Test de Battlefield 4

Cela fait déjà deux ans maintenant que Battlefield 3 est sorti, et malgré une communauté de joueurs toujours aussi active, c’est à première vue le temps maximal de vie que Dice souhaite donner à chaque épisode de sa série phare. Avec Battlefield 4, le studio suédois compte nous en mettre une fois de plus plein les mirettes en étrennant la troisième version de son moteur graphique maison, le célèbre FrostBite. Dice nous promet ainsi plus de « destructibilité », des cartes au format XXL et leur fameux Levolution  permettant, craché juré, de modifier les décors en profondeur en déclenchant ou subissant des événements plus ou moins naturels. Mais avant de nous lancer dans le plat de résistance qu’est le multijoueur, penchons-nous sur le versant solo du titre, petit talon d’Achille de feu BF3…

Le péril jaune, slave…Mais pas barbu pour une fois !

Dire que le solo de Battlefield 3 n’était pas mémorable est une lapalissade. Surfant un peu trop sur l’actualité de l’époque et la guerre en Irak, Dice a tiré les leçons du passé en décidant de changer son fusil d’épaule, ou plus exactement sa plume de main pour nous pondre une histoire très moyenne (tout court) orientale. Alors au menu, des Russes méchants, des Chinois méchants puis gentils, et des chinois qui parlent russe. Bon pour être tout à fait clair, au bout d’un moment on arrête de se focaliser sur l’histoire qui est finalement très idiote, surtout avec le twist de fin où tout le monde redevient ami et se tape dans le dos, ou encore sur ses personnages ultra caricaturaux pour se concentrer au final sur ce qui se passe à l’écran. Et très franchement, dans certains niveaux, pas tous, c’est quand même une putain de claque visuelle ! Le passage maintes et maintes fois vu sur le porte-avions qui se coupe en deux vous laisse sur le cul, et tout tourne sans aucune saccade. Au passage, le jeu s’avère beaucoup moins gourmand que redouté et ça, c’est un plus sur PC. Mais revenons au solo proprement dit. Véritable tuto pour le multi, vous traverserez des cartes que vous retrouverez plus tard lors d’un match à mort en équipe, et apprendrez surtout à vous servir de la quasi totalité des véhicules et armes disponibles dans le jeu pour là aussi, ne pas être dépaysé quand vous attaquerez les joutes multijoueurs. Notons que ces cachottiers de Dice ont dissimulé des armes dans les niveaux, et surtout, des plaques (les fameux dog tags) qui pourront orner le cou de votre avatar lors du multi.

Pour le reste du solo, que dire d’autre ? Bourré de bugs, impossible par exemple de ramasser une arme même si on a configuré la touche pour, personnages tués qui restent en lévitation dans les airs ou encore scripts répondant aux abonnés absents ne sont que la partie visible des trucs plus ou moins débiles qui pourront, à quelques occasions, vous donner l’envie de donner de grands coups de tête dans votre écran. Un jeu démoulé trop tôt pour prendre de vitesse CoD Ghosts ? Pour les niveaux proprement dits, ils sont assez inégaux. Certains sont ainsi véritablement hallucinants alors que d’autres, ne sont clairement là que pour remplir un cahier des charges. Il est dommage d’ailleurs que tous les niveaux n’aient pas reçu le même niveau d’attention lors de leur conception, car autant cela peut passer inaperçu avec un jeu graphiquement moyen, autant dans Battlefield 4, les vilains petits canards se voient comme un feuille de salade coincée entre les dents d’un vendeur au sourire ultra bright. Au final, il faut plus voir ce solo  comme un joli tuto introduisant intelligemment le multijoueur que comme un argument massue vous faisant craquer pour le jeu (NDRC : On a compris, tu nous l’a déjà dit!). Nous sommes en tout cas bien loin de la campagne délirante des Battlefield : Bad Company. Doit on y voir la frustration d’EA de n’avoir pu imposer son Medal of Honor, frustration visible par la tristesse et le côté sérieux du solo de BF4 ? Un jour nous le saurons peut-être…

This is Battlefield !

