Test de Assassin’s Creed II

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8.4

Quand le jeu a finalement vu le jour, à  l’automne 2007, le travail graphique accompli a été salué de manière unanime. Mais très vite, des voix se sont élevées pour protester contre le côté répétitif et inabouti du gameplay. Deux ans plus tard, Assassin’s Creed revient pour un second volet. Plus discrète dans les médias que le premier épisode, cette suite n’a toutefois pas manqué, à  chacune de ses sorties publiques, de mettre en avant l’aspect ludique plutôt que la réalisation graphique. Comme pour mieux rassurer tous ceux qui étaient restés sur leur faim en suivant les aventures d’Altaïr. Ubisoft l’a assuré, Assassin’s Creed 2 sera cette fois-ci aussi plaisant à  jouer qu’à  regarder.

Test Assassin's Creed 2

Ezio Auditore da Firenze, pour vous servir

Mais avant de parler du gameplay, commençons par évoquer le contexte et le scénario. Assassin’s Creed 2 suit deux trames bien distinctes quoique intimement liées. D’un côté, il y a Desmond, le descendant contemporain de la lignée des Assassins. Grâce à  la mémoire génétique de ce dernier, décodée et décryptée par la machine Animus, le laboratoire Abstergo cherche à  retrouver la trace des fragments d’Eden, des objets conférant à  son détenteur des pouvoirs immenses. Lorsque Desmond comprend qu’Abstergo est la figure moderne des Templiers, les ennemis historiques du clan des Assassins, il décide de s’échapper. Il est aidé en cela par Lucy. Cette dernière le conduit jusqu’à  un laboratoire clandestin où est entreposée l’Animus 2.0, machine encore plus évoluée que la précédente. Grâce à  elle, Desmond va pouvoir enquêter sur les prophéties apocalyptiques aperçues à  la fin du premier volet. Et c’est à  l’époque de la Renaissance italienne à  travers les yeux d’un certain Ezio que sa mémoire génétique va le mener. La deuxième trame est donc celle d’Ezio Auditore da Firenze, un jeune noble florentin vivant à  la fin du 15e siècle. Tout comme Altaïr, Ezio est un assassin. Mais à  la différence du héros du premier volet, l’Italien possède une vraie personnalité qui va être amenée à  évoluer au fil de l’histoire. Là  où Altaïr enchaînait les contrats sans trop réfléchir, Ezio suit sa propre voie et reste fidèle à  sa ligne de conduite. Il cherche à  venger la mort de son père et de ses deux frères et n’aura donc de cesse que de traquer les coupables, sur une période de dix ans. Première bonne nouvelle donc, Assassin’s Creed s’est clairement étoffé du point de vue scénaristique. Mais bien que le chemin suivi par Ezio est plus attachant et accrocheur que celui de son prédécesseur, regrettons juste que la fin du jeu se perde dans quelques circonvolutions cosmiques plutôt ridicules.

Le monde à  sa botte

Sans vouloir remuer le couteau dans la plaie, on a beaucoup reproché au premier épisode son côté redondant. Observation, enquête, filature, vol à  la sauvette, assassinat, ces phases de jeu se répétaient en boucle tout au long du jeu. Ce n’est clairement pas le cas dans Assassin’s Creed 2. Et même si les deux premières heures sont plutôt mollassonnes et pour tout dire, inquiétantes !- le reste du jeu est beaucoup plus intéressant. On ne se contente plus de suivre les instructions dictées par de simples mandataires.

Guidé par son désir de vengeance, Ezio va s’attaquer aux plus hauts dignitaires de son époque, qu’ils vivent à  Florence, à  Venise ou bien dans la campagne toscane. Bien entendu, le jeu ne se limite pas à  une série de missions obligatoires. Il est aussi peuplé d’objectifs annexes, pour la plupart hérités du premier volet. On retrouve donc les points d’observation, la collecte de plumes (au lieu des drapeaux), les contrats d’assassinat ou bien les courses contre-la-montre. A cette liste, Assassin’s Creed 2 ajoute les actes punitifs, qui consistent en un tabassage en règle de maris infidèles, l’achat de ses propres armes, tenues et protections, ou encore la rénovation de la cité de Monterrigioni, qui permet de réaliser des bénéfices financiers sur le long terme.

Assassin of Persia

En plus de ces quêtes annexes sympathiques mais dispensables, Ubisoft a incorporé deux autres phases non obligatoires intéressantes. La première s’intitule « La Vérité ». Dans les différentes zones qu’il visite, Ezio peut trouver des symboles visibles seulement grâce à  sa perception d’aigle. Chaque symbole renferme un fragment d’une mystérieuse vidéo qu’il faut décrypter en résolvant des casse-têtes. Ces derniers s’avèrent à  la fois ingénieux, intéressants et aussi diablement corsés plus on avance dans l’histoire.

