Test Code of Princess

Code of Princess a souvent été présenté comme le successeur spirituel du Guardian Heroes de Treasure, que l’on a pu retrouver dernièrement sur le Xbox LIVE Arcade. Mais nul besoin de connaître spécifiquement le classique de la Saturn pour s’intéresser à l’héritage de Solange, tant le beat them all traditionnel se fait aussi rare et précieux de nos jours qu’un bon RPG japonais.

Si Code of Princess est comparé à Guardian Heroes, c’est d’abord pour ses similitudes évidentes mais aussi parce que c’est la même équipe qui s’est retrouvée, par hasard, réunie sur ce projet. Code of Princess se distingue en tout cas de son modèle par le style très reconnaissable de Kinu Nishimura, illustre illustratrice qui opère depuis le début des années 90. On pourra d’ailleurs retrouver son œuvre prochainement dans la réédition des Dungeons & Dragons de Capcom.

Nishimura donc, signe ici la direction artistique des personnages mais aussi le scénario de Code of Princess. Aussi étonnant que cela puisse paraître, Code of Princess est d’abord né d’une simple figurine conçue par Nishimura et non d’un concept. Alors oui, c’est un fait : Solange se promène en string et son armure se limite à lui couvrir les bras et une petite partie de la poitrine. OUI MAIS. La princesse, que des soldats confondent un moment donné avec une prostituée, explique durant l’aventure qu’il s’agit de sa tenue protocolaire royale. Voilà une explication qui convaincra le plus fervent des féministes. Mais plutôt qu’une polémique bidon, faisons comme tous les gens de bon goût en nous prosternant devant le coup de crayon toujours aussi sublime de madame Nishimura.

« It’s nothing personal, but you are a bard. And also yeah, it is personal »

Code of Princess est drôle. Et on le comprend dès la description de son personnage principal. Solange Blanchefleur de Lux est la princesse du Royaume de DeLuxia et la protectrice de l’épée DeLuxcalibur. Sans mentir. Dans le Royaume de DeLuxia, les hommes et les monstres ont toujours su cohabiter selon un certain équilibre naturel. Cependant, le jeu débute alors qu’une soudaine recrudescence de monstres frappe le château de la princesse. Dans la confusion et alors que Solange file s’emparer d’une épée sacrée deux fois plus grande qu’elle, la Reine Distiny profite de la confusion pour prendre place sur le trône du royaume de Solange, provoquant l’exil forcé de la blonde.

Code of Princess est donc un beat them all traditionnel à défilement horizontal, avec un soupçon de RPG. Comme dans Guardian Heroes, le joueur peut évoluer sur trois plans différents, un élément à ne pas négliger pour contourner un ennemi et sonner une éventuelle retraite. Solange peut se protéger, sauter et donc changer de plan. Les touches B et A concernent l’attaque, domaine dans lequel les possibilités restent un peu limitées. Pas de choppe ni de contre-attaque pour Solange, qui ne dispose pas de beaucoup de combos mais possède bien quelques coups spéciaux simples à exécuter, de type avant-avant-A ou bas-avant-A. La palette de coups de la princesse nudiste est honnête sans être extraordinaire, mais on verra plus tard qu’il existe d’autres personnages jouables pour découvrir différentes façons de jouer. Notons en tout cas que l’écran du bas peut afficher la liste des manipulations, très pratique.

Les coups spéciaux consomment un peu de MP mais vous avez peu de chance de vider la jauge même en abusant de ces attaques puissantes, en tout cas avec Solange. La jauge de MP sert surtout à passer en mode Burst avec X. Dans ce mode, Solange augmente grandement sa puissance tout en voyant sa réserve de MP diminuer rapidement. A employer soigneusement contre les boss ou les groupes d’ennemis puissants. Notez qu’il est aussi possible de cibler un ennemi spécifique en le touchant avec Y. Solange est dotée de coups puissants qui peuvent envoyer l’adversaire valdinguer au loin, provoquant une réaction en chaîne violente lorsque plusieurs ennemis sont groupés. Ces chaînes se traduisent par des petites explosions qui peuvent aussi déstabiliser Solange si elle entre en contact avec.

« I’m Allegro the Elf, and I swear, I’m just a few XP away from becoming a sage »

Au nombre de 30, les missions de la campagne principale sont toutes très courtes et vont de 30 secondes à 10 minutes, pour les cas extrêmes. Disons qu’elles ne dépasseront pas les 5 minutes dans la majorité des cas. Telle est donc la nature de Code of Princess, des missions brèves pensées avant tout pour du jeu sur portable. Alors on pourra regretter une expérience de jeu un peu hachée et un déroulement très oubliable. Forêt, village, forêt, forêt, village, église, forêt, village. Et on a fait le tour. De même, n’espérez aucune fantaisie en termes de level design, le jeu étant d’une extrême platitude à ce niveau. Courts et clos, les stages proposent parfois un ou deux tonneaux à détruire, histoire de trouver un poulet rôti pour se soigner à l’ancienne, mais les interactions s’arrêtent ici.

