Test de LIMBO

LIMBO s’ouvre sur une forêt plongée dans l’obscurité, à  peine éclairée par une faible lumière. Le clair-obscur, renforcé par un puissant noir et blanc, impose immédiatement une atmosphère mélancolique et désespérée. Un petit garçon, couché dans l’herbe, se lève lentement. Sa silhouette ne laisse apparaître que ses yeux, symbolisés par deux petits points blancs. Quelle est son histoire ? Comment est-il arrivé ici ? Seul le titre du jeu (Limbo veut dire limbes en anglais) nous donne une potentielle indication sur l’endroit où il se trouve. Dans un climat déprimant, l’enfant n’a pas d’autres choix que de s’enfoncer dans les ténèbres…

« Créer, c’est toujours parler de l’enfance »

La première partie de LIMBO est magnifique. Tout juste accompagné par une musique discrète (elle se fait tantôt menaçante, tantôt rassurante), le garçon traverse en silence ce sombre monde dont les seuls dangers semblent être liés à  son relief naturel. Alors qu’on se croyait seul, une présence se fait sentir. Elle prend d’abord la forme d’une immense araignée. Une vision d’épouvante qui poursuit l’enfant, le chasse, tel Tintin dans « L’Etoile Mystérieuse ». Se réfugiant sur une barque dans une séquence digne de « La Nuit du Chasseur » de Charles Laughton, l’enfant tente tant bien que mal d’échapper à  cette terrifiante araignée, qui fait office de Némésis, dans une sorte de survival minimaliste. Mais il sait qu’il devra affronter sa peur et lui faire face (l’affrontement quasiment bouleversant dans sa représentation du courage). Une fois éliminée, le garçon poursuit son chemin et ne tarde pas à  rencontrer d’autres enfants, des ombres silencieuses qui semblent apeurées par sa présence. Erreur. LIMBO prend alors des allures de conte cruel. Les autres enfants le repoussent, lui tendent des pièges et font preuve d’une cruauté troublante. Pour survivre, le garçon devra leur retourner cette cruauté (la mort, violente et sans concession) via des énigmes brillamment construites. Jouant de nos peurs enfantines, cette première partie du jeu apparaît comme une véritable histoire d’horreur à  l’ambiance unique. Si le titre avait maintenu une telle qualité de narration abstraite, on tenait là  un véritable petit chef d’Âœuvre.


Les limbes ne s’apprivoisent pas facilement

Dans sa seconde moitié, LIMBO délaisse son côté survival pour se concentrer davantage sur sa partie cérébrale. Le titre ne se résume alors qu’à  une succession de tableaux où il faudra à  chaque fois résoudre une énigme ou faire preuve de dextérité (LIMBO est avant tout un jeu de plates-formes). On pense à  Braid sans toutefois atteindre l’ingéniosité du jeu de Jonathan Blow. On pense aussi à  Super Mario Galaxy pour ces passages où le garçon peut inverser la gravité du monde. Le jeu reste bon, et même très bon, mais il ne surprend plus. La résolution de certaines énigmes procure une vraie satisfaction et la difficulté progressive s’avère remarquablement dosée mais LIMBO devient plus classique dans son déroulement, si l’on excepte une séquence fabuleuse judicieusement frustrante. Surtout, il s’appuie sur une progression par l’échec parfois un peu trop facile, alors que le jeu excelle lorsqu’il abandonne le joueur face à  une énigme devant laquelle il doit se débrouiller seul pour pouvoir avancer dans l’aventure. Cela dit, il serait injuste de ne pas souligner la qualité générale du level-design souvent très inspirée, voire carrément génial dans sa première partie.

Un titre unique

Bien trop court, même pour un jeu Xbox Live Arcade (comptez 3 à  4 heures de jeu), LIMBO demeure malgré tout un titre à  part. Totalement muet, en noir et blanc, l’aventure se distingue également par son absence de fragmentation en niveaux. On ne discerne aucune coupure, tout n’est finalement qu’un seul long niveau ininterrompu. Incroyablement minimaliste (un bouton de saut, un bouton d’action), l’écran est vide de toute barre de vie ou d’autres éléments contextuels. Le titre lâche le joueur sans aucune indication, y compris narrative. Ce qui n’est pas sans rappeler les Œuvres de Fumito Ueda où l’histoire et les émotions passent essentiellement par l’image, par des gestes. C’est pourquoi la première partie de LIMBO se montre aussi réussie, en laissant au joueur la possibilité de se faire sa propre interprétation, jusqu’à  un final tout en simplicité et en pudeur. La traversée cauchemardesque de cet enfant fait acte de courage dans le paysage vidéoludique actuel en même temps qu’il se fait le reflet de nos peurs et de notre innocence perdue.

En résumé !

Test de LIMBO

LIMBO s’est révélé au public lors de l’E3 2010 en se démarquant par son esthétisme et son univers singulier. Après avoir obtenu diverses récompenses, il n’est pas étonnant de retrouver le titre de Playdead comme figure de proue du Summer Arcade de la
0
Awful
Points Positifs :
Points Négatifs :

Also Check Out

0

    Leave a Reply

    Your email address will not be published. Required fields are marked *

    Gameplay
    Graphics
    Longevity
    Thanks for submitting your rating!
    Please give a rating.

    Thanks for submitting your comment!