Test de Diablo III sur Xbox 360

Véritable phénomène commercial de l’année dernière sur PC avec ses 12 millions de ventes, Diablo III n’a pas pour autant fait que des heureux parmi la horde de fans qui attendaient depuis des années la venue du successeur de Diablo II. Connexion permanente et serveurs surchargés ou hôtel des ventes qui poussaient les joueurs à faire des achats réels dans le jeu, le hack’n’slash de Blizzard n’a pas eu que des bonnes idées pour son retour. Plus d’un an après, le jeu débarque sur Xbox 360 et pour l’occasion les développeurs ont revu leur copie en profondeur. Les derniers seront les premiers ? C’est un peu l’idée avec cette version de Diablo III vraiment convaincante.

On s’était dit rendez-vous dans 10 ans

Blizzard oblige, le jeu débute par une superbe cinématique. Un vieux sage griffonne les dernières lignes de l’œuvre de sa vie où il consigne tous les signes qui annoncent le retour de Diablo dans le monde de Sanctuary. L’histoire de Diablo III se déroule 20 ans après les faits de Diablo II mais brille très vite par son côté extrêmement générique. Un héros se dresse pour contrer Asmodan qui désire envahir le monde des hommes, et pour le reste on devra se contenter de bulles de dialogues certes bien écrits mais sans mise en scène digne de ce nom. Les limites d’un genre qui sur ce point n’a pas évolué depuis des années. Toutefois il serait faux de dire que Diablo III ne fait que répéter une recette bien huilée, au contraire, le jeu prend des libertés par rapport à ses prédécesseurs. Mais avant de se lancer dans l’aventure il faudra donc choisir son héros parmi les 5 classes de personnages (barbare, sorcier, moine, chasseur de démons et le féticheur, un shaman qui invoque des créatures). Pour chaque classe on peut choisir d’incarner un homme ou une femme et… et c’est tout du côté de la personnalisation.

Diablo III n’est pas un RPG et c’est uniquement par le biais de votre équipement que votre personnage va se différencier des autres que vous pourrez croiser en coopération. Heureusement le cœur du jeu vous fait accumuler très vite des armes et pièces d’armure si bien qu’il sera très rapidement impossible de croiser son double. En revanche, et c’est sans doute un désir de simplifier la formule du genre, Diablo III ne permet pas répartir des points de compétences lorsque l’on gagne un niveau si bien que les personnages restent uniquement différenciés par leur équipement. Dernier point pour enfoncer ce clou, les compétences spéciales elles même ne s’améliorent plus au choix du joueur. On débloque automatiquement des compétences et des bonus pour les renforcer. Plus question de choisir quel sort ou quelle attaque spéciale on veut privilégier. Dommage diront certains mais dans le jeu les options restent suffisamment riches pour qu’on n’en souffre pas. Maintenant qu’on a fait le point sur les réserves, place à tout ce qui va vous faire craquer pour le jeu.

Le patrimoine du jeu vidéo

La licence Diablo est sans aucun doute l’une des plus fortes de l’histoire du jeu vidéo. Quand on parle de jeu de plate-forme on pense à Mario, quand on évoque les premiers temps du FPS on parle de Doom et si l’on cherche le créateur du hack’n’slash on se tourne vers Diablo. Après un premier épisode convaincant c’est surtout avec Diablo II que la licence est devenue légendaire. Looting addictif, jeu en coopération et création aléatoire des niveaux, le jeu a retenu, des années durant, des millions de joueurs en ligne. C’est dire l’attente et surtout le poids qui pesait sur l’arrivée de Diablo III. Plus d’un an après la sortie et les polémiques des fans déçus le jeu revient sur Xbox 360, débarrassé des principales tares et même enrichi d’ajouts qui dynamise le gameplay.

Car qui dit hack’n’slash dit aussi clavier / souris pour de nombreux joueurs mais, tout comme le FPS a su trouver sa place et un modèle cohérent de jouabilité au pad, Diablo III pose sans aucun doute les bases d’un bon hack’n’slash à la manette. Cette version de Diablo III ajoute à son arc une nouvelle corde sensible, l’esquive. En utilisant le stick droit votre personnage peut ainsi effectuer selon sa classe une roulade, une glissade ou encore un pas de côté salvateur. Un petit plus qui dynamise les affrontements sans les dénaturer puisque le cœur du gameplay reste le même, à savoir utiliser à bon escient l’éventail de compétences dont vous disposez pour détruire des vagues d’ennemis de plus ne plus retors. Outre une utilisation bien pensée de la manette le jeu permet aussi de consulter son inventaire avec la croix directionnelle sans bloquer l’action et passer par le menu adéquat. Une option bienvenue en particulier quand on joue en multi-joueurs puisque cela permet de continuer à jouer sans figer le jeu à tour de rôle pour faire du tri dans son sac.

La vie en jaune

Diablo III est doté d’une réalisation très solide et, une fois encore, adaptée à la console (on notera juste quelques ralentissements et un léger tearing lors de certains passages). En solo local, la caméra est un peu plus proche que dans la version PC et ce que l’on perd en lisibilité on le gagne en immersion dans les combats. Des combats qui bénéficient d’animations de plus en plus riches et au fur et à mesure que vous allez progresser c’est un véritable feu d’artifice permanent qui secouera votre écran. Explosions de couleurs chatoyantes, gerbes de sang plus discrètes, le jeu abandonne un peu son ambiance sombre et gothique même si certains passages sont suffisamment gores pour déconseiller le jeu aux plus jeunes.  Si cette orientation plus « cartoon » pourra diviser les vétérans de la licence le résultat est vraiment un plaisir pour les yeux et durant les quatre actes qui composent l’aventure votre héros traversera des contrées très variées. Un bon point pour un genre qui brille par la répétition des mêmes actions. Une répétition qui sera heureusement comblée par le plaisir de jouer à plusieurs et en particulier en local où jusqu’à 4 joueurs peuvent s’unir sur un seul écran (la caméra étant centrée sur le joueur 1).

Combattre, récolter l’équipement laissé par les adversaires et apprendre de nouvelles compétences, l’action de Diablo III obéit à la lettre aux principes du genre, avec tout le plaisir que les fans pourront y trouver mais aussi toutes les limites d’un gameplay articulé avant tout sur le plaisir de faire progresser votre héros. Puisque l’on parle d’équipement sachez que l’abandon de l’hôtel des ventes a permis au jeu de revoir en profondeur le loot (récompense laissée par les morts) et il est désormais plus fréquent de voir des équipements rares et légendaires tomber à vos pieds.  Une bénédiction qui appuie une progression à peine ralentit par les hordes de monstres (là encore un effort réel est à souligner sur la diversité du bestiaire) surtout si l’on joue en mode normal. Une fois votre personnage au niveau 10 vous pourrez créer un héros pour le mode hardcore qui ne vous laisse qu’une seule vie (et donc aucun droit à l’erreur) pour traverser le jeu. À l’inverse, dans le mode par défaut vous pouvez désormais choisir de ressusciter en ville, au dernier point de passage ou même sur les lieux de votre trépas. Ce qui rend le jeu toujours plus souple et accessible pour tous.

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