Le jeu en vaut la chandelle puisque cette vidéo nous apprend plus ou moins l’origine du monde ainsi que la prépondérance des Templiers au cours de chacune des grandes phases de l’humanité. L’autre élément original d’Assassin’s Creed 2 se trouve dans les six sanctuaires qui renferment les clés déverrouillant l’armure d’Altaïr. Ces lieux fermés, et donc diamétralement opposés au monde ouvert du reste de l’aventure, font tout de suite penser à  la trilogie des Sables du Temps de Prince of Persia.

Chaque sanctuaire s’apparente à  une succession d’épreuves auxquelles il faut se soumettre pour pouvoir revêtir l’armure ultime. Bref, sous couvert de facultatif, ces deux quêtes secondaires s’avèrent presque aussi captivantes que la trame principale. Inutile de dire que la durée de vie dépasse allégrement les trente heures si l’on se laisse aller à  ces plaisirs optionnels.

« On dirait qu’il a le diable au corps ! »

Souvent présentés comme des défauts majeurs du premier volet, les affrontements et l’intelligence artificielle ont été retravaillés. Sachez déjà  que l’arsenal d’Ezio est plus conséquent que ne l’était celui d’Altaïr. Il dispose de ses lames secrètes, d’une arme courte (dague, couteau), d’une arme longue (épée, cimeterre), de poignards des jet et de quelques autres gadgets concoctés par Leonardo da Vinci en personne.

D’autre part, si les assassinats silencieux demeurent aussi jouissifs, les combats apparaissent un peu plus dynamiques. Ubisoft a tâché de rendre les ennemis plus résistants de façon à  éviter l’écueil du premier, à  savoir la fameuse contre-attaque radicale qui tuait les adversaires du premier coup. Ici, certains gardes parent les ripostes tandis que d’autres brisent la garde d’Ezio avec une hache ou une lance. Les progrès sont donc incontestables à  ce niveau-là  même si l’on aurait aimé des combats encore plus pêchus et variés.

Du côté de l’intelligence artificielle il est toujours aussi facile de duper des gardes tantôt aveugles, tantôt imbéciles. Il suffit de leur présenter quelques courtisanes pour qu’ils oublient tous vos méfaits et qu’ils quittent leur poste. Par ailleurs, on observe avec horreur que les ménestrels sont toujours aussi prompts à  venir vous bloquer la route et parasiter une mission. Et que les hommes portant des cagettes vous foncent encore droit dessus pour vous accuser ensuite de les avoir bousculé, ce qui alerte évidemment les gardes. La première fois, on sourit. Les autres fois, beaucoup moins…

Une Renaissance graphique ?

Pour finir, on peut dire que le cÂœur d’Assassin’s Creed n’a que très peu évolué. Les phases de plates-formes sont toujours aussi fluides même si on peut leur reprocher une prise en main simpliste. Deux touches à  maintenir suffisent pour effectuer l’ensemble des mouvements et acrobaties. Mais on ne peut que rester stupéfaits devant la richesse et la complexité du level-design, que ce soit à  Florence, à  Venise ou dans la cité fortifiée qui abrite la villa des Auditore.

L’univers est toujours aussi vaste, documenté et beau que dans le premier volet. L’ambiance de la Renaissance est parfaitement retranscrite, notamment à  Venise lors du carnaval. Et bien que les environnements extérieurs soient assez ternes et que la modélisation des personnages ne soit pas très convaincante, Assassin’s Creed 2 reste une véritable prouesse en matière de monde ouvert, à  la fois gigantesque et magnifique. Bref, ce second volet apparaît sous bien des aspects plus profond et resplendissant que le précédent. Certains défauts et parti-pris maladroits persistent malgré tout. Ayons cependant confiance en Ubisoft. Les développeurs devraient trouver les bonnes astuces pour améliorer encore l’expérience de jeu d’ici à  l’inévitable et déjà  indispensable Assassin’s Creed 3.

Assassin's Creed II succède au premier volet tout en évoluant sur les points négatifs que l'on avait connu. Le jeu devient plus intense et même si on a encore une campagne très linéaire, on a droit à un vaste monde ouvert et à de nombreuses quêtes secondaires.
Graphisme
8
Gameplay
8.5
Durée de vie
9
Scénario
8.5
Bande Son
8
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0
De très beaux graphismes avec de nombreux détails sur l'architecture
Une bonne durée pour terminer la quête principale sans compter les quêtes secondaires
Une ambiance sonore très agréable
Un scénario qui cache de nombreux secrets à découvrir
Une jouabilité encore linéaire et dirigiste
Manque de détails sur les personnages
8.4