Test de Darksiders

Note des lecteurs0 Note
0
9

Permettez-moi un petit préambule. Il est des jeux qui débarquent dans les étals sans que l’on ne sache vraiment ce dont il s’agit. Ceux qui ont pâti d’une communication maladroite comme Borderlands, ou ceux qui n’ont tout simplement pas été accompagnés médiatiquement par leurs éditeurs façon The Saboteur. Darksiders est une sorte de mix entre ces deux catégories. Le développement de ce projet ayant duré une éternité, on a progressivement perdu de vue les qualités promises par le jeu de Vigil Games.

Test Darksiders

A quelques semaines de la sortie, on en était même à  se demander comment Darksiders allait faire le poids face à  la tonne de beat’em all prévus en 2010, de Bayonetta à  God of War III en passant par Dante’s Inferno. Avec une promotion plus soutenue et plus convaincante de la part de THQ, on aurait vite compris que Darksiders était plus qu’un simple God of War-like, et qu’il ne jouait pas dans la même catégorie que ces autres mastodontes. Sans vouloir jouer les oiseaux de mauvaise augure, on peut craindre que les ventes du jeu ne soient pas faramineuses, du moins dans un premier temps, avant que le bouche à  oreille ne tente de sauver la mise. Le marketing a ses raisons… Nous, on ne les comprend pas toujours. Quoi qu’il en soit, essayons de rattraper le temps perdu et de vanter les qualités du jeu de Vigil Games. Car il le mérite amplement.

Fallait pas l’inviter

La paix millénaire entre les Cieux et les Enfers a été rompue. Les deux clans se retrouvent sur Terre pour régler leurs différents ancestraux. Les Archanges d’un côté, les démons de l’autre. Et au milieu, les pauvres humains qui ne tardent pas à  se faire massacrer. Bref, c’est l’Apocalypse. Rien d’étonnant à  ce que l’un des Cavaliers, Guerre (on préfère War mais bon…), ne déboule à  son tour pour coller des gnons à  droite et à  gauche. Sauf que Guerre n’aurait jamais du venir. D’ailleurs, ses trois frères n’ont pas répondu à  l’appel. Il est seul, privé de la plupart de ses pouvoirs. Vaincu, humilié par le Conseil qui lui reproche d’être intervenu sans avoir été convié, Guerre poireaute un siècle durant. Avant qu’on lui offre la possibilité de se racheter, en retournant sur Terre pour occire le Destructeur et toute son armée.

Disons-le clairement, d’un point de vue scénaristique, Darksiders se laisse suivre même si certains éléments s’avèrent nébuleux au possible. Mais on pardonne aisément ces errances narratives lorsque l’on contemple la mise en scène et la patte artistique géniale qui se dégage du titre. à‡a, on le doit à  Joe Madureira et à  son équipe. Le dessinateur a su créer un monde disparate mais étrangement cohérent, où l’on passe d’un New-York en ruines à  une mer de sable, d’une tour gothique à  une station de métro submergée, sans que cela ne choque ou ne dérange. Madureira a également dessiné une galerie de personnages très réussis, que ce soit le héros Guerre, son cheval Ruine ou quelques seconds couteaux comme Vulgrim, Samael ou Uriel. Pour ne rien gâcher, le doublage français se révèle excellent, avec des répliques qui sonnent juste et des voix caverneuses qui conviennent parfaitement à  l’univers. En fait, même si le jeu n’est pas la plus grosse claque graphique entrevue ces derniers mois, le cachet esthétique est si séduisant qu’on passe volontiers l’éponge sur quelques textures fadasses.

Un savoureux milk-shake

Bon, on parle, on parle mais Darksiders, qu’est ce que c’est ? Plus qu’un beat’em all, c’est un jeu d’action-aventure finalement assez proche de Soul Reaver. Le soft s’ouvre sur des phases de baston à  la God of War, avec massacres de monstres et actions contextuelles basiques sur le menu fretin démoniaque. On a ensuite droit à  de la plates-formes rudimentaire, un peu à  la Prince of Persia. Mais très vite, Guerre doit partir à  la recherche de quatre cœurs de démons. Quatre cÂœurs pour quatre donjons typiquement « zeldaesques ».

Résolutions d’énigmes, recherche de clés, combats et découvertes d’un objet-trésor rythment alors l’action. D’ailleurs, ces objets sont indispensables pour vaincre le boss du donjon, exactement comme dans les aventures de Link. Il y a la Lame-boomerang, que l’on peut utiliser comme une arme ou bien pour résoudre des énigmes. On trouve également un grappin, un masque des ombres qui révèle des éléments jusqu’alors invisibles, un gantelet pour déplacer les objets les plus lourds et même un générateur de portails reprenant fièrement le principe de Portal. Cet équipement a le mérite de diversifier perpétuellement l’action.

On ne s’ennuie pour ainsi dire jamais dans Darksiders, tant les développeurs ont su cadencer à  merveille l’aventure. Un peu de réflexion pour les énigmes, des boss ingénieux et bien pensés, des séquences de shooot’em up bien bourrines à  dos de griffon ou encore des combats en chevauchant Ruine, le cheval de Guerre. Notez à  ce propos que ces séquences cavalières franchement épiques, à  l’image des joutes contre les vers géants, sont finalement assez rares. Un comble pour un jeu que THQ a longtemps présenté comme un beat’em all à  dos de bourrin.

L’art de Guerre

Autour de cette pluralité du gameplay, on trouve également un socle solide : celui du beat’em all sanglant et brutal. Guerre possède une épée monstrueuse à  laquelle il peut attribuer des pouvoirs en se rendant dans l’échoppe du sympathique Vulgrim. Pour faire office d’arme secondaire, le héros s’appuie sur son gantelet ou sur une faux géante, deux armes elles aussi sujettes à  l’optimisation. Ce n’est pas tout, Guerre dispose également de pouvoirs magiques qui consument progressivement sa jauge de courroux. Un geyser de lames, une capacité incendiaire, un bonus défensif, toutes ces facultés sont disponibles à  condition de collecter suffisamment d’âmes. Oui, exactement comme dans God of War.

Si le jeu n’est pas ardu en difficulté normale, il devient carrément facile lorsque Guerre active son pouvoir ultime, le mode chaos, qui lui permet de se transformer temporairement en une créature incandescente. Rarement un jeu de ce type a su offrir un panel si large de possibilités pour éradiquer ses ennemis. La maniabilité est si fluide que l’on peut changer d’arme au plein milieu d’un combo, de façon à  rendre les mises à  mort les plus sophistiquées et classieuses possibles. Encore une fois, richesse et variété du gameplay font qu’il est impossible de trouver Darksiders répétitif ou ennuyeux. Pour un jeu jouissant d’une durée de vie intéressante (entre 15 et 20 heures), c’est un plus non négligeable. Non, vraiment, il est bien difficile de cerner les éventuels défauts du jeu de Vigil Games, un titre mature, violent, porté par des idées géniales et une patte graphique brillante. Avec Bayonetta, Darksiders est un must-have de 2010. Oui, déjà  !

Vigil Games a réussi à nous proposer une pépite que ce soit dans le gameplay, l'histoire ou les graphismes. Le jeu mêle parfaitement de l'action, du rythme, de l'énigme pour nous apporter des sentiments agréables. Inspiré par Prince of Persia, God of War, on y retrouve ce qui se fait de mieux. Espérons trouver une suite dans les années à venir.
Graphisme
9.4
Gameplay
9
Scénario
8.5
Durée de vie
9
Bande son
9.1
Note des lecteurs0 Note
0
9