Test de Homefront

Commençons ce texte par un petit point « culture ». Qui parmi vous connait John Milius ? Si votre intelligence se sent bafouée face à  cette question, excusez-moi par avance, vous pouvez tout de suite sauter ce paragraphe. Les autres, lisez attentivement : John Milius est un grand du cinéma, avec quelques classiques à  son actif : réalisateur de Conan le Barbare et l’Aube Rouge, mais aussi scénariste et co-scénariste de Dirty Harry, 1941 ou encore Apocalypse Now. Mais que diable vient-il faire ici ? Il est, tout simplement, l’auteur principal du scénario du nouveau FPS de Kaos Studio (Frontlines). Et, comme le monsieur aime bien les chroniques guerrières pleines de virilité, ne vous attendez pas à  une intrigue se déroulant dans le milieu du cyclisme. Homefront est sombre, violent et bénéficie d’une atmosphère réussie. Mais, vous allez voir, ça ne suffit pas à  en faire un bon jeu.

Au nord, c’était les coco

2012 ne marquera pas la fin du monde chère à  Roland Emmerich (passer de Milius à  Emmerich : oui, j’ai osé), mais verra tout de même la chute d’un pays : la Corée du Sud. Son voisin du nord – dirigé par Kim Jung-eun, le fils de Kim Jong-il – va l’annexer, formant ainsi la Grande République de Corée. Très rapidement, la GRC gagne en puissance et envahit une bonne partie de l’Asie du Sud Est, jusqu’au Japon. Tout ça pour quoi ? Pour atteindre son ennemi suprême  : les Etats-Unis. C’est ainsi que, en 2024, les communistes débarquent sur les côtes californiennes, bien décidés à  faire taire ces chiens d’impérialistes. Voilà , en substance, le contexte déliro-historique dans lequel se déroule Homefront. Mais ceci n’est qu’une version très résumée des événements, largement détaillés dans l’excellente introduction « live » du jeu. Et, surprise, on finit par croire à  ce scénario catastrophe, tant il est habilement monté. D’autant plus que les premiers instants dans le jeu sont assez renversants. Vous êtes un pilote enrôlé de force par la GRC, trainé dans un bus en direction d’on ne sait quel camp. Vous voilà  en train de scruter l’horreur du nouveau monde qui vous entoure : un homme se fait abattre d’une balle dans la tête alors qu’il essayait fuir, un couple meurt sous les yeux de son enfant en pleurs, les rafles sont constantes… C’est tout bonnement glaçant de réalisme, notamment grâce à  une ambiance sonore particulièrement soignée.

Homefront offre ainsi, à  intervalles réguliers, des moments purement contemplatifs, mais terriblement poignants : la découverte d’un charnier nous renvoie directement aux images des camps de mort alors que la visite d’un quartier de la résistance offre une atmosphère plus paisible. Tout cela nous fait dire qu’avec un univers aussi intéressant, on aurait aimé sortir du carcan du FPS militaire trop basique.

Barbecue coréen

Car rapidement, on se rend compte qu’Homefront est un jeu d’action très classique qui recycle les idées de mise en scène de Call of Duty, Bad Company et consorts. à travers une demi-douzaine de niveaux, l’intégralité des lieux communs du genre nous sont proposés : séance de shoot sur rail, utilisation d’un fusil à  lunettes pour couvrir la progression de ses potes, pilotage ponctuel d’un hélicoptère et beaucoup de fusillades dans des lieux semi-ouverts. Seuls les passages avec « Goliath » nous éloignent, un peu, du sentiment de déjà  joué. à de nombreuses reprises, on peut cibler certains ennemis (des blindés par exemple) pour que notre char surpuissant bombarde l’endroit demandé. Sympathique, mais pas on ne va pas non plus crier au génie. Au final, on ne peut pas dire que l’on s’ennuie en parcourant Homefront. Le joueur habitué retrouvera immédiatement ses marques, le rythme est plutôt bien mené et ce manque d’idée neuve n’est pas préjudiciable en soi. Non, le problème est ailleurs : difficile, en effet, de pardonner une durée de vie scandaleusement basse et une réalisation franchement à  la rue.

Un DLC à  70€ ?

Vous voulez des chiffres ? 300, soit le nombre de minutes qu’il m’a fallu pour terminer la campagne solo. Oui, vos calculs sont exacts : le spectacle ne dépasse pas les cinq heures. Mon collègue Kevin m’a même avoué que sa partie a duré à  peine plus de quatre heures. C’est peu, trop peu. Difficile, dans ces conditions, d’accepter de payer 70€ pour quelques heures de divertissement. D’autant plus que le titre est plombé par une technique largement à  la traine : les textures sont fades, l’aliasing omniprésentÂ… Bienvenu en 2005. Et c’est dommage, car, par moment, la direction artistique prend le dessus et on entrevoit alors ce que le jeu aurait pu être s’il avait bénéficié d’un moteur plus récent.

Fade Person Shooter

En l’état, le mode solo d’Homefront donne surtout l’impression d’un incroyable gâchis. Rien n’est totalement raté, mais tout est tout le temps « moyen ». Seul son background bien écrit fait illusion en début de partie, mais ça ne dure qu’une paire d’heures. Que reste-t-il à  sauver ? Le multijoueur ? à première vue, cette section du titre est solide. Solide oui, mais, là  encore, terriblement classique. Parfait mélange entre Modern Warfare et Bad Company, le mode online d’Homefront est, à  l’image du solo, avare en contenu : sept cartes différentes et seulement deux modes de jeu : le match à  mort par équipe et le contrôle de points. Les téméraires peuvent tout de même varier les plaisirs en activant l’option « commandant » : une IA va alors indiquer à  l’équipe des objectifs aléatoires en cours de partie, afin de gagner des points supplémentaires. En dehors de cette fantaisie rien à  signaler : on retrouve le même système d’expérience, de classe et de « perk » que chez la concurrence. Encore une fois, on ne s’ennuie pas pendant les matchs, mais difficile d’imaginer les joueurs quitter CoD ou Bad Company pour se tourner vers ce copycat sans génie.

En résumé !

Test de Homefront

Vous avez aimé Bulletstorm et Killzone 3 ? Vous attendez avidement Crysis 2 et vous voulez patienter avec Homefront ? Lisez ce qui suit, ou vous risqueriez d’être déçus.
0
Awful
Points Positifs :
Points Négatifs :

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