Test de Dishonored sur Xbox 360

Quand on parle de FPS (jeu à la première personne), on pense avant tout aux blockbusters gavés de testostérone et de soldats en treillis comme Call of Duty, Battlefield et, dans une moindre mesure à la légende Counter Strike pour les plus anciens. Counter Strike qui est à l’origine un mod développé d’après le moteur du FPS tout aussi mythique Half-life. Ce dernier partage d’ailleurs de nombreux points communs avec Dishonored qui débarque comme un trouble fête avant la future parade militaire de fin d’année. Un anti-héros qui utilise autant sa tête que son arsenal, une direction artistique de haute volée et un game design qui ne se contente pas de faire du rentre dedans, pas de doute Dishonored marche dans les pas des plus grands et parvient à nous embarquer pour une aventure inoubliable.

Deus ex machina

Un jeu ne se résume pas à son gameplay et si un bon scénario peut accompagner et même servir le tout, le joueur n’en sera que plus facilement embarqué. Le scénario de Dishonored vous met dans la peau de Corvo, le garde du corps de l’impératrice. Vous rentrez tout juste d’une mission dans une île voisine et les premières minutes du jeu vous plongent déjà dans une ambiance inimitable. Architecture audacieuse et costumes d’inspiration victorienne donnent le ton. L’univers décrit ne se contente pas de dupliquer un thème déjà vu puisque la direction artistique est l’un des nombreux points forts du jeu. Vos aventures dans les quartiers de la ville de Dunwall vous feront parcourir des ruelles souvent sinistres et qui rappellent un peu les couloirs de la cité utopique de Bioshock. L’électricité est ici remplacée par la graisse de baleine qui permet de fournir de l’énergie à toute la ville et aux nombreuses inventions que vous rencontrerez.

Dishonored mélange en effet des armes du XIXème siècle comme le pistolet de Corvo avec des gadgets comme son arbalète qu’il peut équiper de différentes flèches. Ce contexte u-chronique aussi original que réussi est le théâtre dune machination beaucoup plus classique puisque vous êtes très vite accusé du meurtre de l’impératrice. Dishonored nous emmène alors quelques mois plus tard au fond de votre cellule à quelques jours de votre exécution. Juste le temps d’apprendre que le régent qui vous accuse est bien sûr derrière ce complot et ne se prive pas pour vous le révéler. C’est alors qu’intervient un mystérieux allié qui va vous aider à vous échapper de la prison. Il vous fournit la clé de votre geôle, à vous de faire le reste. Seul et contre tous vous allez devoir vous en remettre à votre discrétion pour éviter que l’alerte ne soit donnée trop vite. Pas de panique cependant, le jeu ne vous sanctionne jamais pour les alarmes que vous déclenchez et vous proposera très souvent une fuite possible pour éviter l’affrontement.

Sanglante vengeance et Justice aveugle

 Ce n’est pas pour autant que Dishonored vous invite à faire de l’infiltration à tout prix. Si on pense parfois à Deus Ex Human Revolution c’est aussi parce que le titre d’Arkane Studio n’impose pas de chemin tracé. A vous de choisir entre manière douce ou affrontement plus ou moins brutal. Mieux, vous pouvez très souvent choisir d’épargner vos ennemis. Un détail qui a son importance dans le scénario et pour le dénouement final mais qui a aussi un impact direct sur le déroulement des missions suivantes. Plus vous laissez de cadavres sur votre route, plus les ennemis seront nombreux par la suite et la peste qui a envahi la ville se répandra encore plus vite dans le sillon de vos actes sanglants. Que vous soyez silencieux ou frontal dans votre approche, il vous reste donc encore à tenter de trouver le bon équilibre entre la solution la plus simple et les conséquences qu’auront vos actes par la suite.

