Test de Infinite Space sur Nintendo DS

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Ahhh Sega… On ne saurait mieux exprimer ses sentiments envers cette société que par un long soupire nostalgique. Bon qu’avons nous là  justement ? Infinite Space. Bien, un RPG semble t-il. La boite est m’a foi fort agréable à regarder, le style manga des personnages ne brule pas les rétines et le titre est alléchant et promet un jeu « space opera » dans la lignée d’un Star Ocean ou que ne sais-je encore. Bien bien…
Et si nous commencions maintenant ?

Yuri…comme les manga de …?

Cela ne chaume pas ! On attaque d’emblée avec une intro dans le plus pur style manga nous présentant le héros, Yuri, jeune androgyne effarouché de son état, qui comme tout est héros de RPG commencera au bas de l’échelle sociale pour finalement se hisser au rang de légende. Outre sa soyeuse chevelure platine et son visage d’enfant, notre héros (ainsi que l’ensemble des autres personnages de l’histoire) sont dote d’une caractéristique qui nous intéresse beaucoup : ils parlent un anglais parfait ! Fabuleux, dommage que le joueur moyen ne puisse pas en faire autant, d’autant plus que l’intro n’est aucunement sous-titré (oui vous avez bien lu). Alors pour supporter la présentation horriblement longue du jeu ET en plus en comprendre le sens, il va falloir travailler dur mes amis.
Bon, cliquons sur l’écran et abrégeons cette odieuse surprise…Ah ! Voila ! C’est encore tout en anglais, mais au moins c’est écrit. Cela devrait élargir un petit peu le publique autorisé à saisir les subtilités du scenario. Oups, dommage, le texte à tendance à défiler tout seul, et un peu vite.
Nia, ravissante et provocatrice nomade de l’espace, effectue un atterrissage forcé après avoir essuyé l’attaque d’une patrouille locale. Rien de bien méchant, et puis elle est arrivé à bon port en fin de compte. Là, elle fait rapidement la connaissance de notre tête blonde : Yuri, qui se trouve être son « client » (le début de l’histoire étant affreusement cliché, libre à vous d’exploiter un maximum tous les sous-entendus que vous voudrez). Le jeune héros avait en effet sollicité l’aide de la mercenaire pour qu’elle l’aide, moyennant finance, à quitter la planète (alors dirigé par un tyran). Nia fait donc la connaissance de son employeur pré-pubère mais lui expose aussitôt les faits : son vaisseau n’est plus en état d’amener qui que se soit ou que se soit. Par chance, il se trouve que Yuri, en plus de rêver d’espace depuis son plus jeune âge, travail aussi comme réparateur d’engins spatiaux. Avec deux vis et une clé à molette, il ressuscite le bolide (oui, dans Infinite Space, les miracles existent…). Aucun soldat du régime despotique n’ayant eu l’idée de venir surveiller la zone du crash, nos deux amis s’envolent donc vers de nouvelles aventures. Oh mais attendez une seconde !?
« Yuri, tu ne veux pas aller dire au revoir à ta famille ? » lui propose Nia par un élan de gentillesse maternelle difficilement crédible de la part d’une mercenaire.
« Non ce n’ai pas la peine. » répond le héros avec un sourire, « Je n’ai pas de famille !« 
PARFAIT ! Comme le hasard fait bien les choses dans les RPG, nous pouvons donc décoller avec notre vaisseau flambant neuf réparé en deux seconde et demie sans pièce de rechange par un héros de 12 ans !
Certes, vous recevrez un appel d’urgence quinze minutes plus tard vous informant que votre soeur (oui oui) a été kidnappé par le tyran de votre planète natale, mais bon, nous ne sommes plus à une incohérence près…

Professeur Spock ! Actionnez le faisceau tracteur !