Bon concrètement, vous avez du comprendre que ce n’est pas pour son solo que vous craquerez pour BF4 mais pour son multijoueur. Et si vous débutez dans cette franchise d’EA, qu’est-ce-qui différencie Battlefield d’un Call of Duty par exemple ? Tout ma bonne dame ! CoD se veut être le jeu d’arcade des temps modernes entre infanterie sautillante et sur petite carte, où chaque salve de balles voit 99% de ces projectiles partir dans la cible. Pour Battlefield, c’est un peu différent. Le jeu est un peu plus posé, le personnage plus lourd à manier et à titre d’exemple, une rafale tiré à 200 mètres a très peu de chances ne serait-ce que de toucher sa cible. Attention, nous sommes loin d’Arma III et de son gameplay « simulationiste », mais Battlefield est le parfait chaînon manquant entre le titre nerveux d’Activision et la simu hardcore de Bohemia Interactive. Battlefield partage aussi avec Arma son amour des véhicules. Autant dans CoD les véhicules ne sont que des bonus et ne servent qu’à engranger plus de kills, autant dans Battlefield ils seront bien évidemment utiles pour faire avaler quelques bulletins de naissance à leur propriétaire, mais serviront surtout à appuyer une offensive à plus grande échelle. Car dans Battlefield, on ne gagne pas tout seul. Loin de CoD où seul votre skill vous permettra de rOxxeR les autres, BF se veut un jeu d’équipe constitué de squads qui réagiront ensemble pour la prise d’un objectif. On fait partie d’un tout, un rouage de la guerre (sans plagier Epic Games) et on obéit à son chef d’escouade qui commandera l’attaque ou la défense d’un point, et à son commandant en chef qui dispose d’une vision plus globale de la carte et de ses lignes de front qui fluctueront au fur et à mesure des attaques et contre-attaques. Et c’est d’ailleurs le gros bonus de BF4, le commandant.

Initialement présent sur Battlefield 2 et Battlefield 2142, puis mystérieusement disparu de Battlefield 3, ce mode ou plutôt, ce rôle vous permettra de prendre la tête de votre armée via une carte stratégique du champ de bataille. Jouable sur PC, consoles et tablettes, ce rôle accessible une fois atteint le dixième grade vous permettra de diriger vos troupes sur le front (mais sans prendre part physiquement aux combats), pour peu qu’elles obéissent à vos ordres. Vous pourrez ainsi leur demander d’attaquer un point, faire une frappe de missile balistique sur une zone ou bien envoyer une caisse de réapprovisionnement en ayant au préalable fait décoller un drone radar. Vraiment l’ajout indispensable de BF4 et qui rend les parties très stratégiques, pour peu que les neuneux qui hantent encore trop les serveurs en ce moment, acceptent de vous obéir. Heureusement, Call of Duty : Ghosts passant par là, l’écrémage devrait être salutaire… A noter que les aptitudes du commandant seront liées aux points que son équipe contrôle. Perdez telle base, et vous ne pourrez plus faire appel à la canonnière volante ou au drone et a contrario, faites le forcing sur un point précis de la carte pour rendre le commandant adverse aveugle. Une vraie petite partie d’échecs pour savoir quelle option on se doit ou non de défendre coûte que coûte.

ClassesHic ?

En jeu, Battlefield 4 propose comme son prédécesseur, 4 classes de personnages jouables : assaut, soutien, ingénieur et éclaireur. Pour entrer plus dans le détail si vous êtes un peu novice dans cette série, sachez que l’assaut sera le troufion de base qui pourra, en plus de semer la mort, soigner et ressusciter ses compagnons tombés au champ d’honneur, le soutien endossera le rôle du soldat équipé des plus grosses mitrailleuses (certainement un truc à compenser) et pouvant réapprovisionner en munitions les autres fantassins, l’ingénieur quant à lui sera équipé d’armes anti-blindés et pourra réparer (ou abîmer c’est au choix) les véhicules du jeu avec son chalumeau, et l’éclaireur dite la classe des lâches et donc des snipers aura pour fonction en plus de faire sauter les têtes adverses à 600 mètres de distance, de pouvoir placer du C4 sur tout ce qu’il jugera utile de détruire, ou bien de cibler pour les autres les véhicules adverses avec une jumelle un peu spéciale. Peu d’évolution donc comparé à BF3, mais ce dernier a fait ses preuves et cela contentera les trois quarts des joueurs. Bien évidemment, et en engrangeant de l’XP vous débloquerez des grades, des armes, des accessoires (pour vous et vos véhicules) et des battlepack, sorte de paquet cadeau contenant divers bonus allant d’une lunette de visée pour une arme que vous n’utiliserez jamais à une peinture de guerre rose bonbon du plus bel effet. Un petit côté pochette surprise pas désagréable et donnant ce petit frisson d’excitation quand le moment d’ouvrir un des battlepack sonnera. Notez pour finir que lors de vos parties multijoueurs, des bonus passifs nommés amélioration de terrain (de quatre niveaux) viendront vous apporter quelques bonus pas désagréables en plein combat. Meilleure résistance de votre personnage aux balles reçues, chargeur amélioré ou possibilité de réparer les véhicules vous entourant tout en restant au chaud dans son char, ce seront en tout quatre améliorations de terrain que vous devrez choisir en début de partie, améliorations plus ou moins communes aux quatre classes du jeu.

