Test de Bayonetta

On se méfie toujours un peu des titres qui arrivent auréolés d’une critique internationale dithyrambique, dans l’optique, peut-être, de se protéger d’une éventuelle déception. Car avant d’arriver sur notre territoire, Bayonetta a en effet obtenu la note suprême dans Famitsu. Mais le plus célèbre des magazines japonais décernant de plus en plus facilement des 40/40 ces derniers temps, c’est surtout le 10/10 attribué par le très respectueux Edge qui laissait augurer d’une Âœuvre magistrale. A dire vrai, il ne faut pas bien longtemps au joueur pour que celui-ci comprenne qu’il se trouve face à  un jeu hors du commun. Dès son introduction, en fait. Une séquence hallucinante où le joueur, plongé en plein champ de bataille, prend les commandes de Bayonetta sans y être préparé, tandis qu’une voix-off lui narre le contexte de l’histoire. Cette mise en bouche livre déjà  de précieux enseignements. On comprend tout d’abord que le scénario n’aura qu’une faible importance, même s’il s’avèrera nettement moins anecdotique qu’en apparence. Ce que cette première scène révèle surtout, c’est une mise en scène monstrueuse. Un sens de la démesure rare qui laisse immédiatement bouche bée. Cette simple séquence suffit en réalité à  renvoyer la concurrence six pieds sous terre. Et ce n’est que le début…

Awesome combos

Les commandes du jeu sont simples : un bouton de coup de poing, un pour le pied, un autre pour esquiver, un pour le saut et un dernier pour tirer avec les flingues tenus dans les mains ou accrochés sur les talons. Au joueur ensuite de s’amuser à  combiner toutes les touches (essentiellement deux) pour réaliser des enchaînements à  lui en donner le tournis. Qu’elle soit dans les airs ou sur la terre ferme, Bayonetta peut effectuer un nombre de combos phénoménal. Et si le joueur est suffisamment aguerri, il pourra par exemple rester dans les airs pendant plus d’une minute sans poser les pieds au sol. A la manière de Resident Evil 4, un armurier pourra nous fournir tout au long de l’aventure de nouvelles armes (un sabre, des shotguns et des griffes) ou nous proposer divers objets pour améliorer sa santé ou son attaque. Mais attention, car les tarifs sont incroyablement élevés, ce qui pousse le joueur à  accumuler les combos pour engranger un maximum d’anneaux (directement sortis de la série Sonic). Et à  moins de véritablement maîtriser son sujet, la plupart des choses offertes par ce marchand de l’Enfer ne resteront qu’une douce illusion.

MadWorld, pour tout l’aspect sadique (les attaques sadiques, justement) et politiquement incorrect. Bayonetta, c’est tout ça ! Une Œuvre mature qui s’ouvre sur un personnage pissant sur une tombe, qui joue sur des allusions sexuelles (le fantasme de la secrétaire sexy) et un certain fétichisme. C’est aussi et surtout un jouissif beat’em all d’une intensité époustouflante, dont le moindre chapitre vaut, à  lui seul, tous les autres jeux du même genre.