Test Dark Souls 2

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8.3

Tous ceux qui ont déjà pu tester la bête le répètent à l’envi : avec Dark Souls, c’est un voyage vers la folie et l’exaspération qui attend tout joueur normalement constitué. Reprenant les bases de Demon’s Souls et copiant quasiment à la virgule près Dark Souls, premier du nom, le « nouveau » titre de  From Software n’est pas un jeu à mettre entre toutes les mains. Action-RPG Hardcore, Dark Souls 2 vous placera en vue à la troisième personne, dans les guenilles d’une carcasse, un quasi zombie, à la recherche de son humanité perdue le long de niveaux plus ou moins ouverts et surtout, truffés de compagnons de jeu pas très sympathiques…

Vous êtes mort ! (pas grave, je commence)

Mais avant de rentrer dans le cœur de Dark Souls 2 aussi souvent que la lame de vos ennemis dans le vôtre, commençons par les bases du titre. Vous débuterez dans la peau décharnée d’une triste carcasse et devrez très rapidement choisir une orientation de carrière. Ici, point de DRH ou de conseillère pôle emploi, mais une voix désincarnée vous plaçant face à votre destin et votre feuille de personnage. Comme tout bon RPG qui se respecte, Dark Souls 2 vous permettra d’endosser les guenilles de différentes classes de personnages, allant du guerrier au magicien et tout un tas de déclinaisons privilégiant certains aspects du combat ou de la résistance aussi bien physique que magique. Votre choix entériné, vous devrez suivre un chemin balisé vous menant à… à non, je relis mes notes… donc, votre choix entériné, vous serez livré à vous-même sans aucune directive si ce n’est celle de survivre ! Et les premières minutes dans Dark Souls 2 vont être aussi courtes que mortelles. Entre la tentation d’éviter le moindre combat ou celle d’y aller franco et de repartir la queue entre les pattes, vous allez devoir faire des choix et peser le pour et le contre d’une confrontation car la faune et la flore de Dark Souls 2 ne sont pas vraiment accueillantes. Dès le début du jeu, vous pourrez, par exemple, vous en prendre à une sorte de petit chien sauvage pour gagner de l’âme facilement (la ressource du jeu). Un petit chien, c’est tranquillou pensez-vous. Et bien, non car le premier coup d’épée/gourdin/canne/déambulateur donné, alertera une meute de canidés qui viendront vous tailler en pièces sans autre forme de procès ! Et c’est là que le jeu change d’un classique Castlevania ou God of War qui, par exemple, se limite souvent pour les ennemis de base, à matraquer un bouton de la manette pour effectuer de grands moulinets aussi bien visuels que destructeurs. Surtout qu’il faut noter au passage que vous disposez d’une barre d’endurance se vidant à chaque coups. Autant dire qu’il faudra bien calculer le bon moment entre les coups forts, faibles, ou les parades pour ne pas vous retrouver sans force au moment de vouloir parer un dernier coups !

Dans Dark Souls 2, tout sera différent et chaque ennemi aura une pattern d’attaque et de défense qu’il faudra apprendre par cœur pour compter s’en sortir sans trop de bobos. Vous apprendrez d’ailleurs très vite le credo « qui tournera autour du méchant le bouclier en avant, pourra par un contre lui planter son épée dans les dents ». Ou un truc du genre. C’est d’ailleurs la grande force du jeu : autant foncer dans le tas se soldera souvent par une mort immédiate et de grands râles de frustration menant au classique « mais c’est n’importe quoi ce jeu, ce monstre est impossible à battre » au « ok, je suis mort cinq fois de suite face à ce boss mais maintenant, j’ai compris ses attaques et je vais pouvoir lui montrer qui c’est Raoul ». C’est du Die and Retry, mais c’est cet apprentissage qui rend Dark Souls 2 génial. Ici, tout se mérite et les têtes brûlées adeptes du mono bouton, vont être obligées de faire marcher leurs méninges au risque de ne pas pouvoir battre le premier sous-sous-sous-boss du jeu. D’autant plus que le titre est avare de conseils. Pour avoir pu tester la nouvelle torture vidéoludique de From Software une semaine avant vous et n’ayant quasiment pas joué au premier Dark Souls, je peux dire que l’apprentissage a été plutôt sec en bouche. Radin en explications, le jeu ne se laisse pas apprivoiser facilement. Alors, il y a bien le pseudo tuto du départ où vous pourrez dans un semblant de parcours du combattant, apprendre les contrôles de base de votre perso, mais une fois l’attaque et la parade connues, c’est un peu le règne du « démerde-toi et le ciel t’aidera ». Pour faire simple, après 55 heures de jeu, il y a encore certains endroits ou objets dans les niveaux dont je n’ai toujours pas compris le fonctionnement. Bon ok, je suis un peu idiot, mais quand même…

