Test d’Ace Combat Zero : The Balkan War

Malgré la tendance générale du jeu vidéo à exploiter à fond un bon filon en créant de nombreuses suites à un premier succès, rares sont les séries pouvant se vanter d’avoir atteint leur sixième opus. C’est pourtant le cas de Ace Combat avec ce nouvel épisode intitulé The Belkan War, dont la formule s’inscrit dans la droite lignée des précédents volets. Namco aurait-il du mal à trouver son second souffle ? 

Lancée en 1995 sur la première PlayStation, la série Ace Combat acquit rapidement ses lettres de noblesse dans le domaine du combat aérien façon arcade. C’est sur la même console que sortirent les deux volets suivants avant que Ace Combat : Distant Thunder ne voie le jour sur PlayStation 2, suivi de Ace Combat : Squadron Leader. Depuis le premier épisode ayant vu le jour sur le monolithe, la structure est restée identique : un scénario divisé en plusieurs missions, de nombreux appareils à débloquer afin d’utiliser au mieux leurs spécificités selon vos objectifs, et bien entendu une succession de combats impliquant des cibles aussi bien aériennes que maritimes ou terrestres.

Retour vers le passé

Comme son prédécesseur, Ace Combat : The Belkan War consiste principalement en un mode campagne composé de plusieurs missions liées entre elles par un scénario plutôt bien ficelé. L’histoire contée dans ce sixième opus est d’ailleurs liée à celle de Squadron Leader puisque vous vivrez ici les évènements ayant conduit à ceux du précédent volet ! Un flash-back qui plaira certainement aux fidèles de la série, même si la profusion d’information durant les briefings ou les cut-scenes rend parfois le tout indigeste.

Scénario mis à part, on se trouve ici face à un jeu quasiment identique au précédent, à quelques détails près : par exemple, après avoir lancé votre mission, vous sélectionnez comme d’habitude l’appareil avec lequel vous souhaitez voler ainsi que son arme principale, mais pouvez aussi choisir son arme secondaire, option curieusement disparue du cinquième volet. Une fois aux commandes de l’avion, vous pouvez toujours accomplir le décollage par vous-même ou bien passer cette phase (il en est de même pour l’atterrissage !) et vous retrouver directement au cœur de l’action. Comme dans Squadron Leader, vous avez la possibilité de donner des ordres à votre ailier (couverture, attaque, …) et les commandes seront familières pour tout habitué de la série : triangle pour choisir sa cible, croix pour tirer à la mitrailleuse (les munitions sont toujours illimitées), rond pour envoyer un missile ou une bombe, carré pour avoir une vue d’ensemble sur votre radar. L’accélération et la décélération sont toujours affectées respectivement à R1 et L1, et les boutons R2 et L2 vous permettent des corrections de trajectoire précises.

Les quatre niveaux de difficulté (très facile, facile, normal, difficile) permettront à chaque joueur d’adapter le challenge à ses compétences, et il faut avouer que l’opposition n’est pas des plus tenaces si l’on ne commence pas avec le mode le plus ardu : les batteries anti-aériennes ne se déclenchent pas très rapidement à votre approche, et les avions ennemis n’effectuent que de rares manœuvres d’évasion sur vos missiles. Certes, certaines séquences restent épiques en raison du nombre d’adversaires présents simultanément, mais leurs performances individuelles déçoivent quelque peu.

Afin sans doute de contrebalancer cette relative facilité, certaines missions vous réservent une ou plusieurs surprises une fois les objectifs atteints : vous rencontrerez par exemple durant vos péripéties des escadrons ennemis bien plus retors que vos adversaire habituels. Aux commandes d’avions très maniables et dotés d’une intelligence du combat bien plus développée, ces as du pilotage vous demanderont beaucoup plus de précisions pour vous en débarrasser. En outre, il faudra avoir eu la présence d’esprit de conserver assez de missiles pour éviter d’avoir à les descendre à la mitrailleuse ! A ce sujet, signalons que certaines missions vous permettent de ravitailler en cours de jeu, en passant une ligne visible sur votre radar. Il faut toutefois veiller à ne pas abuser de cette possibilité, les missions en question étant généralement limitées dans le temps : n’oubliez pas de prendre en compte le temps du trajet aller-retour entre votre base et le champ de bataille !

Une réalisation sans surprise

Si le déroulement de The Belkan War est similaire à celui de Squadron Leader, il en va de même pour sa présentation graphique et sonore. Les avions amis comme ennemis sont toujours aussi bien réalisés et vous utiliserez souvent votre caméra externe afin d’admirer votre joujou sous toutes les coutures. Durant les combats, vous opterez probablement pour la vue à la première personne, la vue intérieure empêchant souvent d’avoir une bonne lisibilité de l’environnement, malgré la possibilité de regarder autour de soir avec le stick droit.

Les décors dans lesquels vous évoluez sont des plus convaincants lorsque vous naviguez en altitude, mais les missions impliquant des cibles au sol sont bien moins flatteuses pour le moteur du jeu : on découvre alors des bâtiments schématiques et des textures qui pixellisent rapidement. Certes, on a rarement le temps de s’attarder sur le paysage lors d’une attaque d’un site de SAM, mais les replays disponibles en fin de mission nous rappellent à loisir cette petite lacune.

L’ambiance sonore du jeu est assurée par de fréquentes communications entre vous, vos ailiers, votre base et vos ennemis, ainsi que par des effets convaincants de missiles et autres explosions. En revanche, les musiques typées arcade tranchent singulièrement avec le côté sérieux du conflit dans lequel vous êtes impliqué, et il est préférable de les couper rapidement pour rester concentré sur sa mission.

Poursuivons sur la durée de vie du jeu, un peu faible si l’on se contente de boucler les 18 missions de la campagne, mais qui offre son lot de surprises avec les avions et armes spéciales à débloquer puis à acheter (des crédits sont gagnés après chaque mission réussie), des médailles à remporter (en remplissant des objectifs spéciaux), et le système d’évaluation de vos performances : lorsque vous complétez une mission en détruisant uniquement vos objectifs, vous êtes classé comme Knight (Chevalier). Si vous détruisez toutes les cibles disponibles, vous êtes un Mercenary (Mercenaire). Toute prestation située entre ces deux options vous verra attribuer le grade de Soldier (Soldat). Selon votre style, certains éléments du scénario seront légèrement modifiés, et certains bonus ne sont accessibles que pour un certain grade !

Terminons en signalant la présence d’un mode à deux joueurs en écran splitté vous permettant d’affronter un ami dans des duels aériens, et soulignons une fois de plus l’absence de toute option de jeu en ligne : on aurait pourtant aimé pouvoir se mesurer à des adversaires humains, ou effectuer les missions de la campagne en coopération !

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