Contrairement à Guardian Heroes on ne retrouve pas dans Code of Princess le choix des différentes routes. Pas grave, l’histoire se montre linéaire mais agréable à suivre et la rejouabilité est assurée par les autres personnages. L’objectif d’une mission sera soit d’éliminer tous les monstres à l’écran soit de tuer directement le boss. Dans tous les cas, ce game design morcelé à l’extrême tue toute notion d’aventure et de profondeur. Il y a peut-être 30 missions dans le jeu, mais n’allez pas imaginer que chacune vaut le dixième d’un stage de Streets of Rage.

Très facile durant la première moitié du jeu, Code of Princess rencontre un soudain pic de difficulté à partir des missions de difficulté 3 étoiles (sur 5). Pas un problème majeur étant donné qu’il est très simple de revenir en arrière faire quelques missions pour accumuler de l’expérience et renforcer son personnage. A la fin de chaque stage, comme dans Guardian Heroes, Solange pourra distribuer des points d’expérience dans cinq catégories pour renforcer son attaque, sa vitesse ou encore sa défense. Elle pourra aussi passer à tout moment chez Marcopolis Neko, le chat marchand, pour éventuellement adopter une meilleure armure.

« We are not men. Well, some of my parts probably come from men »

Et puis finalement, ce pic de difficulté est plutôt bienvenu pour mettre un peu de piment dans une aventure qui donne régulièrement le sourire, mais qui ne provoque quand même pas beaucoup de frissons. Le sourire naît des scènes qui s’intercalent entre chaque mission, sachant que toutes les lignes de dialogues sont doublées en anglais. La VO n’est malheureusement pas disponible, mais en toute franchise le doublage anglais est de très bonne facture et souligne avec une vraie réussite les traits de caractère des protagonistes. Dès le début du jeu, l’ingénue et courageuse Solange sera accompagnée par une voleuse, garçon manqué qui affiche un passé amoureux avec un des boss ridicules du jeu. Le troisième personnage à rejoindre le clan est Zozo, une zomb… une nécromancienne au ton blasé dont le corps est (dé)composé par des morceaux de différents cadavres. Dernier personnage jouable dans la quête principale, Allegro est un exubérant Elfe troubadour qui ponctue ses âneries (ou celles des autres) par un riff de mandoline électrique. Les développeurs se sont aussi permis de briser de temps à autre le quatrième mur, comme lorsque Ali rétorque à Allegro qu’il « serait toujours aussi inutile même en accumulant de l’XP toute la nuit. »

L’aventure mettra de nombreux NPC, tout aussi réussis, sur la route du clan de Solange. Evoquons, par exemple, la nonne Helga qui lâche un rire dément après avoir vaincu le démon du cimetière. Et si le scénario est d’une grande simplicité (sans être idiot pour autant) tous les personnages dégagent une sympathie et une bonne humeur indéniable. On n’en voudra guère à la bande son de se montrer un peu répétitive puisque l’ensemble est toujours plaisant également.

Une fois le jeu terminé avec Solange, le joueur pourra replonger dans l’histoire avec Ali, Zozo et Allegro qui proposent chacun une palette d’attaques vraiment très différente, ce qui permet de justifier qu’on prolonge une expérience autrement bien courte. Les sorts et la lenteur de Zozo n’ont en effet rien en commun avec les rapides attaques de mêlée d’Ali. Dans un mode annexe, Code of Princess permet même d’incarner les ennemis ainsi que les plus anecdotiques NPC comme la tenancière, la vieille femme du village ou une petite fille. Ces quêtes supplémentaires très difficiles, ainsi que la possibilité de jouer en ligne (à condition de trouver quelqu’un) ne font pas oublier que l’aventure reste aussi légère que la tenue de Solange.


«
I’m Dios Diablos Distille, angel of death, destruction and ankward social situations »

Avec ses arrière-plans pas très jolis, Code of Princess a surtout le tort de nous faire très peu voyager à cause d’un nombre extrêmement faible d’environnements. Par ailleurs, le jeu d’Agatsuma Entertainment aurait peut-être mieux fait de s’en tenir à une réalisation en 2D. Car si l’animation des personnages et notamment de Solange est remarquable, le fait est que Code of Princess est d’une fluidité balbutiante dès les premières secondes de jeu. Pas besoin d’avoir 30 ennemis sur sa route pour ramer, ici on parle d’une action qui ralentit presque en permanence, à l’image d’un New Little King’s Story sur PS Vita, qui lui avait au moins l’excuse du monde ouvert. Si on ne peut pas dire que cette technique chancelante sanctionne gravement la jouabilité, faire l’impasse sur la fluidité qui caractérise normalement les meilleurs beat them all restera comme un écueil pénlisant la nervosité et le dynamisme du jeu. En résulte donc un gameplay assez lourd et lent, bien que relativement consistant pour un jeu à prix moyen… mais peut-être encore un brin élevé.

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