Test de MotoGP 13

Depuis la version 10/11 éditée par Capcom, la série MotoGP avait gentiment disparu de nos écrans radars. Jeu de niche, pas assez « bankable » ou quelle qu’en soit la raison, les amateurs de gros cubes en étaient pour leurs frais. Heureusement pour eux, Milestone, spécialisé dans tous les jeux de sports mécaniques, s’est penché de nouveau sur le berceau des MotoGP pour nous proposer une copie pas toujours parfaite sur la forme, mais extrêmement plaisante dans le fond.

La wheeling academy

Comme dit dans notre « On y a joué », MotoGP 13 est assez généreux dans son contenu. Courses rapides vous propulsant au hasard dans la peau d’un pilote et sur un circuit lui aussi aléatoire, championnat vous permettant de revivre les grande heures d’un championnat du monde de MotoGP/Moto2/Moto3 ou encore multijoueur, tout est là pour ravir les fans de deux roues. A noter qu’il y a même une option deux joueurs sur le même écran au cas où un ami viendrait vous traiter de foie jaune chez vous et que vous voudriez réparer cet affront sur la piste. Mais de ces classiques options, s’il ne fallait en retenir qu’une, ce serait le mode carrière même si il n’est pas novateur. Dans ce dernier, vous pourrez participer au destin hors norme d’un pilote de course en incarnant un nouveau venu dans les sports mécaniques, voulant se faire une place au panthéon des gloires pilotant le fin du fin sur deux roues. Vous débuterez votre vie de pilote en tant que Wild Card, c’est à dire invité par des écuries cherchant de nouveaux talents et vous proposant de mettre le pied à l’étrier lors de quelques courses du championnat du monde de Moto3. Car vous vous doutez bien qu’avant d’apprendre à courir, il faut déjà savoir marcher, et que les monstrueuses MotoGP ne seront pas accessibles au début de votre carrière.

Rien de rédhibitoire dans l’absolu, les Moto3, quoique de petite cylindrée et de faible puissance, n’en demeurent pas moins des motos de course à même de vous faire appréhender sur l’asphalte d’un circuit, vos premiers stoppies et autre dribbling. Une fois la première courte saison terminée, vous recevrez, suivant vos performances, la proposition d’équipes de Moto3 plus ou moins de premier plan pour participer à une saison complète de ce championnat. Là encore, au fil ou non de vos exploits, d’autres équipes bien mieux classées tenteront de vous débaucher en vous proposant un matériel plus performant. Vous recevrez aussi des propositions de teams évoluant en Moto2, l’antichambre des MotoGP, pour venir prouver ce que vous valez avec des montures bien plus puissantes.  Là encore, le choix vous sera donné d’accepter ou non de changer de championnat pour vous frotter à une catégorie supérieure, ou bien de rester dans le championnat en cours pour glaner un titre mondial.

Bien évidemment, auréolé d’un titre tout frais, les contrats qui vous seront proposés au sein d’équipes de premier plan en Moto3 ou Moto2 seront bien plus intéressants. Le mode carrière sera aussi pour vous l’occasion de tester votre notoriété dans votre Motorhome en consultant un simili-tweeter où fans et pilotes viendront commenter vos exploits. Vous pourrez aussi échanger avec votre patron d’écurie et votre manager pour connaître leurs désidératas pour les courses à venir (ne vous attendez pas à des dialogues ciselés par Audiart tellement ceux du jeu tourneront vite en rond). Le Motorhome sera aussi le lieu où vous pourrez changer de casque, consulter l’avancement d’un championnat du monde ou encore lire les unes de journaux présentant les courses à venir ou relatant vos péripéties sur la piste. Vous l’aurez compris, tout cela donne un côté vivant à ce mode carrière et entrecoupe agréablement les courses. A noter que vos performances vous octroieront des points d’expérience pour passer des niveaux débloquant images, vidéos et pilotes à la gloire des « chevaliers du bitume ».

