Test de Need for Speed : The Run

Dernier épisode en date d’une série qui remonte à  1994, Need for Speed: The Run marque un tournant dans la saga. Il n’est cette fois pas question d’un jeu de course au sens traditionnel du terme, mais d’une compétition cross-country sur fond de campagne scénarisée. Jack Rourke est un jeune homme qui entretient des relations avec des individus peu recommandables qui ne lui veulent pas que du bien. Afin d’échapper à  ses amis mafieux, il accepte de prendre part, pour le compte d’une connaissance, au Run, un rodéo sauvage reliant San Francisco à  New York. Comme motivation supplémentaire, cette amie lui promet deux millions et demi de dollars en cas de victoire. Bien entendu, gangsters, policiers, ainsi que les autres concurrents n’ont aucune intention de lui faciliter la tâche. Pour savoir pourquoi Jack a des soucis avec le fan club d’Al Capone, il faudra par contre demander aux développeurs. Ces derniers n’ont en effet pas jugé bon de creuser un peu plus leur scénario. Les épreuves se suivent sans que le jeu ne donne plus d’informations sur les personnages et leurs motivations. Les rivaux du héros et leurs intentions sont quant à  eux simplement présentés par des textes pendant des temps de chargement. Ou comment donner un petit arrière-goût de prétexte à  l’histoire…

Cruis’n USA

Des zones désertiques du Nevada, aux cols de montagne du Colorado, en passant par les rues de Chicago, le périple de Jack lui permet de voir du pays. Un des points forts majeurs du titre vient justement de ces changements répétés de paysages. Conduire à  pleine vitesse sur une route de montagne afin d’éviter une avalanche, ou encore traverser des routes de campagne pendant un orage sont des situations grisantes. De plus, les développeurs ont pensé à  agrémenter les pistes de détails qui contribuent à  l’ambiance. Croiser un véhicule accidenté sur le bord de la route, ou voir un avion décoller contribuent à  rendre l’univers plus crédible. Malgré un ensemble globalement plaisant, ce NFS n’est pas exempt de défauts visuels. Certains éléments de décor paraissent moins sophistiqués que d’autres (dans les villes par exemple), et le jeu souffre par moments de screen tearing (effet visuel de déchirement de l’écran). Du côté du son, le constat est positif. Les développeurs ont choisi de mélanger compositions inédites et morceaux licenciés pour accompagner ce road trip fulgurant, et cela fonctionne. Les musiques créées pour l’occasion accompagnent les changements d’ambiance et de situation, tandis que les titres licenciés favorisent l’immersion. Traverser les routes américaines, avec On The Road Again de Canned Heat dans les oreilles, ça le fait.

Sans maîtrise, la puissance n’est rien

Pour le joueur, en plus d’offrir une variété appréciable dans les décors, Need for Speed: The Run fait également vivre plusieurs changements climatiques et environnementaux. Logiquement, ces derniers ont un impact sur la conduite à  adopter. Pour arriver à  ses fins, Jack dispose d’un vaste choix de véhicules, aux performances et comportements différents. Les voitures exotiques seront par exemple plus adaptées aux tracés techniques, tandis que les muscle cars américaines conviendront aux vastes autoroutes américaines. Et même si tous les véhicules partagent un petit manque de réactivité, les différences entre les divers modèles restent sensibles. Tous ne se comporteront pas de la même manière sur une chaussée verglacée ou recouverte d’eau. Et comme il n’est pas possible de changer de bolide à  loisir, il faut être vigilant. En effet, seul un arrêt à  une station-service permet de passer d’un bolide à  un autre. Ce choix de design peut être problématique car son implantation dans le jeu laisse un peu à  désirer. Indiquées par un petit logo à  gauche de l’écran, les stations-service peuvent aisément être manquées dans le feu de l’action. De plus, chaque arrêt entraîne invariablement une chute de plusieurs places dans la course. Il faut donc être certain de vouloir changer de véhicule avant de décider de s’arrêter.

Rapide et furieux

Need for Speed: The Run ne diffère des autres jeux de course que par sa thématique. Le déroulement du Run est lui aussi original. La course est découpée en dix étapes qui correspondent à  des zones géographiques différentes. Chacune de ces étapes est composée de plusieurs types d’épreuves. Certaines demandent de dépasser un nombre donné de concurrents avant la ligne d’arrivée, tandis que d’autres vous mettront face à  un rival, ou encore de terminer une étape à  temps. Au cours de moments clés parfois spectaculaires, le héros se trouve également dans l’obligation d’échapper à  divers assaillants lors de courses-poursuites scriptées qui semblent sorties d’un jeu d’action. Mais ce n’est pas tout. Pour la première fois dans un jeu de la série, le joueur est amené à  diriger le héros alors qu’il se trouve à  pied, par le biais de QTE. Même si cela n’a plus grand chose à  voir avec un jeu de course, ces séquences apportent un peu d’originalité et s’intègrent convenablement dans l’ambiance du titre. Toutes ces bonnes idées mises à  part, le mode principal de Need for Speed: The Run souffre néanmoins d’un gros défaut : sa durée de vie. En difficulté normale, et sans compter les cinématiques, les temps de chargement ou les flashbacks (passages répétés après un accident majeur ou une sortie de route), le Run peut être mené à  terme en moins de trois heures par un joueur qui réussit toutes les épreuves du premier coup. Les défis (composés d’épreuves similaires à  celles rencontrées dans le Run) ainsi que les courses en ligne améliorent légèrement le constat. Mais force est de constater qu’une fois le mode histoire bouclé, le titre d’EA ne parvient pas à  captiver très longtemps.