Test de 3D Dot Game Heroes

Dès son introduction, 3D Dot Game Heroes ne cache pas son hommage à  la série Zelda. Dans un royaume de pixels qui vient de prendre du relief pour attirer plus de visiteurs, un évêque des ténèbres dérobe une sphère magique qui renferme un dieu-démon, Onyx. Petit fils d’un héros légendaire, vous êtes le seul capable de manier l’épée sacrée qui vous permettra de réunir les six sages et ainsi rétablir la paix à  Dotnia. Si l’histoire rappelle bien évidemment celle de A Link to the Past, elle est aussi l’occasion pour les développeurs de Silicon Studio de défendre, sinon un certain type de jeu, au moins une esthétique. Difficile en effet de ne pas voir la menace du puissant Onyx comme une sorte de punition pour le royaume ayant cédé aux sirènes de la 3D. Car, sous ses airs de pastiche (on y revient), 3D Dot Game Heroes montre avant tout son attachement à  la culture 8 et 16 bits. Le titre a beau être en 3D, il respire et transpire son amour pour les jeux 2D, qu’il s’agisse de la maniabilité, de son style graphique façon pixel art et de son gameplay tout entier. Ou comment se rallier à  sa cause une bonne partie des amateurs de rétro gaming. Oui mais voilà , face à  cette déferlante de titres old-school, on peut distinguer au moins deux types de jeux : ceux qui exploitent le filon de façon paresseuse (Mega Man 10) et ceux qui innovent en reprenant certains concepts désuets (Half-Minute Hero). Si 3D Dot Game Heroes se place a priori dans la seconde catégorie, il ne convainc pas totalement, justement parce qu’il lorgne parfois du côté de la première catégorie.

Le jeu des 7 différences

Lors des premières minutes de jeu, 3D Dot Game Heroes rassemble (surtout les plus vieux d’entre nous). On peut évidemment être plus ou moins sensibles à  ces empilages de cubes et à  ces sons au format MIDI mais il faut reconnaître que le design général possède un certain charme, voire un charme certain. Mais c’est sans aucun doute l’idée de voir les développeurs plagier sous le ton de la farce la série Zelda, et plus particulièrement A Link to the Past, qui suscite l’intérêt. Pour cela, Silicon Studio a sorti son papier calque pour nous offrir un titre dont il est sans doute plus difficile de relever les différences que les points communs (en ce qui concerne les mécaniques de jeu, bien sûr). Tout y est. La grotte où une fée vous attend pour vous régénérer, l’épée sacrée scellée au milieu de la forêt et même le défilement de l’écran par tableau. Au-delà  de son histoire (récupérer six orbes dans six donjons), c’est surtout au niveau de l’inventaire que l’imitation se montre la plus totale. On y retrouve ainsi le boomerang, les bombes, l’arc, le grappin, le bouclier, les bottes de rapidité et même des médaillons magiques. Seule la taille outrageusement disproportionnée de l’épée du héros semble différencier les deux jeux. Bref, on l’aura compris, 3D Dot Game Heroes ne cache pas son hommage appuyé aux aventures de Link. Dans ces conditions, il s’avère difficile de décevoir en copiant à  ce point le maître. Et pourtant, à  force de mimétisme, le jeu de Silicon Studio finit par subir le poids de son illustre aîné, là  où celui-ci aurait dû être une force, un moteur.

L’élève ne dépasse pas le maître

En fait, la promesse initiale de proposer un pastiche de la série de Nintendo n’est pas tenue. Certains passages font tout de même sourire par leur ironie ou leur dérision. On retiendra par exemple la présence d’une grotte renfermant la salle des créateurs du jeu à  travers une mise en abîme sympathique et amusante. Ou encore ces développeurs morts à  l’entrée de certains donjons (« my run command failed »). Hélas, les traits d’humour restent trop rares. Au fil du temps, le jeu donne l’impression de se prendre très au sérieux, bien trop occupé à  livrer une copie carbone du chef d’Âœuvre de Miyamoto plutôt que d’en jouer. On peut évidemment s’amuser un temps du travail maniériste effectué par Silicon Studio mais, du point de vue du plaisir de jeu, 3D Dot Game Heroes souffre de la comparaison mais aussi du poids des années. A commencer par ce plaisir masochiste (pas toujours compréhensible) à  retrouver des mécaniques aujourd’hui désuètes. Comme les Zelda ne vieillissent pas (ou presque), cela reste relativement acceptable mais tout de même, la jouabilité, assez rigide, aurait mérité d’être améliorée. Ce qui fait le génie des épisodes de Zelda tient notamment dans leur level-design. Ici, on se contente de reprendre certaines idées (les switchs bleu/rouge, les murs effrités, les salles plongées dans le noirÂ…) sans parvenir à  les raccorder, les assembler, avec le talent que l’on connaît. Dans A Link to the Past, toutes les pièces d’un donjon donnent l’impression d’être reliées par un fil rouge ingénieux. Dans 3D Dot Game Heroes, on passe d’une salle à  l’autre sans avoir besoin de faire fonctionner plus que ça ses méninges. Et finalement, on s’ennuie. On traverse les palais du jeu sans passion, en se mettant sur la position du pilote automatique tant les énigmes, qui n’offrent que très peu de challenge, se répètent inlassablement sans chercher à  innover. Le fait que les donjons se ressemblent tous (alors qu’il suffit d’un simple coup d’Âœil pour différencier ceux présents dans A Link to the Past) n’arrange rien à  la monotonie qui gagne au fil du jeu. Même l’esthétique parvient à  lasser malgré la possibilité de changer de héros à  chaque chargement (un excellent mode éditeur permet même d’en créer un de toutes pièces). Sans parler de cet effet de flou trop présent qui finit par fatiguer les yeux. Mignon, attachant, le titre de Silicon Studio séduit par ses couleurs chatoyantes et son design particulier. Mais telle une baudruche trouée, 3D Dot Game Heroes se dégonfle petit à  petit et ne laisse percevoir qu’un simple remake limité dont on peine à  comprendre l’intérêtÂ…

En résumé !

Test de 3D Dot Game Heroes

Surfant sur la vague des titres se réappropriant l’esthétique et les mécaniques des jeux 8 et 16 bits, 3D Dot Game Heroes s’attaque principalement à  l’une des séries les plus emblématiques du jeu vidéo : The Legend of Zelda. Et tout en revisitant un
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Awful
Points Positifs :
Points Négatifs :

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