Test de Halo Reach

Evacuons d’emblée toute ambiguïté. Non, Halo : Reach ne révolutionnera pas la série et encore moins le jeu vidéo. Mais est-ce si important ? Pas du tout. Et puis, la révolution a déjà  eu lieu avec le premier Halo en nous convertissant aux FPS sur console (n’en déplaise aux PCistes purs et durs). Depuis le trop restrictif Halo 2, Bungie a toujours tenté de revenir à  l’essence même du premier épisode (et son autonomie laissée au joueur). Avec Halo 3, le studio n’y était pas totalement parvenu, le jeu manquant un peu d’audace derrière sa volonté évidente de plaire à  tous les publics. Il n’en restait pas moins un titre excellent doté d’une très belle aventure solo et d’une expérience de jeu époustouflante à  plusieurs.

Le dernier épisode en date, Halo 3 : ODST se concentrait davantage sur l’aspect multijoueur même s’il réservait néanmoins quelques-uns des plus beaux passages de la saga. Mais le fan, bien qu’il voue un véritablement amour aux jeux de Bungie, n’a jamais véritablement oublié la souplesse du premier Halo. Dernier épisode annoncé de la série (en tout cas développé par Bungie), c’est peu de dire qu’Halo : Reach doit marquer (durablement) les esprits. Et ça tombe bien car c’est exactement l’intention des développeurs…

Le crépuscule des Spartans

Vous n’êtes pas sans savoir qu’Halo : Reach se déroule avant les évènements du premier Halo. Une manière de boucler la boucle. Cette préquelle nous permet ainsi de vivre de l’intérieur les évènements qui ont conduit à  la chute de la planète Reach (deuxième bastion de l’Humanité après la Terre). C’est à  l’évidence l’un des tours de force de cet épisode, celui d’avoir su mettre en scène le récit d’une débâcle annoncée. Sans compter que le scénario offre quelques surprises qui font le lien avec la trilogie que l’on connaît. Le joueur débute l’aventure dans la peau de Noble Six, membre discret de la Noble Team. Cette dernière est envoyée en mission parce qu’un relais radio ne répond plus. L’escouade doit ainsi s’assurer que tout va bien et qu’il ne s’agit que d’une défaillance technique. Alors qu’elle se dirige vers son objectif, l’évolution graphique saute aux yeux à  tous les niveaux (profondeur de champ, détails des décors, couleurs moins flashyÂ…). Et même si le titre ne se hisse pas au niveau des plus beaux jeux de la Xbox 360, le plaisir des yeux est bien présent.

Connaissant la tournure de l’histoire, la tension se fait palpable alors que l’on déambule dans des bâtiments vides, tandis que les messages audio des coéquipiers laissent deviner une certaine nervosité. La première attaque des Covenants ne tarde finalement pas à  arriver et, très vite, les personnages vont constater qu’il ne s’agit pas d’un simple assaut ciblé mais bien d’une véritable manÂœuvre visant à  détruire la planète. Dès lors, Halo : Reach multiplie les morceaux de bravoure sans oublier des moments d’accalmie chers à  la série. Des phases de respiration qui n’ont jamais été aussi bien intégrées depuis Halo tant l’atmosphère funeste et inéluctable (les partenaires qui tombent au fur et à  mesure au combat) ne laisse que peu d’espoir. Surtout, au fil du temps, les vaisseaux ennemis envahissent peu à  peu le ciel et la menace se fait de plus en plus présente, de plus en plus pesante (certains passages donnent réellement la sensation d’assister à  la fin d’un monde). Les dernières missions virent alors à  la survie pure et simple, dans un sombre crescendo brillamment orchestré (la bande-son, inoubliable et désespérée, même si l’ennemi ne dialogue plus dans un anglais approximatif et comique – il n’a sans doute pas encore eu le temps d’apprendre notre langue).