Nia faisant donc preuve d’une étonnante gentillesse vis à vis de son « client », elle accepte de l’aider jusqu’à se que celui ci soit amené à destination, même si cela signifie lui servir de première fois (pardon, de « tutoriel« ) et de lui apprendre la vie de baroudeur de l’espace. Elle lui offre au passage une tenue sortie d’on ne sait trop où ainsi qu’une « plasmic blade« , sorte de katana laser que l’on devine hors de prix. Passons.
Vous prenez les commandes de votre vaisseau sur une map composée de planètes liées les unes aux autres par des axes « routiers« . N’espérez pas vous la jouer grand aventurier interstellaire : on suit la route bien gentiment en n’ayant pour seule option possible la modification de notre vitesse de croisière. Heureusement, bien vite notre couple tombera sur des « rencontres aléatoires » : des vaisseaux itinérants qui ne vous veulent pas toujours du bien, et réciproquement. Le jeu rentre alors en phase de combat.
Sur l’écran du haut se trouvent votre place et celle de l’adversaire sur la ligne droite qui vous sert d’arène, se qui vous permet d’apprécier les distances et de jauger votre porter de tir. C’est aussi là que se trouve l’état de votre (vos) vaisseaux, c’est à dire vos Points de Vie.
Sur l’écran tactile s’affiche le menu des commandes de votre vaisseau. Si d’autres options viendront se rajouter au fil de l’aventure, vous ne pouvez au début user que des touches « Backward » (Arrière), « Forward » (Avant) et « Stand by » (Faire du surplace) afin de vous rapprochez ou au contraire, de vous éloigner de votre cible. Tout cela s’effectue en temps réel, il est juste regrettable que les animations soient aussi laides et sans dynamisme aucun.
Une jauge se rempli sur votre gauche. Rappellant l’ATB (Active Time Battle) des Final Fantasy (ou encore de Xenogears), cette barre se décomposera en trois paliers distingués par des couleurs. Le Niveau 1 (Vert) vous autorise à selectionnez le Dodge (Esquive) qui améliore vos chances d’évasion, le Niveau 2 (Jaune), quand il est consommé lance une attaque avec votre armement actuel tandis que le 3, « Barrage » en anglais, lance une attaque de masse.
Ces deux dernières options sont retranscrites à l’écran par des séquences décidément très longues (mais heureusement « skipables« ) où votre héros donne ses instructions au reste de l’équipage, tout en anglais non sous-titré bien entendu, façon Star Treck et autre cliché du genre.
« Actionnez les propulseurs thermo-nucléaires ! Enclenchez le système de verouillage Trinité à 72,8 % ! Armez le canon principal et préparez les mitrailleuses à proton ! Mon dieu, une attaque latérale, nous sommes cernés ! »
Ahem…
Loin d’être très passionnant, ces affrontements ne gagneront en intérêt qu’ultérieurement et sont d’une difficulté remarquable. Pourtant, cela vaut peut être la peine d’endurer les premières heures de jeu…

See you, Space Cowboy

A partir de la mappemonde vous aurez accès aux destinations liées au scenario bien sur, mais aussi à de multiples stations orbitales qui, à l’image des centres Pokemon, restaureront gratuitement votre vaisseau. Ces sortes de « villes » ne pourront pas être véritablement visitées. Ce n’est qu’a partir d’un menu simpliste que vous accèderez à tous se qui est susceptible d’intéresser le « Space Cowboy » (ohoh) que vous êtes : la Taverne vous permettra de glaner de précieuses informations auprès de vos congénères mercenaires et de Nia, vous pourrez aussi passer aux magasins pour acheter des modèles de vaisseaux dont vous pourrez seulement ensuite ordonner la construction en y mettant le prix et le hangar devrait vous permettre de personnaliser votre (vos) bébé(s) en lui ajoutant de nouvelles armes, certes, mais aussi en lui rajoutant et améliorant des sections (genre « salle des machines » etc), chaque vaisseau disposant d’une masse et d’une architecture différente, vous ne pourrez pas faire n’importe quoi. Enfin c’est aussi dans ces moments de paix que vous pourrez organiser votre flotte. Car oui, si vous n’incarnez au début qu’un adolescent vierge accompagné d’une femme expérimentée à bord d’une boite de conserve monoplace, vous finirez par constituer votre propre armée de pilotes, commandant, sous-commandant, techniciens, ingénieurs et toute la clic. A vous de leur attribuer un rôle sur l’un de vos vaisseaux en prenant au mieux en compte leurs multiples caractéristiques et compétences personnels qui sauront faire la différence lors des grandes batailles que le jeu vous réserve. De ce côté là, le jeu est TRES complet et les fans de gestion stratégique, si ils survivent aux premières heures de jeu, seront aux anges. Le problème étant le manque d’accessibilité des menus : même si ils avaient été traduit, l’interface surchargée serait tout de même resté assez sombre pour tout débutant en la matière. La seule réelle solution est de chercher des réponses et du réconfort auprès du manuel fourni avec le jeu qui n’excelle pas les vingts pages.
Infinite Space n’a finalement pas beaucoup d’arguments pour conquérir notre petite Planète qu’est la France et ne s’adresse visiblement qu’a un groupe très restreint de personne bilingue, otaku d’un côté, geek de l’autre. Ce n’est pas comme ça que Sega fera des ventes, mais si ils avaient vraiment espéré faire marcher leur commerce, peut être auraient-ils prit la peine de traduire leur soft, même à la va-vite…