Une passion d’acrobate

A la différence de la voiture, piloter une moto sur piste requiert autant de technique que de talent d’équilibriste. Et de ce point de vue là, Milestone fait mouche en reproduisant de manière « réaliste » le comportement du duo pilote/moto dans son jeu. Mais avant de rentrer plus en détails dans les sensations distillées par le titre, parlons un minimum des options proposées avant de poser les roues sur la piste. Véritable nid douillet pour le pilote, le paddock sera le lieu ou toute l’équipe pointera dans une seule direction, la victoire. Vous pourrez y modifier votre véhicule via l’aide de votre chef mécanicien en répondant à quelques questions basiques. Ce dernier se chargeant ensuite de configurer sommairement la moto suivant vos désirs. Mais si vous êtes un minimum bricolo dans l’âme, vous pourrez mettre les mains dans les réglages en modifiant suspensions, freins, contrôle de traction et tout autre élément pour améliorer vos temps au tour ou régler au mieux votre monture pour les conditions de pistes rencontrées.

Souple pour une piste détrempée, dure pour  une piste sèche avec un TCS réglé sur faible ou non pour faire glisser plus ou moins votre machine seront autant de réglages plaisants pour l’initié, et totalement obscurs pour le novice. Vous pourrez ensuite bien évidement paramétrer le niveau de réalisme de votre conduite avec tout un tas de taquets rendant vos motos faciles à prendre en main comme un scooter à trois roues avec le freinage automatique et les poignées chauffantes en option ou au contraire, tout désactiver et là, c’est séance d’acrobatie à chaque rotation de la poignée droite pour garder sa moto sur le bitume. Un vrai challenge mais plaisant au possible pour celui qui pratique la moto et encore plus, pour ceux ayant déjà étrenné leur cuir sur une piste. Surtout qu’en faisant sauter les différentes « sécurités » de la machine, on entre dans un monde particulier où le placement de votre pilote sur la moto aura une incidence réelle sur ses performances. Se coucher derrière la bulle pour gagner quelques précieux kilomètres heures en ligne droite, ou se relever pour apporter un freinage aérodynamique supplémentaire à votre moto et ainsi charger l’arrière lors du freinage, seront quelques notions à prendre en compte lors des courses. Une gestion du corps assez fine tout comme celle des freins et de l’accélération. Quand les freins ne sont pas couplés, et donc dissociés avant/arrière, on se plaît à effectuer des freinages de trappeur avec l’avant, tout en gérant tranquillement le « ralentisseur » à l’arrière pour coucher plus fort la moto en courbe, et ainsi rattraper un point de corde que la force centripète vous a fait manquer.

La gestion de l’accélérateur est à l’avenant car vous vous doutez bien qu’en pleine courbe, avec une machine ayant un rapport poids puissance supérieur à 1 et dont le seul contact avec le sol se résume en une mince bande de caoutchouc ne dépassant pas la taille d’une carte de crédit, cela ne se fait pas brusquement sous peine de partir dans le décor. Ensuite, il faudra apprendre à bien négocier les différents apex et autres S pour, suivant sa machine, rentrer plus ou moins fort sur les freins et prendre plus ou moins d’angle (et ainsi ré-accélérer plus tôt).Oui, piloter une moto sur circuit est une sacrée gymnastique surtout pour les joueurs pensant qu’un deux roues se conduit comme un quatre roues (spéciale dédicace aux caisseux en scooter qui sont de véritables dangers ambulants sur la route).

Terminons avec le côté immersif de la chose en parlant des différentes vues. Et a contrario de certains de mes confrères déplorant l’injouabilité de certaines de ces dernières, je peux vous dire que les vues proposées, et spécialement les vues tableaux de bord et casques sont tout à fait jouables. Pour peu que l’on conduise un deux roues assez régulièrement, on arrive très rapidement à trouver ses repères sur la piste et à enchaîner les tours chronos après un petit temps d’acclimatation. Et là, c’est vraiment le pied et les sensations sont bien présentes ! On voit bien que Milestone n’a pas bossé tout seul dans son coin, et a demandé un gros travail de feedback à des pilotes officiant justement dans les différents championnats sur deux roues. Surtout que licence oblige, le jeu sous la tutelle de la DORNA a le droit de tout exploiter de l’univers des MotoGP que ce soit des petits films introduisant les circuits, aux tracés qui sont pour le moins fidèle à la réalité. Bosses, dévers et autres particularités seront ainsi reconnaissables et demanderont à être bien anticipés pour ne pas se retrouver le casque dans les T de fourche lors d’un freinage trop appuyé !  Bon, vous vous dites maintenant « mais nomdediou, c’est le jeu du siècle » ! Non, comme vous allez le voir.