Vous êtes mort ! (heu oui mais, j’avais pas vu les pics)

Vous l’aurez compris avec ce premier chapitre, Dark Souls 2, c’est un peu Castlevania, sans le super pouvoir du héros, et où chaque monstre est un boss à lui tout seul. Maintenant, même si tuer c’est cool, il faut qu’il y ait une raison à ce massacre. Et la raison aura deux formes : celle de collecter des âmes et celle de pouvoir atteindre de nouveaux endroits et PNJ pour faire avancer l’histoire. Mais encore une fois, Dark Souls oblige, tout sera ici assez mystérieux et la finalité des choses, pour peu qu’il y en ait une, ne sautera pas immédiatement aux yeux. Les âmes par exemple : servant de ressources pour tout dans le titre, vous ne serez pas quoi en faire jusqu’à ce que vous croisiez la grande prêtresse du jeu. Là, vous pourrez vous en servir pour grimper de niveau en choisissant d’augmenter d’un point une caractéristique de votre héros/héroïne. Booster sa vie pour faire grandir la barre du même nom, sa force pour faire plus de dégâts, son adaptabilité pour être plus résistant et ainsi de suite. Comme tout bon RPG qui se respecte, les premiers niveaux à débloquer ne demanderont pas beaucoup d’âmes et vous permettront de prendre du poil de la bête et de vous ragaillardir pour pousser plus loin vos explorations. Mais au bout d’un moment, il va falloir farmer sec de l’âme pour avoir l’espoir de continuer à monter en puissance. A noter que les ennemis disparaîtront définitivement au bout de 10 morts chacun, à vue de nez. Autant dire que la réserve d’âmes ne sera pas intarissable. A titre d’exemple, mon magnifique guerrier niveau 121 et qui sent le fennec, demande pas moins de 17 000 âmes pour pouvoir évoluer d’un cran. Là, dit comme ça, vous ne vous doutez pas de l’énormité de la chose, mais attendez de commencer à jouer pour prendre conscience de ce chiffre.

Combat

Bien sûr, les ennemis donneront plus d’âmes à chaque trépas, mais revers de la médaille, vous pourrez très rapidement perdre votre précieux matelas d’âmes en cas de mort. Je m’explique. Admettons que vous disposiez de mille âmes sur vous pour acheter le pain et le croissant du quatre heures (NDRC : Je te croyais plus BN Fraise au goûter…) et là, au détour d’un croisement, vous prenez une hache en plein dans les gencives. En plus d’une mort immédiate et d’une réapparition dans le dernier feu de camp trouvé (les zones de sauvegarde et de remise en forme du jeu), vous repartirez sans aucune âme en poche. Il faudra alors foncer vers le lieu de votre trépas et récupérer rapidement la flamme verte symbolisant l’endroit de votre dernier soupir pour récupérer toutes vos âmes. Admettons maintenant qu’en cours de route, vous loupiez une marche et tombiez sur un pieu malencontreusement planté là. Et bien, vous recommencerez au niveau du feu de camp sauf que cette fois, la flamme verte aura changé d’endroit et sauvegardé les âmes que vous aviez avant votre précédente mort, c’est à dire zéro ! Alors oui, cela peut paraître injuste au départ, mais en y réfléchissant bien, c’est plutôt malin et clément. Malin car le jeu avec cette mécanique de perte d’âme, vous fait bien réfléchir avant de vous jeter dans un combat pris trop à la légère, et clément car les développeurs de From Software auraient tout aussi bien pu purement et simplement faire disparaître les âmes collectées sans possibilité de les récupérer !

