Test de Détective Conan : Enquête à  Mirapolis

Coincé dans le corps d’un enfant de dix ans à  cause d’un poison, Conan Edogawa est en réalité un lycéen très intelligent qui s’est spécialisé dans la résolution d’enquêtes, bien que ce soit le détective privé, Kogor Mouri, qui recueille à  chaque fois tous les lauriers. C’est justement ce dernier que Conan et ses amis accompagnent pour l’inauguration d’un parc d’attraction à  Mirapolis. Une inauguration qui va très rapidement tourner au drame puisque les meurtres vont s’accumuler.

3 kilomètres à  pied, ça use, ça use…

Il faut un certain temps avant que la véritable enquête ne se mette en route. Le temps nécessaire, en fait, pour se familiariser avec la recherche d’informations, puis avec la manière de les relier entre elles, afin de découvrir la vérité. On commence ainsi par résoudre l’énigme du mouchoir perdu par le détective Mouri. Un problème pas franchement passionnant, mais déjà  révélateur du fonctionnement des enquêtes à  venir. Pour commencer, chacune d’elle demande d’examiner au préalable le corps de la victime dans une phase de Point & Click. Muni d’une loupe, on pointe différentes parties de l’anatomie de la victime ou certains objets laissés à  l’abandon près du corps. Chaque indice glané vient ensuite s’ajouter à  votre carnet de notes, qu’il faudra alors relier pour avancer dans l’enquête (arme du crime, alibi, mobile du meurtrier, etc.).

Comme le titre est facile, il vous indique à  quel moment vous avez récupéré suffisamment d’indices. Sans quoi, vous devez continuer à  interroger les personnages dispersés un peu partout dans le parc d’attraction, ce qui représente tout de même 90% de votre temps de jeu. A savoir, réaliser d’incessants allers-retours entre les divers protagonistes. Et comme le parc est assez labyrinthique, il faut sans cesse consulter sa carte, qui indique la position des personnages à  tel ou tel étage des bâtiments. Hélas, aucun raccourci ne permet de se référer à  la carte, ce qui rend l’ensemble très lourd. De plus, malgré sa facilité, le joueur est généralement laissé à  l’abandon. Comme on ne sait jamais réellement à  qui s’adresser, on est obligé de parler avec tout le monde pour faire avancer son enquête.

Plus spectateur qu’acteur

Si l’histoire se révèle somme toute intéressante et donne envie de poursuivre l’aventure, on ne peut s’empêcher de s’y sentir à  l’écart. Car lorsqu’elle avance, ce n’est pas vraiment grâce à  nos talents de déduction, étant donné que l’on nous mâche pratiquement tout le travail. Détective Conan : Enquête à  Mirapolis demande finalement plus d’attention que de réflexion, à  l’inverse d’un Phoenix Wright, par exemple, nettement plus immersif sur ce point. Sans compter que le jeu de Capcom offre un sens de la narration qui fait défaut ici. Trop facile, trop attendu, le titre est également trop court. Les quatre actes se bouclent en cinq heures de jeu. Et ce ne sont pas les quelques mini-jeux présents dans le parc (shoot arcade, curling, jeu de combatÂ…) qui changeront la donne. Ceux-ci sont trop basiques et mal fichus pour présenter un réel intérêt. Concluons sur la réalisation du jeu : si elle reste fidèle au manga, dans le sens où l’on reconnaît parfaitement les personnages, et qu’on y entend les musiques originales, elle manque tout de même de finition. Les décors sont vides, les textures sont pauvres, et la caméra se montre très capricieuse. On est en droit d’espérer mieux, même sur Wii.