Test Art of Murder : FBI Confidential

Fini le temps où Tom Selleck en short et chemise hawaïenne conduisait une Ferrari pour enquêter. L’époque où M. T envoyait des méchants en orbite au-dessus de la clôture est révolue. Aujourd’hui, les séries policières réalistes sont populaires à la télévision. Inspiré de blockbusters comme CSI ou New York Criminal Division, The Art of Murder: FBI Secrets cherche à capitaliser sur l’engouement du public pour le genre populaire. Hélas, le jeu de City Interactive n’est qu’un énième hit formaté et sans inspiration qui mérite à peine la seconde partie de soirée.

Si les coulisses de The Art of Murder : FBI Confidential regardent du côté du plus célèbre drame policier américain, son héroïne Nicole Bonnet évoque Clarice Silence des agneaux Clarice Starling. En tant que jeune recrue avec peu ou pas de mandat au bureau du FBI à New York, elle est susceptible d’être affectée de longues heures à des tâches passionnantes comme remplir une imprimante avec du papier ou préparer du café pour ses coéquipiers. Heureusement, ce dernier est mort récemment dans ses bras, abattu dans des circonstances particulièrement mystérieuses. Alors la belle enquêteuse répète à l’envi qu’elle trouvera le bâtard qui a fait ça et qu’elle lui fera payer le crime. Actuellement, ses supérieurs n’ont pas vraiment l’intention de garder le dossier entre ses mains, préférant l’inculper d’une autre affaire, un tueur en série qui a signé son meurtre brutal par des objets. Rituel précolombien. Vous l’aurez compris, le décor terriblement classique de L’Art du meurtre perle les clichés : patrons surmenés, coéquipiers marginaux aux méthodes peu orthodoxes, psychopathes scrupuleusement insaisissables, en plus de vous demander de signaler…. ..

Régalons-nous : si cette scène n’a rien d’une nature morte, elle n’est pas pire que la série américaine dont elle s’inspire. Alors si l’aventure s’avère efficace en termes d’ambiance et de progression, le médiocre Avalanche sera un moindre mal. Mais en fait, ce n’est pas le cas. Qu’il s’agisse d’un film ou d’un jeu vidéo, des enquêtes passionnantes (et surtout réussies) résident dans l’association astucieuse de l’immersion et de la réflexion, deux composantes déchirantes dans The Art of Murder. Premièrement, le joueur est constamment mis sur la piste. Nicole conduisait sa voiture d’un endroit à l’autre, une carte soigneusement dépliée l’attendait sur le siège passager. Cela pointe toujours vers sa prochaine destination. Impossible de couper. Une fois à l’endroit désigné, il est impossible de le quitter sans effectuer toutes les actions prévues par le jeu. La linéarité, typique du genre, culmine ici. Pire encore : pour épargner au joueur le classique mais fastidieux balayage de l’écran avec la souris, les développeurs ont implémenté une fonction d’assistance (désormais incontournable ?) qui permet de visualiser la zone interactive décorée. Les différents lieux à visiter ne sont pas très grands, mais seuls quelques écrans sont composés, et l’interaction générale n’est pas très riche. Il devient alors impossible de passer à côté de quelque chose, comme dans ces phases de dialogue direct extrême où Nicole ne peut pas choisir ses répliques. Bref, le joueur vit plus d’aventures que lui et n’est jamais aussi sollicité qu’il devrait l’être. Alors que la boîte de jeu l’invite à « penser comme un criminel », il a rarement la chance d’opérer sa cellule grise pour faire avancer l’enquête.

L’Art du meurtre pourrait au moins faire un bon roman interactif. Il présente une certaine qualité dans le récit, il est basé sur les aspects réalistes de sa situation (scène de crime, déroulement de l’enquête) et toujours des mystères logiques, généralement basés sur l’utilisation de preuves analytiques de pointe. Matériel d’art fourni par les locaux du FBI. Mais il faudra plus de temps pour tenir le joueur en haleine et le protéger d’un ennui bientôt résolu. Et pour cause : étant ancré dans un environnement réaliste mais souvent froid, statique et peu peuplé, le jeu manque cruellement d’ambiance, ce qui compromet grandement l’immersion. Les quelques notes de violoncelle qui illustrent une scène forte ne suffisent pas à accentuer une atmosphère trop faible. On ne s’est jamais vraiment inquiété de l’héroïne méconnaissable : bien qu’attachante, elle manque de profondeur psychologique, tout comme les autres protagonistes du jeu. Les voix françaises, tout en bénéficiant d’un casting assez correct, sont prononcées par des comédiens qui manquent de conviction. A leur décharge, il ne doit pas être facile de reproduire des personnages aussi « lisses » et sans aucune épaisseur. Bref, alors que l’on se qualifie pour la bonne réalisation, notamment son animation réussie, le joueur ne se sentira jamais « immergé ». L’aliénation de l’héroïne arrive vite, avec peu d’envie de boucler l’aventure autre que de savoir comment l’histoire se termine, comme une mauvaise série B à la télé. Ainsi, malgré son prix modique, il est difficile de recommander l’achat de The Art of Murder : FBI Secrets. Les fans du genre préféreront peut-être attendre Still Life 2.

En résumé !

Test Art of Murder : FBI Confidential

Fini le temps où Tom Selleck en short et chemise hawaïenne conduisait une Ferrari pour enquêter. L'époque où M. T envoyait des méchants en orbite au-dessus de la clôture est révolue. Aujourd'hui, les séries policières réalistes sont populaires à la télévision. Inspiré de blockbusters comme CSI ou New York Criminal Division, The Art of Murder: FBI Secrets cherche à capitaliser sur l'engouement du public pour le genre populaire. Hélas, le jeu de City Interactive n'est qu'un énième hit formaté et sans inspiration qui mérite à peine la seconde partie de soirée. Si les coulisses de The Art of Murder : FBI Confidential regardent du côté du plus célèbre drame policier américain, son héroïne Nicole Bonnet évoque Clarice Silence des agneaux Clarice Starling. En tant que jeune recrue avec peu ou pas de mandat au bureau du FBI à New York, elle est susceptible d'être affectée de longues heures à des tâches passionnantes comme remplir une imprimante avec du papier ou préparer du café pour ses coéquipiers. Heureusement, ce dernier est mort récemment dans ses bras, abattu dans des circonstances particulièrement mystérieuses. Alors la belle enquêteuse répète à l'envi qu'elle trouvera le bâtard qui a fait ça et qu'elle lui fera payer le crime. Actuellement, ses supérieurs n'ont pas vraiment l'intention de garder le dossier entre ses mains, préférant l'inculper d'une autre affaire, un tueur en série qui a signé son meurtre brutal par des objets. Rituel précolombien. Vous l'aurez compris, le décor terriblement classique de L'Art du meurtre perle les clichés : patrons surmenés, coéquipiers marginaux aux méthodes peu orthodoxes, psychopathes scrupuleusement insaisissables, en plus de vous demander de signaler.... .. Régalons-nous : si cette scène n'a rien d'une nature morte, elle n'est pas pire que la série américaine dont elle s'inspire. Alors si l'aventure s'avère efficace en termes d'ambiance et de progression, le médiocre Avalanche sera un moindre mal. Mais en fait, ce n'est pas le cas. Qu'il s'agisse d'un film ou d'un jeu vidéo, des enquêtes passionnantes (et surtout réussies) résident dans l'association astucieuse de l'immersion et de la réflexion, deux composantes déchirantes dans The Art of Murder. Premièrement, le joueur est constamment mis sur la piste. Nicole conduisait sa voiture d'un endroit à l'autre, une carte soigneusement dépliée l'attendait sur le siège passager. Cela pointe toujours vers sa prochaine destination. Impossible de couper. Une fois à l'endroit désigné, il est impossible de le quitter sans effectuer toutes les actions prévues par le jeu. La linéarité, typique du genre, culmine ici. Pire encore : pour épargner au joueur le classique mais fastidieux balayage de l'écran avec la souris, les développeurs ont implémenté une fonction d'assistance (désormais incontournable ?) qui permet de visualiser la zone interactive décorée. Les différents lieux à visiter ne sont pas très grands, mais seuls quelques écrans sont composés, et l'interaction générale n'est pas très riche. Il devient alors impossible de passer à côté de quelque chose, comme dans ces phases de dialogue direct extrême où Nicole ne peut pas choisir ses répliques. Bref, le joueur vit plus d'aventures que lui et n'est jamais aussi sollicité qu'il devrait l'être. Alors que la boîte de jeu l'invite à "penser comme un criminel", il a rarement la chance d'opérer sa cellule grise pour faire avancer l'enquête. L'Art du meurtre pourrait au moins faire un bon roman interactif. Il présente une certaine qualité dans le récit, il est basé sur les aspects réalistes de sa situation (scène de crime, déroulement de l'enquête) et toujours des mystères logiques, généralement basés sur l'utilisation de preuves analytiques de pointe. Matériel d'art fourni par les locaux du FBI. Mais il faudra plus de temps pour tenir le joueur en haleine et le protéger d'un ennui bientôt résolu. Et pour cause : étant ancré dans un environnement réaliste mais souvent froid, statique et peu peuplé, le jeu manque cruellement d'ambiance, ce qui compromet grandement l'immersion. Les quelques notes de violoncelle qui illustrent une scène forte ne suffisent pas à accentuer une atmosphère trop faible. On ne s'est jamais vraiment inquiété de l'héroïne méconnaissable : bien qu'attachante, elle manque de profondeur psychologique, tout comme les autres protagonistes du jeu. Les voix françaises, tout en bénéficiant d'un casting assez correct, sont prononcées par des comédiens qui manquent de conviction. A leur décharge, il ne doit pas être facile de reproduire des personnages aussi "lisses" et sans aucune épaisseur. Bref, alors que l'on se qualifie pour la bonne réalisation, notamment son animation réussie, le joueur ne se sentira jamais "immergé". L'aliénation de l'héroïne arrive vite, avec peu d'envie de boucler l'aventure autre que de savoir comment l'histoire se termine, comme une mauvaise série B à la télé. Ainsi, malgré son prix modique, il est difficile de recommander l'achat de The Art of Murder : FBI Secrets. Les fans du genre préféreront peut-être attendre Still Life 2.
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