Test de Call of Duty : Black Ops

Il serait temps d’ouvrir les yeux : non, Treyarch n’est pas le parent pauvre de la licence Call of Duty. D’année en année, le studio a sué sang et eau pour créer le meilleur titre possible, souvent dans des délais très serrés. Il y a deux ans, World at War, malgré ses défauts, nous prouvait clairement que ces développeurs étaient capables de produire un véritable FPS « AAA » à  l’ambiance poignante et au rythme soutenu. Après la légère déception que fut Modern Warfare 2, il faut se rendre à  l’évidence : la cuvée CoD 2010 a un subtil goût de montagne russe bourrée d’adrénaline. Une fois la campagne terminée, une seule envie : en reprendre pour un tour. Treyarch nous fait le coup de la générosité et donne tout, comme si c’était sa dernière production : un solo mémorable, du multijoueur réglé comme une horloge suisse, tout bonnement jubilatoire, un mode zombie parfaitement défoulant et même un bonus caché.

My sweet 60’s

En plaçant son scénario entre 1961 et 1968, Black Ops s’intéresse à  une période passionnante de l’Histoire : la guerre froide. Des temps troubles pour la Russie et les Etats Unis, qui sont passés plus d’une fois à  côté d’un affrontement mondial. L’occasion, surtout, pour les développeurs de nous pondre une trame intéressante, à  la narration bien trouvée : l’essentiel des missions prend la forme de flashbacks racontés par l’agent Mason. Attaché à  une chaise et torturé par des forces inconnues, Mason se met rapidement à  évoquer ses exploits antérieurs aux quatre coins de la planète. Vietnam, Laos, Cuba, RussieÂ… Les coins exotiques et explosifs, c’est son truc, de même que les rencontres avec quelques hommes clés de l’Histoire.

Au fur et à  mesure de l’avancée dans le scénario, une grande menace se dessine, en plus de quelques points d’ombre qui s’éclaircissent et twists plutôt bien trouvés. Bref, à  l’inverse de Modern Warfare 2, les tenants et aboutissants du scénario restent limpides et on progresse avec plaisir afin de connaître le dénouement. Bien sûr, il y a encore quelques maladresses, deux-trois incohérences et quelques relents patriotiques un peu trop appuyés, mais, pour du Call of Duty, c’est étonnamment bien ficelé.

Sévèrement burné

Mais ne nous leurrons pas, seul une minorité joue à  un FPS – encore moins à  un Call of Duty- pour son scénario et il est donc temps d’aborder la question de l’expérience vécue. Trois termes définissent, en gros, la série : adrénaline, fuite en avant et scripts. Black Ops respecte ces critères à  la lettre et ne vous attendez pas à  une révolution. Sauf que Treyarch n’est pas Infinity Ward : leurs jeux sont peut-être moins spectaculaires, mais posent une ambiance plus travaillée, qui ne se contente pas d’aligner les explosions sur fond de drapeaux Yankees. Black Ops est, sur ce point, une brillante réussite. Chaque chapitre impose sa patte, très différente, à  chaque fois, du précédent niveau. Durant six à  sept heures, vous allez courir sur les toits de Hong Kong sous un ciel nocturne et pluvieux, attaquer un camp Vietcong depuis un navire en écoutant les Rolling Stones, investir une base dans l’Antarctique, guider des troupes au sol depuis les cieuxÂ… Arrêtons là  sous peine de spoil intensif, mais on ne peut que respecter la volonté des développeurs de nous offrir une mise en scène qui se renouvelle à  chaque mission. Même les poncifs du genre (les séquences de rail shooting à  bord d’un véhicule, par exemple) se payent une petite feature de gameplay originale, qui transcende une expérience déjà  connue.