Des modes et des cartes

Battlefield dispose actuellement de 10 cartes. Plus ou moins vastes ou « étriquées », elles pencheront tantôt vers des affrontements à grande échelle à coup de blindés et d’avions, tantôt vers du travail plus artisanal à coup d’AK12 et de baïonnette. Et sachant que chaque carte peut être customisée suivant le nombre de joueurs pour en faire une map « infantery only », tout le monde y trouvera son compte. Tenez en aparté, il y a bien évidemment des différences techniques entre le PC , la PS3 et Xbox 360 (un nombre de joueurs plus limité sur consoles ainsi qu’un rendu graphique moins bon), mais quelle que soit votre plate-forme de jeu, vous allez vraiment prendre votre pied à vous éclater la trogne à coup d’obus ou de frappe plus ou moins chirurgicale. Surtout que les modes proposés par le titre ne sont pas faits pour se regarder en souriant dans le blanc des yeux. Vous retrouverez ainsi les classiques matchs à mort par équipe ou par escouade, le mode conquête et domination (capturer des points de contrôle avec ou sans véhicules) et le savoureux Rush qui demandera à une équipe de faire sauter des points de contrôle pour avancer dans la carte pendant que l’équipe adverse devra bien évidemment les défendre. Il faudra rajouter à cela le mode Defuse où une équipe devra poser une bombe sur un objectif pendant que l’autre équipe devra la désamorcer, et vous aurez là les principaux modes de jeu. Mais il en reste un, le plus génial, et le plus frénétique du lot. Nommé Obliteration, il fera apparaître une bombe commune aux deux équipes, bombe devant être rapidement capturée pour aller plastiquer un des points ennemis. Le truc vraiment génial de ce mode, c’est que la bombe apparaîtra en surimpression sur le HUD de tous les joueurs, annihilant toute notion de fourberie et de « rampage » dans les fourrés pour ne pas être vu. En découle une véritable foire d’empoigne où tout le monde se précipite sur la bombe ou le porteur de la bombe et ce, sans aucun temps mort. Le mode le moins tactique au sens traditionnel de la progression militaire, mais le plus fun à jouer ! Notez que les joueurs ayant craqué pour le jeu sur PS3 ou 360, n’auront à débourser que 10 euros de plus pour jouer sur PS4 et Xbox One. Sympa.