En un mot, il ne faut pas vous louper deux fois de suite… Mais les âmes auront aussi une autre fonction. En parlant à certains PNJ, qui eux ne seront pas vraiment loquaces en retour, vous pourrez renforcer et réparer vos armes, armures et boucliers qui s’usent et finissent par se briser et acheter différentes choses en passant par de nouvelles bagues magiques à des pierres de soin pour recouvrer un peu de vie. Car vous vous en doutez, nous ne sommes pas ici dans un Call of Duty, et il ne suffit pas de se cacher dans un coin pour soigner automatiquement ses bobos. Pour vous aider, vous pourrez compter sur les bouteilles d’Estus que vous glanerez au fil du jeu (en fait des éclats d’Estus transformés en bouteilles par la prêtresse) mais aussi sur tout un tas de produits plus ou moins naturels pour soigner les empoisonnements, les saignements, et tout un tas de saloperies se terminant en « ent » (NDRC : le mal aux dents ?). Ah sinon, j’ai oublié de vous dire que le jeu ne dispose pas de pause. Trop simple, trop vulgaire, le titre s’en passe. Autant dire, qu’avant de se soigner – et cela prend quelques secondes – vous devrez bien réfléchir pour ne pas sortir votre baume de jouvence alors qu’un boss s’apprête à vous écraser sous son pied. Oui, c’est dur. Pour en terminer avec les PNJ, sachez qu’en plus de vous vendre tout un tas de babioles, ils pourront aussi vous aider en récitant quelques phrases mystérieuses étant sensées vous éclairer pour l’aventure mais aussi vous faire prêter serment pour tel ou tel ordre. Vous deviendrez alors serviteur zélé d’une caste de champions où seule la renommée compte mais aussi le larbin du roi des rats qui fera de vous, son ultime sentinelle pour défendre son nid contre les agressions extérieures. Oui, servir un rat, c’est un peu la classe…

Vous êtes mort ! (oh bordel, tué par trois porcelets…)

Mourir tout seul, c’est chouette ! Mais mourir avec ou à cause d’un autre, c’est encore mieux. Comme son aîné, Dark Souls 2 permet aux joueurs d’interagir entre eux de la manière qu’ils le souhaitent. Ils pourront tracer sur le sol des runes (ou lire celles des autres) pour partir dans le monde d’un autre et lui filer un coup de main contre un boss, utiliser des pierres pour se téléporter chez un joueur et leur pourrir une partie, etc. Seule restriction, il faudra au préalable recouvrir son apparence d’homme et non de carcasse, en absorbant une effigie humaine pour pouvoir interagir avec les autres. Heureusement pour vous, le jeu permet de bloquer ou non le mode en ligne pour ne pas avoir de mauvaises surprises. Mais aider un autre joueur dans la tourmente sera assez gratifiant et débouchera sur quelques récompenses…

Il est l’heure maintenant de conclure ce test, et que retenir au final de ce Dark Souls 2 ? Ses combats pour commencer. Difficiles, énervants mais jamais injustes, chacune de vos victoires, ou de vos défaites, découlera de vos choix dans la bataille et non de l’impossibilité de vaincre normalement un adversaire. Que ce soit contre un boss dont il faudra comprendre les attaques, les déplacements, les points faibles ou contre une horde d’ennemis, Dark Souls 2 sera autant généreux pour les joueurs malins et attentifs  que punitif pour les étourdis voulant mettre fin à un combat bien trop rapidement.

On aimera aussi Dark Souls 2 pour son univers mystérieux où tout est à découvrir, où l’exploration pourra être aussi bien lucrative que mortelle et où les indices souvent parcellaires, vous apporteront un sentiment de complétion une fois correctement emboîtés. Mais Dark Souls 2 pourra aussi vous agacer par certains pans de son gameplay. Loin d’être facile d’accès, et c’est un euphémisme, le titre ne sera pas à placer entre toutes les mains. Pour faire simple et si je devais faire une analogie, Castlevania serait à Call of Duty, ce que Dark Souls 2 serait à Arma. Difficile et injuste si on recherche un jeu léger, il ne montrera son vrai visage qu’aux joueurs prenant leur temps pour en comprendre les complexes mécaniques. Mais plus que tout, Dark Souls 2 est daté. Ses commandes souvent mal fichues, son lock automatique à l’ouest, la lourdeur de son personnage, des collisions pas vraiment au-dessus de tout reproche et des graphismes (presque) d’un autre âge, contribuent à rendre le jeu pour le moins hermétique et pas super sexy. Mais pour ceux qui veulent en baver avant d’atteindre un délicat sentiment de maîtrise, c’est sûrement un des jeux de l’année.

Dark Souls 2 est un jeu toujours aussi dur et complexe à prendre en main. La difficulté est plaisante et frustrante en même temps. On n'est pas dans un jeu assisté et c'est agréable, amenant un réel dépassement de soi.
Graphisme
8.5
Gameplay
8.5
Scénario
8
Durée de vie
9
Bande-Son
7.5
Note des lecteurs0 Note
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Un monde vaste et gigantesque
Le gameplay exigeant qui va demander une concentration maximale
Des découvertes importantes à faire
Des boss par moment moins impressionnants
Quelques soucis dans la réalisation
8.3