Un terrain de jeu généreux

Si la noirceur du scénario se trouve admirablement traitée, Bungie n’en a pas oublié pour autant le principal, le jeu. On l’a dit en préambule, cet ultime épisode ne bouleversera pas la série. Mais on sent que les développeurs y ont mis tout leur cÂœur et tout leur talent pour en sublimer aussi bien le level-design que son côté « bac à  sable », sans doute sa plus grande particularité. En effet, avec Halo : Reach, on retrouve de nombreux terrains de jeux ouverts qui laissent au joueur la possibilité d’appréhender, d’affronter ou de contourner l’ennemi de différentes manières mais aussi de se couvrir derrière divers éléments du décor, tout en faisant la part belle à  la contemplation. L’ajout de nouvelles capacités comme le jet-pack ou l’hologramme (qui envoie une image virtuelle, mais tout à  fait réaliste, du personnage pour semer le trouble chez l’adversaire) décuple un peu plus cette sensation de liberté, d’autant que les éléments de gameplay sont introduits progressivement et intelligemment (le niveau vertical et son utilisation du jet-pack, les véhicules que l’on peut ou non utiliser). Le level-design souligne in fine la montée en puissance du titre et s’autorise des passages aériens à  la manière d’un shoot’em up 3D. Un niveau extraordinaire d’intensité combine même le combat sur le terrain et celui dans les airs.

De tous les FPS, la série Halo est peut-être celle dont la rejouabilité s’avère la plus forte. Au-delà  de son level-design permettant les différentes approches, le style de jeu du joueur et sa relation avec ce qui l’entoure procurent toujours autant de situations variées et inépuisables. Le fait de pouvoir personnaliser son personnage confirme cet état de fait en offrant au joueur la possibilité de créer son propre Halo. Sans une intelligence artificielle de qualité (elle se révèle encore plus autonome que dans les précédents épisodes), le titre se montrerait beaucoup plus prévisible. Ici, l’imprévu trouve toujours sa place apportant ainsi plus de réalisme aux combats. Le bac à  sable Halo : Reach s’incrémente par ailleurs de nouveaux mouvements (on peut prendre un ennemi par surprise pour l’assassiner en un coup), de nouveaux véhicules (le Falcon, sorte d’hélicoptère permettant d’embarquer deux mitrailleuses à  l’arrière) et de nouvelles armes comme un lance-grenade dévastateur qui demande une certaine maîtrise. A ce sujet, certains pourraient s’offusquer de découvrir du matériel jamais vu et plus puissant que dans la trilogie alors que l’histoire se déroule en amont. Mais à  la manière des trois premiers épisodes de Star Wars, racontant la chute des Jedis, on peut raisonnablement penser qu’une partie de la technologie ait été perdue dans la destruction de la planète Reach.

Encore meilleur à  plusieurs

En solo, et de préférence en coopération, la campagne principale apparaît inévitablement trop courte (environ huit heures en mode Normal). Mais l’aventure, épique et tragique, fait preuve d’un tel sens du rythme et d’une telle mise en scène que sa durée de vie n’a finalement pas grande importance. En outre, contrairement à  Halo 3 et Halo 3 : ODST, les scénaristes sont cette fois-ci parvenus à  raconter une histoire forte, aux enjeux dramatiques, culminant jusqu’à  un final grandioseÂ… dont on taira bien évidemment la teneur. On répètera simplement que, à  nouveau, la mise en scène fait merveille (restez bien après le générique de fin).

Comme dans les deux précédents volets, l’expérience collective proposée par Halo : Reach constitue un met de premier choix. Le multijoueur, agrémenté d’un système de crédits permettant d’acheter des pièces à  assembler dans la Forge, se montre encore plus addictif et complet (l’hologramme promet de mettre en place de belles stratégies). Bref, le bac à  sable prend tout sens à  plusieurs et le game design du jeu (structure des niveaux, gameplay) laisse éclater toute sa beauté. Et même si l’on n’est pas prêt de lâcher la manette, Halo : Reach, dernier épisode de la série développée par Bungie, laissera forcément un grand vide dans l’univers des FPS sur console.

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