Test de Driver Renegade 3D sur Nintendo 3DS

Driver n’a jamais connu le succès en tant que série. Après deux premiers Épisodes sur PS1 totalement mythique, il se fait manger par un GTA en plein essor, et se fait vite reléguer au rang de relique du passé avec la sortie du décevant Driv3r, le troisième opus. Ubisoft contre-attaque en sortant 3 versions du même jeu, toutes bien différente, entre les supports HD, la Wii et la 3DS. La petite console 3D hérite d’une licence intéressante, pour peu que ce nouvel opus lui fasse honneur…

La 3DS se fait Tanner

Tanner, ce bon vieux lascar, ancien flic, reprend du service dans ce jeu qui se situe entre Driver 1 et 2, un détail qu’on remarque surtout grâce au ending du mode histoire qui permet bien de situer les Evénements chronologique de la série. L’histoire démarre sur notre héros, devenu un paria de la société après avoir voulu trop en faire pour infiltrer le marché des grands trafiquants. Il se trouve que Tanner est un très bon pilote de voiture, et qu’accessoirement il sait bien se bastonner, ce qui saute aux yeux d’un certains Balard, député de son État.

Ce dernier lui demande de retrouver une série de grands criminel, et de «nettoyer « la ville. Au karcher ? Non, plutôt sous les roues de sa voiture, c’est un peu plus crade, mais au moins c’est efficace. Tanner accepte sans se poser de question, et la traque peut alors commencer…

Niveau mise en scène, les cinématiques apparaissent en début et fin de mission, et prennent la forme d’artworks animés, un peu à  la manière des comics interactifs que l’on trouve en ce moment en téléchargement sur les smartphones ou les tablettes. Un style qui a son charme et qui est même très bien maitrisé. Le seul hic, c’est que la narration est un peu trop premier degré pour paraître crédible. Les personnages en rajoutent à  mort alors qu’ils pourraient plus jouer sur la dérision. Néanmoins c’est une histoire qui se laisse suivre, malgré le manque de charisme de ses intervenants.

Les pneus qui crissent et les dents qui grincent

Venons-en tout de suite au gameplay, point central de ce jeu qui se veut très typé arcade. Contrairement à la narration (et c’est là le décalage), les commandes ne se prennent pas du tout au sérieux. La voiture peut accélérer, freiner, comme dans tous les jeux de courses, mais elle peut aussi faire des attaques sur le côté (comme dans F-Zero X par exemple), ce qui permet de se défendre et d’exploser littéralement les voitures adverses. Oui, les voitures explosent comme des ballons trop gonflés si elles prennent trop de dégâts, et c’est valable pour la vôtre aussi. Cela accentue le côté « cartoon» du jeu.

La plupart du temps, le but du jeu est avant tout de ne pas se faire exploser sa caisse, et dans un même temps de finir une course premier, ou de pourchasser un boss, ou bien encore de détruire toutes les voitures ennemies. Pour cela vous pouvez naviguer à travers toutes les rues de la ville en toute liberté. Pour refaire le plein de santé, il suffit de passer dans un garage, ces derniers sont indiqués sur la carte (Écran du bas), et s’apparentent à un stand de ravitaillement d’une piste de F1. Votre voiture passe de cabossée à neuve en une fraction de seconde si vous passer dans un garage (vous comprenez mieux pourquoi je dis que ça ne se prend pas au sérieux ?).

En plus des attaques latérales, vous avez le droit à  un boost, symbolisé par la jauge de rage. Cette jauge se remplit si vous prenez vos virages en drift ou si vous réalisez des figures sur les portions de route en chantier. Toujours pratique pour se débloquer d’une situation bien tendue.

Oups, désolé mon con

Petite parenthèse concernant les graphismes du jeu. En fait il n’y pas grand-chose à attendre de ce côté-là . Certes les textures des voitures sont bien réalisées, et l’animation est fluide, mais les Éloges s’arrêtent là. Tout d’abord il n’y a pas de piétons dans la ville, et d’ailleurs le mot est lâché… LA ville. Il n’y a qu’une seule ville dans tout le jeu, et en plus de ça elle est plutôt petite. On comprend ainsi que, même si la durée de vie est au rendez-vous, la monotonie s’installe très vite, surtout qu’il n’y a pas de phases à pied.

Pour ternir encore plus le tableau, on peut citer les textes durant les phases de gameplay, qui ne changent presque jamais. Entendre Tanner répéter « Oups, désolé mon con» toutes les 20 secondes, à force ça devient très vite lassant. Bref, le jeu n’est pas si court que ça, mais encore faut-il supporter de refaire sans cesse la même chose, et d’entendre les mêmes répliques.

Une centaine de missions

En plus des 20 missions du mode histoire, le jeu se targue de proposer un mode carrière, dans lequel vous devez enchainer les défis de plus en plus difficiles, dans l’espoir de débloquer toutes les voitures. C’est d’ailleurs le seul mode dans lequel vous pouvez choisir votre modèle de véhicule.

Au final, toutes ces missions finissent bien-sûr par se ressembler, mais tout n’est pas perdu. Premièrement il faudra finir le jeu en mode difficile pour pouvoir débloquer une grande partie des voitures, tandis que l’autre parties se débloquera en mode carrière, où les missions tendent un peu plus à se diversifier. Si vous comptez 4 heures pour finir le mode histoire, le double ne sera pas du luxe pour le mode carrière. Il nous reste donc un jeu de course très modeste, un peu répétitif, avec des cinématiques jolies à regarder et qui fait passer le temps. C’est d’ailleurs le premier jeu de voitures à niveau ouvert de la 3DS, et c’est déjà  pas si mal.