Sympa ton jeu PS2 HD !

Commençons par le premier point qui me chagrine, le jeu paraît daté graphiquement. Que ce soit au niveau des textures ou des détails, il ne faut pas être trop regardant de près sous peine de cruelles désillusions artistiques. Le pire étant que les efforts apportés aux détails ne sont pas tous les mêmes suivant l’importance des teams pour lesquelles vous courez. Mais quoi qu’il en soit, ce n’est jamais vraiment glorieux, même pour les machines de pointe. A ce petit jeu, c’est la version PC qui s’en sort le mieux comme vous pouvez le voir dans les images de ce test, mais même en mettant les taquets graphiques au maximum, on a au mieux un joli jeu datant de 2005 !

Et je ne parle pas des versions consoles moins bien loties, la palme revenant à la PS3 frappé d’un aliasing vraiment pitoyable pour une machine capable de faire tourner les somptueux The Last of Us et autres Uncharted… Et là on est loin d’un quelconque hommage au pixel art !Côté contrôles, la PS3 est la moins bien pourvue, la faute à une manette dont les gâchettes ne permettent pas comme sur le pad de la 360, une assez grande finesse pour gérer convenablement le frein et l’accélérateur. Et autant vous prévenir tout de suite, quelle que soit votre support de prédilection, diriger une moto au pad est tout sauf évident. Il vous faudra ainsi de longues séances d’entraînement avant d’arriver à garder un angle correct en courbe, et en évitant le côté on/off du pilotage au pad quand on cherche trop brusquement, à rattraper la moto. Pour ce qui est des concurrents, c’est un peu le flou artistique. Autant ils ont un côté réaliste en bagarrant dur en peloton et en se sortant de la piste, autant assez souvent, ils vous ignorent, collés à leur trajectoire, un peu comme si vous étiez un élément extérieur au jeu et venant parasiter leur course. Et il en va de même pour le réalisme qui sera tantôt assez pointu, tantôt d’une indigence crasse en vous permettant, par exemple, de passer comme un goret sur les vibreurs mouillé sans déraper, ou de sortir dans les graviers sans être particulièrement sanctionné par une chute. Alors oui, si l’on force trop c’est direction le bitume, mais il me semble que le jeu est bien trop tolérant avec certains excès de pilotage qui devraient être normalement sanctionnés. Notez que vous pourrez toujours utiliser le mode Rewind pour revenir quelques secondes avant un crash (une belle option de lâche, nous sommes d’accord).

Revenons maintenant à la technique  avec un moteur de jeu pas vraiment au top (et je passe sous silence les bugs frappant le titre). Le jeu est ainsi assez souvent soumis à un clipping plus ou moins fort suivant votre plate-forme, et à des ralentissements totalement hallucinants quand on tente de jouer à deux sur le même écran. Que dire du multijoueur pour le moins désert et qui, quand on réussit à trouver une partie, n’est pas exempt de reproches et ayant une propension naturelle à la déconnexion sauvage. Au final, un jeu qui loupe le coche et la mouche de peu, et aurait pu devenir une petite référence à mes yeux comme l’illustre GP500 en son temps. Il est aussi regrettable que vos points d’expérience en plus de débloquer des bonus (une bonne idée), ne vous permettent pas de faire évoluer votre machine au fil de la saison en poussant par exemple, le développement d’un nouveau cadre ou de nouvelles suspensions. Pour autant, il serait dommage de passer à côté de ce titre surtout si vous êtes un minimum passionné de trucs à deux roues qui envoient du bois. Pour les autres, par contre…

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *