les doigts boudinés d’une communauté toujours très active, et l’on trouve de quoi faire pour s’en mettre plein la tronche dans les rigolotes contrées grecques. Entre multijoueur équipe contre équipe, coopération ou un mélange des deux (la raison d’être d’un Arma), vous allez déjà pouvoir passer une bonne centaine d’heures sur le champ de bataille avant qu’une quelconque campagne officielle ne vienne pourrir un peu plus votre non vie sociale. A noter que techniquement, Bohemia Interactive nous propose enfin un Arma jouable en « day one », eux qui nous avaient habitué à sortir leur jeu façonné à la truelle et totalement injouable lors de leur semaine de lancement. Attention toutefois, car tout cela à un prix comme vous pourrez le constater dans la dernière partie du test.

TTA 101

Maintenant que vous connaissez les lieux de vos futures boucheries virtuelles, laissez-moi vous parler plus en profondeur d’Arma III. Vous tenez, ou tiendrez bientôt dans vos mains le fin du fin de la simulation guerrière virtualisée. Loin de l’arcadisant Call of Duty ou de Battlefield qui en prend tristement la direction, Arma se veut le FPS le plus pointu pouvant être proposé au grand public sur ordinateur. Ici, point de bunny hopping, de course effrénées ou de no scope shooting, tout ce que vous pourrez faire dans le jeu, vous pourrez le faire réellement (bon, avec un minimum d’entraînement, je vous l’accorde). Vous incarnerez ainsi un soldat lambda et non un surhomme et par extension, ne pourrez pas courir pendant des kilomètres sans vous essouffler, ni vous prendre des balles dans le buffet sans mourir prématurément. Ici, chaque sprint le sera pour échapper au danger et non pour sauter sur l’ennemi en tentant de faire du frag facile, chaque tir se fera au coup par coup au risque de mettre toutes ses balles à côté de la cible, et chaque blessure devra être soignée en urgence sous peine de voir une hémorragie fatale mettre fin à votre partie.

Bien évidemment, vous ne disposerez que d’une vie, (hors sauvegarde salvatrice heureusement), vie vous faisant ressentir cette sournoise sensation de mort imminente, fidèle compagne du troufion sur le champ de bataille. Titre militaire oblige, vous devrez , si vous ne voulez pas être perdu dans le jeu, apprendre à respecter les ordres reçus dans un premier temps, puis apprendre à les donner le long d’une chaîne de commandement qui n’accepte pas d’être grippée. Il faudra aussi connaître sur le bout des doigts chaque touche du jeu, car syndrome de la voiture allemande oblige, ce sera une touche pour une action. Oubliez toute velléité de partie avec un pad 360, ce n’est pas la peine ! Que ce soit pour les déplacements, les tirs ou les différentes actions réalisables (poser une charge, demander un tir de mortier, entrer dans un véhicule), il y aura quasiment autant de boutons ou de menus sélectionnables qu’il y aura de touches sur votre clavier.

Le train d’atterrissage, c’est quel bouton déjà ?

Bon, vous n’êtes toujours pas découragé ? Je continue alors. Simulation oblige, en sus de diriger assez basiquement votre personnage, vous pourrez aussi vous placer aux commandes d’engins plus ou moins terrestres. 4X4 blindé, tank, APC, drones, hélicoptère de combat ou de transport, avion de chasse, jet ski, sous marin de poche, tout un arsenal de métal sera ainsi mis à votre disposition pour effectuer à bien vos missions. Là encore, piloter une voiture sera assez simple (quoique la physique semble parfois capricieuse), mais dès que vous entrerez dans un véhicule évoluant au-dessus du plancher des vaches, ce sera une toute autre paire de manches !  Car arriver à faire décoller un avion ou un hélicoptère, ça passe, mais le faire évoluer correctement dans les cieux et le ramener sur le sol autrement qu’au fond d’un cratère va vous demander quelques heures d’entraînement. Mais une fois en main, quel pied !

