Test de Captain America : Super Soldat

Sega se fait souvent railler pour son partenariat avec Marvel. Ce deal a en effet contraint la firme à  se couvrir de honte en éditant des titres aussi moisis que le dernier Hulk ou que les deux Iron Man. Sans doute las des moqueries, les patrons de hérissons bleus ont décidé de mettre un peu de rigueur dans leurs tambouilles super-héroïques. Si on avait déjà  pu voir quelques progrès dans le récent Thor, crédité d’un honnête 12/20 sur le site, on était curieux de voir ce que donnerait l’Avenger suivant : Captain America. Et pour cause, le soin de développer ce titre n’avait pas été confié aux premiers venus mais bien au studio Next Level Games. Cette boite Canadienne, surtout habituée à  bosser avec Nintendo, a par le passé réalisé Mario Strikers et Punch-Out sur Wii et peaufine actuellement Luigi’s Mansion 2 sur 3DS. Un gage de qualité ! Se dit-on. Eh bien… oui et non.

Ohé Ohé Capitaine endimanché

Dans Captain America : Super Soldat, on retrouve donc ce bon vieux Steve Rogers vêtu de sa tenue traditionnelle, plus saillante que jamais. Et il vaut mieux être bien sapé pour combattre toute une tripotée de nazis ainsi que la secte Hydra en pleine Seconde Guerre Mondiale. Surtout quand ces derniers, sous l’égide de l’inénarrable Crâne Rouge, de Zola le savant fou et d’une tortionnaire SS et SM, projettent de réveillerÂ… le Dormeur ! Lui, c’est une sorte de Transformer qui roupille depuis des siècles au plein cœur des Ardennes et qui risque fort d’avoir envie de se défouler une fois les yeux ouverts. Pour le Captain, il s’agit donc de coller des bourre-pifs à  tous ces rigolos qui parlent avec un accent allemand archi-forcé, un peu à  la façon de Michel Leeb mais en pire. Surtout quand ces crapules d’Outre-Rhin ont eu l’outrecuidance de faire prisonniers de nobles et fiers soldats de la bannière étoilée.

Arkham sur Meuse

Clairement inspiré par le Batman de Rocksteady (il y a pire comme référence), le gameplay de Captain America : Super Soldat s’articule donc principalement autour de grosses séquences de baston où il faut enchaîner coups, parades, prises et lancers de boucliers. Les animations, les ralentis et zooms, tout cela semble avoir été pillé directement dans l’asile d’Arkham. A ceci près que les combats sont ici souvent très mous, la faute à  des ennemis lents à  la détente… et aussi un peu à  cause d’un framerate souffrant d’arthrose. Sinon, entre deux empoignades, on a tout loisir d’explorer le château isolé, un terrain de jeu qui regorge de reliques à  dénicher. Pour les fans de collectionnite (et de trophées/succès à  débloquer), il y a à  boire et à  manger ! Des bobines de films, des statuettes, des schémas, des artworks, etc. Si la plupart de ces bonus sont faciles à  trouver, d’autres nécessitent une fouille minutieuse et le recours à  certaines acrobaties. A ce sujet, les phases de plates-formes sont malheureusement trop scriptées et finissent vite par devenir lassantes tant le challenge y est une donnée absente.

Mention assez bien

Malgré tout, Captain America : Super Soldat ne laisse pas une impression aussi détestable que certains autres membres de la clique des Avengers. Bien que les combats soient un peu empâtés, ils demeurent divertissants et suffisamment variés pour que l’on ne sombre pas dans une torpeur rédhibitoire. Les attaques spéciales, que l’on peut réaliser en remplissant au préalable une jauge de focus, se chargent aussi d’apporter un peu de dynamisme aux bastons. Par ailleurs et en dehors des soucis de framerate évoqués plus haut, le jeu n’est pas trop désagréable à  l’Âœil, bien que les environnements auraient mérité d’être plus variés. On finit en effet par être écÂœurés de toutes ces zones marronnasses que l’on traverse sans cesse. Enfin, l’aventure comporte 18 chapitres et nécessite sept ou huit heures si l’on veut la parcourir tout en flânant un peu ici et là . A cela s’ajoute les défis additionnels (simplistes) qui attendent les amateurs de rab. Au final, la durée de vie se révèle honnête et tend à  prouver que Captain America : Super Soldat, à  défaut d’être un grand jeu, ne se fiche pas du monde. Et mine de rien, c’est déjà  un réel progrès venant d’un jeu Marvel / Sega.