Rarement un jeu vous aura autant encouragé à faire et refaire les missions tant les possibilités d’approche semblent nombreuses. Parlez de Dishonored entre amis et vous serez surpris de voir qu’un même niveau n’aura pas eu le même déroulement pour deux joueurs. Le jeu propose en effet un level design tout simplement extraordinaire qui trouve l’équilibre parfait entre une impression de liberté et des dimensions raisonnables qui évitent de se sentir lâché en pleine nature. Dans des décors très soignés, Dishonored joue à fond la carte de la verticalité et si vous êtes du genre monte-en-l’air qui adore escalader les façades des monuments, vous allez découvrir des niveaux qui proposent une multitude de chemins. Là encore, l’impression de liberté est étonnante et le chemin n’est jamais tracé (même si une flèche –que l’on peut désactiver- vous indique toujours la destination principale). Plutôt que de suivre le chemin le plus court, vous découvrirez très vite que patience et curiosité sont vos meilleurs alliés. Grâce à son masque d’assassin, Corvo bénéficie d’une vue et d’un ouïe amplifiées qui lui permettent de surprendre des conversations parfois anodines parfois très utiles par la suite. Chemins alternatifs ou encore combinaisons de coffres les oreilles qui traînent seront souvent récompensées.

Le choix des armes

Le masque de Corvo n’est d’ailleurs pas le seul gadget dont il dispose pour oeuvrer dans l’ombre. Outre son pistolet et son arbalète, l’assassin dispose d’une épée qui vous permettra de trancher quelques gorges mais aussi de vous battre en duel avec les ennemis quand vous êtes détecté. Parade et mobilité seront vos premiers atouts pour prendre l’avantage mais très vite vous pourrez acquérir des pouvoirs magiques qui vous transformeront en surhomme capable de défier sans sourciller cinq soudards et de les dessouder aussi sec. Contrôle du temps, vision à travers les murs ou encore téléportation (ici appelé le clignement), Corvo maîtrise l’action et dicte le rythme des combats. Si le contrôle du temps vous permet de trucider plus facilement, il vous permet aussi de passer entre les vigiles sans les éveiller ou de sprinter avant qu’un portail électrique ne vous foudroie sur place (il vous reste toujours la possibilité de le désactiver ou même de le retourner contre vos ennemis). Le clignement reste le pouvoir le plus utile. Déjà fort agile Corvo peut grâce à ce pouvoir rejoindre une destination éloignée en un clin d’oeil. Un sentiment de toute puissance qui laisse le joueur seul face à ses responsabilités. La peste progressant, les rats se feront plus nombreux et Corvo pourra même en prendre le contrôle pour se faufiler dans les conduits les plus étroits et ressortir en chair et en os prêt à poursuivre sa mission.

Tous ces éléments peuvent résonner à vos oreilles de joueurs comme un air déjà entendu ailleurs, comme en témoignent les quelques références que nous avons évoquées plus haut mais toute la force de Dishonored est d’embarquer le joueur dans une aventure au parfum unique. L’équilibre et la justesse de l’ensemble ne se racontent pas et il faut vraiment y jouer pour goûter à la subtilité de Dishonored. Si le début du jeu peut sembler très classique, la suite est si brillamment rythmée que l’on a du mal à relâcher le pad avant d’en avoir terminé avec la mission en cours. Corvo va ainsi revenir en ville, aidé par des hommes restés loyaux envers la fille de l’impératrice, pour supprimer tous les opposants au retour de l’héritière légitime. Là encore, on notera que le jeu vous encourage à chercher des indices en cours de mission afin de trouver une solution non léthale encore plus spectaculaire pour éliminer les traîtres. Lors de la première mission vous pourrez ainsi trucider votre cible ou bien le marquer du signe de la disgrâce qui l’obligera à se retirer de la scène politique. Ce premier choix aura d’ailleurs un impact sur la suite mais sans qu’une solution ne soit privilégiée par rapport à l’autre. A vous de faire vos choix dans ce parcours où rien n’est manichéen à commencer par vos motivations de tueur au service de l’empire mais qui risque d’être aveuglé par son désir de vengeance.

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