Levolution

Vous n’avez pas pu louper le concept de Levolution si vous avez un temps soit peu suivi la conception de Battlefield 4. Feature pour certains, gimmick pour d’autres, ce concept nous permet de modeler le terrain de manière plus ou moins consentante en interagissant avec certaines zones du décors. Tour qui s’effondre, barrage qui s’éventre ou radiotélescope qui s’écroule seront autant d’éléments qui modifieront des zones précises des niveaux en apportant souvent et il faut bien l’avouer, un impact sur la map bien plus visuel que réellement modificateur. Mais quoi qu’il en soit, il est toujours plaisant dans les niveaux de chercher les éléments déclencheurs de Levolution en actionnant une vanne par ci, en faisant sauter un pilier par là…En tout cas, la première fois. Mais Levolution pourra aussi être subi comme ces tempêtes obstruant toute ligne de vue des joueurs pris dans un ouragan. Encore une fois, tout cela est souvent bien plus visuel que terraformateur sur le terrain, mais une chose est sûre, ça en jette et cela apporte un côté vivant et dynamique lors des conflits. Mais plus que des destructions massives d’immeubles, on peut aussi dans BF4 utiliser tout un tas de petites choses pour rendre le jeu plus dynamique : fermer des volets roulants pour éviter de servir de cible aux snipers, sortir des plots de béton du sol pour empêcher les véhicules de progresser, enfin tout un panel de petits trucs plus ou moins utiles dont regorgent les cartes. Un vrai jeu dans le jeu quand on commence, et qui se transforme à la foire aux questions entre bidasses pour savoir ce que l’on peut faire sur chaque carte. A noter aussi que des armes sont cachées dans les niveaux, armes souvent très puissantes et à usage unique, mais permettant pendant un court moment, d’avoir une puissance de feu pas désagréable en cas de coup dur ! Que demander de plus alors ? Attendez, ça arrive…

Votre PC est décédé inopinément…

Vous l’aurez compris, Battlefield 4 est à ce moment là du test, une véritable pépite qui comblera autant les amateurs d’infanterie que de véhicules sur des cartes assez géniales et à géométrie variable. Pourtant, BF4 est techniquement, sur PC, comme un cul-de-jatte ayant deux pieds bots (NDRC : Il les porte en collier ses pieds ?) ! La version PC est à ce point pourrie qu’elle remet en doute l’amour que je porte à Dice. Commençons par le Battlelog 2.0 que j’aime à nommer BattleLoL 0.0. Sur PC, pour jouer à Battlefield 4, il faut dans un premier temps lancer la boutique en ligne d’EA, Origin. Une fois sur Origin, quand on veut jouer à BF4, il faut ouvrir le Battlelog dans un navigateur internet. Cette page vous permet alors de tout connaître de votre progression dans le jeu solo, multi, de savoir quel est votre classement mondial ainsi que les défis que vous pourrez lancer à vos amis. Joli dans l’absolu, sauf qu’ensuite pour jouer, il faut lancer le jeu proprement dit, et l’on se retrouve avec un mille-feuilles indigeste de programmes dont la lourdeur totale (Origin+Battlelog+Battlefield 4) est sujette à tous les bugs de la création. On se retrouve avec son navigateur Web qui plante, les serveurs qui plantent, Origin qui plante et la synchronisation de ses exploits répondant aux abonnés absents. Pour faire simple, j’ai dû jouer 40 heures au multi de BF4, et avec les plantages incessant frappant la version PC, ce ne sont au final que 15 heures qui ont été validées.

Autant dire autant de points, de grades et de déblocages pas pris en compte et perdus corps et âme. Et quand un partie plante toutes les heures, on peut l’accepter, mais quand c’est au minimum une partie sur deux qui foire, je crie à l’incompétence ! Surtout que toutes les versions de BF4 ont subi une phase de bêta test assez long. Moi, essuyer les plâtres, ça me rend fou. Au moins, qu’Electronic Arts ait le courage de nous donner gratuitement son jeu pour qu’on puisse le débuger à la main. Car oui le PC est truffé de bugs, mais les versions consoles mieux loties, ne sont pas exonérées de tout problème. Que se soit en multi ou en solo, vous vous retrouverez avec des pertes de textures, des scripts ne se déclenchant pas, des ralentissements, le son qui disparaîtra tout simplement du jeu et tout un tas de « petits » trucs horripilants qui tapent sur les nerfs. Alors qu’un jeu ait un ou deux ratés légers à sa sortie soit, mais qu’un nombre aussi grand de bugs le gangrène, c’est inadmissible. C’est d’autant plus rageant car si BF4 avait été un jeu moyen, on s’en moquerait totalement en le sabrant comme des cochons. Mais là, nous avons un des meilleurs FPS jamais créés et édité par EA en personne. Et quand en plus on sait la qualité que Dice porte à ses titres (enfin en tout cas dans le passé), on se demande comment on a pu arriver à cette mascarade depuis Bad Company 2. Je ne te salue pas Dice, même si je n’arrive pas à décrocher de ton BF4…Enfin quand il veut bien fonctionner.

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