Test de Mario & Luigi : Voyage au Centre de Bowser

Depuis leur première apparition en 1983 sur borne d’arcade, Mario & Luigi ont quasiment tout vécu : sauver un nombre incalculable de fois Peach, remporter des tournois de kart ou de tennis, ou encore explorer une maison hantée. Mais cette fois-ci, ils vont connaître une expérience inédite, aussi traumatisante pour eux que plaisante pour le joueur : explorer l’intérieur du corps de Bowser. Suite à  une improbable ingestion de champignon empoisonné, la grosse tortue va aspirer tout sur son passage et va ainsi entraîner nos deux frères, ainsi que Peach et bon nombre de Toads, dans une aventure intérieure des plus périlleuses. Une fois n’est pas coutume, c’est une maléfique créature du nom de Gracowitz (déjà  aperçue dans Mario & Luigi Superstar Saga sur GBA) qui est derrière cette machination infernale. Profitant du boxon ambiant, l’infâme va s’emparer du château de Bowser dans l’unique but d’asservir le royaume Champignon. Bref, un méchant dans toute sa splendeur qui a au moins le bon goût de s’exprimer comme un ennemi de Nicky Larson.

Il était une fois la vie

Aussi naïve que blindée d’humour, cette nouvelle aventure de Mario & Luigi se suit avec grand plaisir. Marque de fabrique de la série, les jeux de mots douteux et répliques absurdes fusent et l’on se surprend à  sourire plus d’une fois lors des nombreux dialogues qui parsèment le jeu. à ce propos, si on avait un reproche à  faire au titre, ce serait concernant une introduction un brin longuette et bavarde, cependant nécessaire pour poser correctement le décor. Une fois dans le corps de Bowser, les choses s’accélèrent cependant et l’on peut alors goûter à  un gameplay à  la fois éprouvé et toujours aussi inventif. Rappelons déjà  que, dans les grandes lignes, nous avons ici affaire à  un RPG. Les frères combattent au tour par tour, gagnent de l’expérience et peuvent s’équiper pour améliorer leurs stats’. L’aspect RPG s’arrête cependant là  et ne comptez pas explorer un monde immense rempli de quêtes. Les racines « plates-formes » de Mario sont bien ancrées et l’on parcourt un univers coloré, peuplé de cubes à  exploser et de mécanismes à  activer. D’une manière générale, le système de jeu change peu par rapport aux épisodes précédents, mais se retrouve encore un peu plus affiné, notamment concernant les phases de combat. Malgré le tour par tour, nos réflexes et notre sens de l’observation sont mis à  rude épreuve surtout lorsque l’on tente d’esquiver correctement les attaques ennemies. De même, l’utilisation de pouvoirs spéciaux est l’occasion de frotter frénétiquement l’écran tactile de la DS. Toujours aussi plaisant et inventif, le système de combats de Mario & Luigi : Voyage au centre de Bowser atteint donc un niveau d’excellence et de perfection qui fait plaisir à  voir. D’autant plus que la touche RPG reste ici très abordable, notamment grâce à  des ennemis visibles dans les niveaux et quelques boss originaux tout en restant relativement simple à  vaincre.

Bowser à  l’honneur

à première vue classique, ce nouveau Mario & Lugi RPG introduit cependant une belle originalité : l’interaction entre Bowser et les frères Mario. Ainsi, on passe quasiment plus de temps à  incarner la tortue que les plombiers, dans des phases de jeux axées sur l’exploration et des combats bien plus brutaux. Cependant, une simple pression sur une touche permet de passer sur l’écran du bas pour se retrouver dans la peau de Mario & Luigi. Plus d’une fois, une véritable entraide entre les deux camps sera nécessaire. Ainsi, les frères devront stimuler un muscle de Bowser pour l’aider à  passer un obstacle ou encore l’aider à  mieux digérer une carotte géante en détruisant rapidement les morceaux ingérés. En résulte alors une quantité de minis jeux très réussis, faisant aussi bien appel aux réflexes qu’à  une oreille musicale. Cette mise à  l’honneur de Bowser permet aussi de découvrir plus en profondeur un personnage à  la fois drôle, crétin, mais aussi attachant. Encore une fois, les nombreux dialogues permettent de savourer sa situation désespérée. Abandonné de tous et privé de château, Bowser fait preuve d’une volonté et d’une combativité encourageante. Cependant, les fans de Mario & Luigi pourront éventuellement regretter l’omniprésence de ce dernier dans ce nouvel épisode. Même si cela reste une question de gout.

Surprenant et brillant

Malgré une base peu différente des anciens épisodes, ce troisième Mario & Luigi RPG reste une éclatante réussite. Le rythme est parfaitement maitrisé et la variété des environnements, des ennemis, ainsi que les nombreux rebondissements font qu’il est totalement impossible de lâcher sa DS avant d’en voir la fin. Comme d’habitude avec la série, le scénario reste relativement court (une vingtaine d’heures) mais s’avère maitrisé de bout en bout. Mais ce qui surprend le plus ici, c’est l’incroyable inventivité dont ont fait preuve les développeurs. Chaque nouvelle zone explorée est l’occasion de tester une trouvaille de gameplay inédite, de découvrir un mini jeu astucieux ou d’apprécier un dialogue plein d’humour. Indéniablement, la « Nintendo Touch » fonctionne ici à  plein régime et ce parfait équilibre entre gameplay efficace, réalisation solide et univers attachant fait de ce titre une perle à  ajouter à  la ludothèque de la DS.

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