A titre d’exemple, lors d’une partie, je me suis infiltré dans un base ennemie, j’ai tué les deux sentinelles en faction autour d’un Mi-48 (une sorte de Hokum fictif), avant de m’envoler aux commandes de l’hélicoptère non sans avoir lâché quelques explosifs sur la piétaille ennemie. Dieu que j’étais beau. Bon ensuite, un peu moins. Car quand je me suis posé dans un coin que je pensais tranquille, fier comme un coq dans ma combinaison de pilote, je me suis pris une balle entre les oreilles par un rustre du camp d’en face n’ayant pas aimé ma prestation. Tristesse… En parlant des combats, ils sont souvent très tactiques, violents et il faut un petit temps d’adaptation pour savoir ou se placer sur le terrain sans devenir une cible ambulante. Même lors des premières missions disponibles dans le menu présentations (où l’on vous présentera tous les aspects du jeu), vous devrez vraiment vous plonger dans un titre qui ne supporte pas l’approximation et encore moins le dilettantisme. En plein combat, quand les balles vont commencer à siffler et que votre chef d’escouade vous criera « ennemi front two hundred meters », il faudra réagir rapidement sous peine de repeindre le sol avec vos tripes. C’est d’ailleurs ce qui risque de rebuter les novices d’Arma. Avancer sans rien voir pendant 5 minutes, puis au détour d’un sentier, se faire tirer comme un lapin par un ennemi que vous n’avez pas repéré.

Alors oui, on est loin de la simplicité d’un Call of Duty, mais qu’il est gratifiant pour peu que vous soyez un minimum « army friendly », de mettre la pâtée en multijoueur aux pourris d’en face lors d’une attaque coordonnée (aérienne, terrestre et maritime),  malgré les balles vous fixant derrière un rocher et la sensation qu’un truc plus ou moins explosif va vous tomber sur la trogne. A noter que l’IA est tout à fait correcte, même si je trouve qu’elle tire vraiment trop bien, et que chaque soldat ennemi semble pouvoir vous repérer à des kilomètres. Enfin on n’a jamais dit que ce serait simple !

Démoulé encore une fois trop tôt ?

Vous l’aurez compris, Arma III propose comme ses aïeuls de vivre la guerre comme si vous y étiez, mais sans risquer de finir dans une boite en sapin. Sans aucun équivalent dans le secteur, le plus grand ennemi d’ Arma III pourrait bien être Arma II ! Assez pauvre en contenu surtout côté matos militaire, on se demande encore où sont passées toutes ces belles armes rutilantes vues dans les trailers d’Arma III, ou si les avions (un seul modèle à l’heure actuelle) n’ont pas tous disparu dans le triangle des Bermudes. Rarement un Arma aura été aussi pauvre en contenu. Si vous êtes un habitué d’Arma II, vous allez crier au scandale ! Surtout que, comme précisé précédemment, il n’y a pas à l’heure actuelle de campagne officielle.

D’un autre côté, « ceux qui savent » se moquent éperdument de suivre une quelconque histoire dans le jeu. Ce qu’ils veulent, c’est un multijoueur toujours aussi génial et un communauté de premier plan proposant ses scénarios sur Steamwork (une vraie bénédiction). Maintenant, et si l’on peut saluer Bohemia Interative pour nous avoir enfin sorti un jeu sans bugs majeurs, mais relativement gourmand en ressources matérielles (prévoyez un bon PC pour y jouer), on peut aussi tiquer tellement l’impression d’avoir investi dans un jeu en kit est présent. D’un côté, je pourrais vous dire d’attendre et de continuer à joueur sur un Arma II patché jusqu’au trognon, mais les bases posées par Arma III sont vraiment bonnes et augurent d’un avenir radieux. Reste au final que Bohemia Interactive nous prouve une fois de plus son incompétence à sortir un jeu fini et exempt de reproches. Triste constat qui commence, moi qui suis un habitué de cette série (j’ai débuté avec Operation Flashpoint), à me courir sur le râble et coûte des points à la note finale du titre. Car oui, je note un jeu pour ce qu’il est et non pour ce qu’il deviendra dans un futur plus ou moins proche. Au final, c’est bien aux développeurs de nous proposer des produits finis, et non à nous qui testons leurs jeux d’extrapoler sur ce qu’ils deviendront. Mais malgré tous ces reproches, ses imperfections et son manque de contenu flagrant, il faudrait vraiment faire la fine bouche pour ne pas déguster ce titre exigeant mais tellement jouissif en multijoueur.

En résumé !

Test Arma III

Après un temps de développement assez long, et quelques ennuis de parcours avec deux de ses développeurs jetés dans les geôles grecques pour « espionnage », ARMA 3 débarque enfin sur nos PC. Génial, frustrant, réaliste ou injuste, chacun trouvera un
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Awful
Points Positifs :
Points Négatifs :

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