Test de Call of Duty 3 : En Marche Vers Paris sur Nintendo Wii

Alors que la série commençait à  s’essouffler un peu avec un dernier épisode vraisemblablement à  bout de ressources, Treyarch nous offre, en profitant de la vague Wii pour une sortie encore plus marquée, un nouvelle épisode de sa série a succès : Call of Duty 3: En marche vers Paris. Après une version Xbox360 plus que prometteuse, que pouvons-nous attendre du portage Wii, annonçant aussi tout de même la nouvelle ère des FPS sur console de salon (de Nintendo en tout cas) ? Réponse dans ce test !

C’es pas ma guerre…

La série des Call of Duty (parallèlement à  celle des Medal of Honor) nous aura fait vivre de nombreux moments de guerre, tellement que l’on finit par se demander s’il n’y aura pas un jour un manque… Cependant, Treyarch nous emmène cette fois sur les terres de France pendant la Seconde Guerre Mondiale.
Le scénario utilise des vidéos d’introduction avant chaque mission pour mettre le joueur dans le contexte et tenter de racoler les ces dernières entre elles, en vain, car ces présentations, en plus d’être quasi inutiles, sont pour certaines historiquement incorrectes. Comme si cela ne suffisait pas, il n’y a pas la possibilité de couper ces scènes, ce qui devient vite très énervant.
Mais ne criez pas au scandale trop vite nous ne sommes qu’au début du jeu, et nous n’avons même pas encore réalisé la moindre action…

Croisage contre la maniabilité

Entrons dans le vif du sujet. Vous vous retrouvez pour débuter l’aventure dans un camp d’entraînement, où vous allez faire vos premiers mouvements de wiimote. Vos premiers pas sont pour peu dire surprenants : la caméra se dirige très difficilement. En effet, le mode de viseur par défaut est le mode dynamique, c’est à dire que, à l’instar de Red Steel, votre viseur va se déplacer à  l’écran, de manière, en théorie, à cibler plus rapidement les ennemis. Là  où Call of Duty se différencie nettement de son homologue FPS sur Wii, c’est que l’espace de mouvement du viseur sans que la caméra ne bouge est plus restreint. Résultat, si vous voulez viser ne serait-ce qu’un peu vers une direction, la caméra se met a bouger et vous embrouille un peu l’esprit.
Cela serait passé inaperçu si toutefois le reste n’avait pas été aussi déconcertant : lorsque vous mettez votre viseur sur le coté, la caméra bouge, mais continue indéfiniment jusqu’à ce que vous replaciez le viseur au centre de l’écran. Autant vous dire que ce n’est pas une partie de plaisir lors d’une bataille que de devoir tout le tant arrêter son viseur au bon moment pour bien cibler son adversaire.

J’ai tué un pixel

Autre point négatif de cet opus, les graphismes, qui pourrait provoquer chez certains une déception face à une version Xbox360 beaucoup plus belle. D’accord, la Wii ne joue pas à la course à  la puissance, mais quand même ! La console, et on l’a constaté avec Red Steel, est capable d’afficher de bien plus beaux graphismes ! Textures simplistes, objets difformes, bugs à  gogo, effets peu convaincants… On peut dire que les développeurs ne se sont pas beaucoup foulés… On n’arrive pas au niveau d’un GT Pro Series étant retombé à  l’ére N64, mais on est en droit de broncher compte tenu du potentiel démontré dans les épisodes précédents. Un point essentiel comme celui des graphismes aurait vraiment pu mettre en valeur la console s’il avait été bien mis à  profit, mais non, apparemment la politique du « concentrons-nous-sur-les-consoles-puissantes » fait toujours sa loi chez les développeurs. Peut-être un jour le vent tournera-t-il.

J’ai glissé chef !

Enfin, dernier point qui nous a scandalisé : l’intelligence artificielle (IA). On ne va pas vous le cacher, vous aurez affaire à des benèts, tant de votre côté que chez les adversaires, qui bougent, tirent et attaquent sans réfléchir le moins du monde. Tout cela donne un grand festival de n’importe quoi, avec des soldats qui se font face à  quelques centimètres sans bouger, attendant stupidement que vous arriviez pour faire le ménage, des équipiers qui ne prennent pratiquement aucune initiative sans que vous n’avanciez jusqu’au point d’objectif, des ennemis qui attendent infiniment que vous veniez les tuer, ne sortant de derrière leur mur que pour tirer deux trois rafales… Les commentaires, que ce soit en pleine partie ou en phases automatiques en début et fin de mission, ne sont pas plus intelligents que les personnages en eux même. Les répliques peu variées et vite soûlantes vous donneront peut-être envie de couper le son, mais heureusement que ces dernière sont à moitié couvertes par le bruit des balles et des obus. A propos du son, on a aussi remarqué que, à  l’inverse que Red Steel, le son des voix ne change pas en fonction de notre position spatiale ou de notre angle de vue par rapport à celui qui parle. D’ailleurs, les voix sont parfois trop faibles lors de certains passages, tandis qu’on aurait pu s’en passer d’en d’autres comme on vous le disait juste au dessus.

Malgré tous ces défauts, Call of Duty 3 possède tout de même des qualités, par exemple le fait de jouer avec la wiimote car, même si ce n’est pas toujours une partie de plaisir, ce n’est finalement pas si mal un peu de changement du stick traditionnel. On aurait juste voulut une maniabilité mieux rodée. Aussi, c’est toujours aussi fort de pouvoir ressentir l’action de la guerre qui plus est avec l’immersion que propose la Wii. Car, en plus de contrôler la wiimote comme une arme, vous devrez aussi vous en servir (avec le nunchuk) pour conduire des jeeps, ramer dans un bateau, etc… Des petits détails qui sont quand même sympathiques, et qui s’inscrivent totalement dans l’intention d’immersion dans l’action.