Test de Colin McRae : DIRT 2 sur Nintendo Wii

La série Colin McRae Rally débute en 1998 sur PS1 et a tout connu depuis : le succès avec des jeux époustouflants (Colin McRae Rally 1, 2, 3 et 4) qui donnèrent pour la première fois un sens aux expressions « simulation de conduite » et « réalisme visuel », et des fiascos tant sur le plan technique que commercial (Colin McRae Rally 2005 et DIRT). Le délai entre deux jeux étant très courts, il s’agissait plus de mises à jour que de jeux à part entière, ce qui finit par lasser les fans. Bien que sa dernière épreuve de rallye remonte à 2002, et qu’il soit décédé en 2007, Codemasters tente de nous prouver que Colin McRae est de retour avec DIRT2 !

Les Micromachines

Premier contact : Codemasters opàre un changement radical au niveau des véhicules, puisque Dirt 2 comprend à présent des buggies et des 4×4. Les voitures sont correctement modélisées et immédiatement identifiables. Cependant, les reflets un peu trop présents sur la carrosserie donnent aux voitures des allures de Dinky Toys (célèbres voitures miniatures). Ce constat se retrouve sur la route : la sensation de vitesse n’est pas satisfaisante. Comparé à Excite Truck (un autre jeu de courses de 4X4 sur Wii), Dirt 2 est même franchement molasson. Plus étrange, le jeu ne propose qu’une seule vue de la course : la caméra demeure scotchée à l’arrière train des 4X4. Il est donc impossible de mieux anticiper les virages en éloignant la caméra. Plus problématique encore, la gestion des dégâts à disparue alors que c’était la marque de fabrique de la série Colin McRae Rally. Les fans seront désappointés, voire légitimement écœurés. Les décors sont pour la plupart dépourvus de charme : on dirait que Codemasters a pompé sans vergogne les circuits d’Excite Truck (qui étaient déjà à la base bien moches et sans personnalité). Des voitures dignes des Micromachines et indestructibles, des décors interchangeables avec n’importe quel jeu de course sur Wii, c’est vraiment Dirt (sale en anglais).

Un volant en bois

DiRT 2 propose (encore heureux) plusieurs types de maniabilité : le duo Wiimote/Nunchuk, la manette classique ou le Wii Wheel. Chose étrange dans un Colin McRae Rally, il n’est pas possible de choisir la configuration des boutons. Ainsi, au duo Wiimote/Nunchuk, c’est la gachette B qui gère l’accélération. Un peu incongru quand on a l’habitude d’écraser le bouton A dans les autres jeux de courses. Au volant, pas de rupture avec le mètre-étalon Mario Kart : on tient la Wiimote horizontalement, on accélère avec la touche 2, et on freine avec la touche 1. Si le temps de latence constaté entre les mouvements effectués et les réactions de la voiture sur les Need for Speed est peu présent dans Dirt 2, on ne peut que pester en revanche sur le parti-pris arcade du jeu. Si on active les aides au pilotage, on a la sensation d’être spectateur de la course. On peine même à aller embrasser les bordures et à faire des tonneaux. Bref, aucun fun ! Pour les puristes, c’est aussi l’ennui qui prime : Colin Mc Rae Rally a perdu toutes ses lettres de noblesse en matière de simulation. La sensation d’être constamment assisté (même en enlevant l’aide au pilotage), de ne pas ressentir l’adrénaline du danger en roulant à toutes berzingues, tous ces éléments fondamentaux pour un jeu de course (et encore plus pour un Colin Mc Rae Rally) plombent cet épisode. En résumé, Codemasters impose des mécanismes de jeu trop lourdingues et prévisibles pour divertir les amateurs ou convaincre les puristes.

Multi-coeurs

Une fois avalé le mode Tour du monde, il reste la possibilité du mode Multi-joueurs. On déplore d’entrée de jeu l’absence cruelle de mode Online. Il faudra donc supporter les odeurs et les remarques désobligeantes de trois amis ! Ce mode se déroule en écran splitté : comme la réalisation du mode Solo est assez pauvre, on ne constate pas de grosses pertes graphiques durant le Multi-joueurs. Bien entendu, il faudra prévenir vos amis avant si vous ne voulez pas entendre les sermons habituels : « la Wii, c’est une daube comparée à la X360« . Avec le fossé visuel de la Wii à la X360 pour Dirt 2, croyez-moi, les convaincre du contraire relève du défi.

Une histoire de famille

On retrouve une caractéristique de la série toujours frustrante : les sorties de pistes sont immédiatement sanctionnées par un flash blanc, et vous êtes automatiquement replacé dans la course. On observe ainsi un gros décalage de logique entre les possibilités des véhicules (buggies, 4×4 etc.) et le sentiment de liberté réduit au minimum. Prendre des raccourcis, c’est bien dans le but de gagner du temps ? Avec Dirt 2, vous en perdez : sorti des rails invisibles, point de salut ! On ne demandait pas spécialement à cet épisode de corriger les défauts de ces prédécesseurs. En revanche, on était en droit d’exiger que les développeurs ne dénaturent pas les acquis propres à la série. En l’état, il est difficile de constater un lien de filiation entre Dirt 2 et les autres Colin McRae Rally. Un épisode bâtard, en quelque sorte.