Test de Course à  la fortune

Contrairement à  ce que la pochette du titre pourrait laisser croire, Course à  la Fortune n’est pas un énième épisode de Mario Party. Derrière ce nouveau jeu Wii et sa jaquette volontairement trompeuse se cache en fait le premier épisode de la série des Itadaki Street, vieille de 20 ans, à  sortir en Europe. Dans Course à  la Fortune, pas de chasse aux étoiles. Il est en effet question d’un Monopoly virtuel auquel ont été intelligemment ajoutées des notions de jeu en bourse. à l’instar du célèbre jeu de société, les participants ont pour premier objectif d’acheter un maximum de propriétés, si possible dans la même zone, afin de faire payer un droit de passage à  leurs adversaires. Contrairement au jeu des frères Parker, chacun des quartiers dispose d’actions qui peuvent être achetées par les joueurs. La valeur de celles-ci fluctue en fonction de leur nombre en cours de circulation, ou des investissements effectués sur les commerces de la zone. Le gagnant est le joueur qui parvient à  faire gonfler la valeur de son patrimoine jusqu’à  un montant donné en début de partie, et de retourner à  la case départ. 

Délit d’initié 

Si entre amis, l’équilibre est de mise entre les joueurs, les personnages dirigés par l’ordinateur ont une veine qui pourrait presque être perçue comme de la triche… Cartes chances à  répétition ou heureux lancers de dés font le pain quotidien des protagonistes gérés par l’intelligence artificielle. Cette frustration permanente fait que ce jeu n’est pas à  recommander à  une personne qui envisage de jouer seule. Comme souvent dans les Party Games, le multijoueur prend tout son sens dans Course à  la Fortune. Alliances, trahisons et mauvaise foi sont monnaie courante et ne manquent pas de mettre de l’ambiance dans les parties. Cela étant dit, le titre de Square Enix souffre d’un certain problème de rythme. Avec des parties qui dépassent fréquemment les trois heures, pas évident de garder l’attention des participants. Après la phase d’achat de propriétés du début de partie s’installe une longue séquence où les joueurs tentent laborieusement de faire augmenter leur capital. Et lorsque la course à  la fortune arrive presque à  terme, les derniers retournements de situation arrivent difficilement à  redonner de l’entrain à  des propriétaires riches mais las.

Abus de biens sociaux

Côté habillage, le jeu bénéficie de la présence de personnages, musiques, et décors issus des univers Mario et Dragon Quest. Malheureusement, ces derniers sont loin d’être mis en valeur. Les décors ne sont ni plus ni moins que des papiers peints sur lesquels sont posés les plateaux, ils n’influent en rien sur l’atmosphère des parties. De plus, le titre est méchamment aliasé, ce qui nuit véritablement à  l’aspect global du titre. La bande originale est quant à  elle mal utilisée : Les morceaux, aussi beaux soient-ils, sont répartis au nombre d’un par plateau. Entendre la même piste en boucle pendant plus de deux heures, alors que l’ordinateur virevolte tranquillement vers la victoire, cela peut légèrement agacer… En somme, Course à  la Fortune peut aussi bien être fun que totalement insupportable. L’intérêt du concept est pourtant bel et bien là , et mériterait amplement un plan de sauvetage sous la forme d’une suite revue et corrigée.