Test de A Boy and his Blob sur Nintendo Wii

Vous vous souvenez du Blob ? Mais si, cette masse gélatineuse rose qui dévore tout ce qui vit, en particulier les êtres humains. Le Blob grandit en ingérant un à  un les habitants d’une petite ville des Etats-Unis. Hein… Comment ça, le Blob est devenu blanc et gentil ??? Ha, il s’agit du remake du jeu vidéo de David Crane par le studio WayForward. Donc, Blob rose = méchant. Blob blanc = gentil. Me voilà  rassuré, pas vous ?

La famille Barbapapa

Derrière ses graphismes mignon tout plein se cache un jeu qui plaira aussi aux adultes, soyez-en convaincus. Certes, l’histoire ne fait pas dans l’alambiqué, mais c’est en partie à cause du contenu originel : A Boy and his Blob est une adaptation Wii d’un jeu sorti dans les 1980’s sur NES et Game Boy. Les Blobs, sorte de famille Barbapapa ayant la faculté de se transformer en objets de leur choix, sont terrifiés par un tyran qui sème la zizanie sur leur planète, Blobolonia. Ils envoient un Blob blanc sur Terre pour obtenir de l’aide. Et c’est sur vous que ça tombe, p’tit gars d’une dizaine d’années, armé des meilleures intentions du monde. Le garçon et le Blob vont vite s’entendre, et cheminer ensemble pour retourner sur la planète Blobolonia.

Un air de Miyasaki

Impossible de rester de marbre face à  cette puissante évocation de l’enfance, qui nous arrache de l’ère HD/ 3D dès l’introduction pour mieux nous plonger dans le bain des 1990’s. Ce n’est pas tant les graphismes ni le design des personnages, au demeurant forts réussis, qui vont vraiment marquer la mémoire des gamers. Tout le travail des développeurs pour construire une ambiance unique et savoureuse est à saluer. Décrire l’ambiance du jeu est difficile, puisqu’elle fait écho à des petites touches qui viennent vibrer au fond de votre mémoire, telle l’envie qui vous prend de sauter sur votre canapé lorsque l’enfant se déplace de façon jubilatoire en sautant sur le Blob, changé en ballon sauteur des 1980’s. La réalisation en 2D fait la part belle aux décors, qui donnent l’impression d’être des aquarelles dessinés à  la main. D’ailleurs, les personnages ont été vraiment animés à  la main, à  l’ancienne, ce qui confère à  A Boy and his Blob des allures de dessins animés. Le choix de la palette de couleurs est proche de Mon voisin Totoro signé Hayao Miyazaki. L’agréable lenteur et l’absence de violence dans l’aventure évoque Également le Wiiware Lost Wind. Le design des monstres, sorte de Blobs obscurs, rappellent les ombres inquiétantes de Another World. Bref, A Boy and his Blob laisse transparaitre une réelle maîtrise artistique.

Un gameplay au gout de dragibus

Avec un petit garçon qui ne sait rien faire et un Blob qui se change en à  peu près tout ce qui est imaginable, ces deux là  étaient faits pour s’entendre. Le stick du Nunchuk permet de diriger le p’tit gars où bon vous semble façon New Mario Bros : sauter et courir, et c’est à  peu près tout. Par contre, le Blob est orienté automatiquement par la console, et il arrive qu’il ne vous obéisse pas à  la lettre. Dans de rares cas, on rage de le voir empêtré dans le décor, ou adopter une démarche peu vive. Le bouton Z fait apparaitre le menu des transformations du Blob. Le bouton B sert à  lui balancer un dragibus. Dès que vous donnez un dragibus au Blob, celui-ci se transforme en objet nécessaire pour contourner les obstacles et ainsi progresser dans l’aventure. L’essentiel de la philosophie du jeu réside donc dans cette interaction, le don, qui scelle l’amitié entre deux êtres. Je n’aimerais pas voir à  quoi ressemble l’estomac du Blob au bout d’un niveau, tant le p’tit gars le bourre de sucreries. Les mutations varient selon la couleur et le parfum des dragibus. Mieux qu’une boite à  outils de chez Leroy-Merlin, le Blob propose une quinzaine de transformations, de l’échelle au parachute en passant par la bétonnière. Ha non, pour la dernière, je n’ai pas encore trouvé le dragibus correspondant ;). Quel dragibus utiliser, et à  quel moment ? Ces questions, vous vous les poserez fatalement puisqu’il s’agit du coeur des mécanismes du jeu. N’ayez pas peur d’en gaspiller : les dragibus sont infinis, et prédéfinis selon leur utilisation dans chaque niveau.

« Hurry ! » (cri du p’tit gars appelant son Blob)

Le jeu est simple d’accès, surtout au début, où les transformations à  effectuer sont dessinées à  l’écran. Puis, le jeu cesse de vous prendre par la main, et c’est à  vous d’expérimenter les différentes façons de résoudre les énigmes. Un monstre noir déboule ? Vous avez le choix entre la fuite en échelle, ou bien lui nuire, en le faisant tomber dans un trou crée par le Blob. Une plateforme est inaccessible ? Au pied, Blob ! Un coup de trampoline et le tour est joué. Un boss vous crache des ogives dessus ? Allez, Blob ! Changé en canon, il renvoie les boulets dans la figure de leur propriétaire. Les possibilités sont nombreuses et le jeu n’en est que plus compliqué. Lorsqu’il s’agit de combiner dans le bon ordre les transformations du Blob et qu’un boss vous stresse, A Boy and his Blob cesse d’apparaitre pour un jeu pour gamin et révèle son vrai potentiel. Dès qu’un monstre vous touche, vous êtes bon pour recommencer la partie au dernier checkpoint. En compensation, le nombre de vies est infini.