D’un point de vue purement technique, Black Ops n’est pas forcément plus impressionnant que Modern Warfare 2 et reste un léger cran en dessous en matière de spectacle. Mais ce qui le rend supérieur, c’est son sens de la mise en scène, ses références cinématographiques à  la pelle (le clin d’Âœil à  Voyage au bout de l’enfer est juste mémorable) et cette manière de nous balancer à  la tronche une atmosphère sombre, accompagnée d’une violence crue et réaliste, mais jamais « too much ». Est-ce là  la meilleure campagne solo qu’un Call of Duty ait connue ? Certains lui préféreront peut-être celle du premier Modern Warfare, mais si vous êtes avant tout sensible à  l’ambiance plus qu’au spectacle pyrotechnique, vous passerez assurément un grand moment. Un dernier conseil : une fois le scénario terminé, ne zappez pas le générique de fin. Vous aurez alors droit à  une des cinématiques les plus « WTF ?! » vues dans un jeu vidéo.

Frag exquis

Depuis le premier Modern Warfare, le versant multijoueur de CoD compte autant, voire plus que la partie solo. Avec ses maps parfaitement pensées, son feeling nerveux et son système de progression, le titre d’Infinity Ward a établi de nouveaux codes en matière de frags online, dont la concurrence ne cesse de s’inspirer. Black Ops reprend évidemment ces grandes lignes, avec toutefois une tripotée de nouveautés intéressantes. En dehors des modes déjà  connus des joueurs de Call of Duty (domination, démolition, headquarters, etc.) qui font le boulot de manière toujours aussi efficace, Treyarch instaure des matchs où vous pariez des points accumulés au cours de vos parties.

Cette section contient quatre nouvelles règles de jeu, particulièrement réussies : l’une fait débuter tout le monde avec le plus mauvais flingue. à chaque point marqué, vous passez à  l’arme suivante et ainsi de suite jusqu’à  atteindre la vingtième. Le premier joueur à  fragger avec tout l’arsenal l’emporte. Un autre mode, dans le même genre, offre à  tous les participants une arme identique, aléatoirement choisie. La subtilité ? Toutes les 45 secondes, la roue tourne et l’arsenal change. Tout le monde se retrouve donc logé à  la même enseigne, à  s’étriper au lance-roquettes, au silencieux ou au M16. Rien qu’avec ces deux modes, on retrouve le plaisir un peu « roots  » du FPS à  l’ancienne, grâce à  un rythme haletant et des tirs qui s’enchainent sans temps mort. Passons rapidement sur « One the Chamber » et « Stick and stone », aussi très réussis : le premier vous offre deux vies, pas plus, un pistolet avec une seule balle et votre couteau. A vous de faire au mieux et être le dernier survivant de la partie. Enfin, le second se pratique exclusivement avec une arbalète qui lance des flèches explosives, collantes bien évidemment. Bref, il y a largement de quoi prendre son pied pendant un paquet d’heures.

Un vrai menu Best Of

Un dossier entier ne suffirait à  décrire toutes les subtilités du multijoueur de Black Ops, tant celui-ci est riche, complet, et plus subtil qu’il n’y parait. Les cartes affichent, à  l’image de la campagne solo, une belle variété d’environnements (jungle, site de lancement de fusée, rues de Cuba, Antarctique, village témoin pour essai atomique…) et s’avèrent, sans surprise, extrêmement bien dessinées.

On retrouve également le mode zombies, qui reprend la même recette que dans World at War. Seul ou en compagnie d’un, deux ou trois joueurs (deux, uniquement, en écran partagé), vous devez flinguer un maximum de morts-vivants pour engranger des points et progresser à  travers le niveauÂ… Sans grosse surprise par rapport à  CoD 5, il ajoute tout de même une bonne dose de durée de vie. Enfin, sachez que les manchots vont pouvoir profiter des parties à  plusieurs sans risque d’humiliation, puisque le mode « Camp d’entrainement » permet d’améliorer ses skills contre des bots. Une excellente idée, qui se fait de plus en plus rare dans les FPS.

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