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Test de Rage

Depuis son annonce en 2007, Rage a soufflé le chaud et le froid. Au départ, l’enthousiasme était unanimement de mise. Il faut dire qu’une nouvelle licence annoncée par les pères de Doom et de Quake fait forcément saliver. Plus tard, les premières présentations n’ont fait qu’attiser notre excitation, notamment quand le procédé MegaTextures est entrée dans la danse pour sublimer les décors et rendre le titre absolument magnifique. Mais entre 2007 et cette fin 2011, il y a également eu des moments de doute. Quand le jeu a commencé à  prendre du retard par exemple, ou bien quand Id Software a annoncé que le multijoueur se composerait uniquement de courses de bagnolesÂ… Mais en dépit de toutes ces craintes, une certitude demeurait vaille que vaille. Celle que Rage marquerait le retour du FPS old-school. Pas de scripts tape-à -l’Âœil, pas de mise en scène chiadée. Juste un paquet d’ennemis et un gros fusil à  pompe pour les dessouder.

Lieux communs

Rage débute par le réveil de son personnage. On comprend vite que l’on incarne un survivant de l’apocalypse qui ne doit son salut qu’à  une longue sieste séculaire dans un sarcophage cryogénique. Dehors, le monde est devenu un gigantesque désert sans foi ni loi dans la plus pure tradition du post-nuke mad-maxien. On retrouve d’ailleurs tous les lieux communs de cet univers, avec des mutants, des cannibales, des shows débiles se déroulant dans des arènes, des buggys bardés de mitrailleuses et des villes qui tentent par tous les moyens de conserver un semblant de civisme. Il n’y a donc rien de bien original dans le monde de Rage. Pas plus qu’il n’en a dans le scénario puisque ce dernier nous amène à  rejoindre une résistance opposée à  une milice aux relents totalitaires. Muet et amnésique (encore un !), le héros n’a pas de libre arbitre et se contente donc d’accepter les quêtes que lui soumettent les PNJ. Et comme ces derniers blablatent mollement et sans conviction, on a bien du mal à  se passionner pour l’aspect narratif du jeu. Mais bon, après tout, Id Software n’a jamais été réputé pour la qualité scénaristique de ses Âœuvres mais bien pour le dynamisme de ses fusillades. Et ce n’est pas cette tendance qui va s’inverser avec Rage.

Rage against the mutants

Deux facteurs bien spécifiques contribuent à  rendre l’expérience Rage extrêmement plaisante à  jouer. Le premier réside évidemment dans la justesse du gameplay ainsi que dans la profondeur de l’arsenal mis à  disposition. Comme toujours avec les jeux de ce studio, le personnage incarné est une pile électrique qui se déplace à  cent à  l’heure, ce qui confère beaucoup de nervosité aux affrontements. On retrouve notamment cette intensité formidable lors des combats face aux mutants qui arrivent par vagues et que l’on repousse à  grands coups de shotgun. Mais de manière générale, le feeling des armes est très convaincant, surtout parce que le gameplay parvient à  se montrer très moderne tout en ayant ce petit côté old-school si savoureux. Pour donner plus de corps aux gunfights, Rage propose aussi toute une panoplie de gadgets géniaux. On pense aux Windsticks, des boomerangs hyper efficaces (peut-être un peu trop ?), mais aussi aux Sentinelles-Araignées qui dégomment tout ce qui bougent, ou encore aux voitures kamikaze que l’on peut envoyer se faire sauter à  proximité des ennemis. Enfin, lorsqu’il s’apprête à  succomber, le héros peut faire appel à  un défibrillateur d’urgence qui fonctionne par le biais d’un QTE. Non content de nous remettre sur pieds, cette résurrection spontanée électrocute tous les ennemis à  proximité, ce qui n’est en général pas de trop.

Je vais et je (re)viens

Au-delà  du côté nerveux de sa jouabilité, l’autre gros point fort de Rage réside dans sa technique de manière générale. Tout d’abord, il est à  noter que l’Intelligence Artificielle est tout bonnement excellente. Les ennemis sont malins, ils n’hésitent pas à  se replier en cas d’urgence ou bien à  vous prendre en traître dès que l’occasion se présente. En plus, leurs animations sont très bien rendues, notamment en ce qui concerne les mutants qui courent sur les murs et multiplient les cabrioles. Ces déplacements imprévisibles donnent évidemment beaucoup de piment aux combats. Elargissons la portée de ces éloges à  l’ensemble de la réalisation du jeu. Comme prévu, les environnements extérieurs sont magnifiques, comme peints à  la main avec une minutie incroyable. Les villes principales, notamment Metro City, fourmillent également de détails tous plus bluffants les uns que les autres. Malheureusement, on sent aussi qu’Id Software a voulu rentabiliser chacun de ces décors. Ce constat saute aux yeux lorsque l’on traverse des niveaux très linéaires, quand des murs invisibles pullulent ou quand le jeu nous impose des allers-retours fastidieux. On ne parle même pas des quêtes secondaires qui se déroulent dans les niveaux déjà  visités lors de la trame principaleÂ… Bref, on a beau être sidéré par la beauté des paysages, il faut bien avouer qu’on aurait aimé un peu plus de diversité au cours de l’aventure, que ce soit en terme de décors, de lieux ou même d’ennemis.

Beaucoup et peu à  la fois

Comme vous le savez sûrement, Rage fait aussi la part belle aux bagnoles, qu’elles servent de moyen de transport pour rejoindre une zone éloignée ou bien de véhicules bardés d’armes à  l’occasion de courses où tous les coups sont permis. Si l’intérêt de cette dimension-là  du jeu n’avait jamais sauté aux yeux jusqu’à  présent, le résultat final ne fait que confirmer nos a priori. Sans être fondamentalement ennuyeuses, les phases en véhicules ne s’avèrent en effet pas fantastiques pour un sou. La conduite y est sommaire, les engins ennemis que l’on blaste ne varient pas tellement au fil du jeu tandis que les courses en elles-mêmes ne passionnent pas sur la durée. Et quand on sait que le mode multijoueur se résume à  du Combat Rally contre d’autres joueurs, on se demande ce qui est passé par la tête des développeurs. Pourquoi le studio à  l’origine de titres encore joués aujourd’hui par de nombreux fans invétérés n’a pas incorporé ne serait-ce qu’un mode deathmatch tout bête dans son jeu ? C’est en fait soit disant pour se focaliser sur la campagne solo qu’Id Software a délaissé le multi. Mais après quinze heures de jeu, temps nécessaire pour boucler l’aventure, que reste-t-il concrètement du jeu ? Des courses de voitures en ligne, quelques missions à  mener en coop (Legends of the Wasteland), et l’impression indélébile que Rage n’a pas tenu toutes ses promesses. Il lui manque ce supplément d’âme ainsi que quelques séquences vraiment épiques pour passer du statut de bon jeu à  celui de grand jeu.

Avec un pad, c’est rageant

Terminons avec quelques reproches imputables spécifiquement à  la version console (Xbox 360 en l’occurrence) à  partir de laquelle ce test a été réalisé. Tout d’abord, on sent bien que le jeu pousse la machine dans ses derniers retranchements techniques. Sans parler du fait que Rage tient sur trois DVD ou que les temps de chargement n’en finissent pas, il faut signaler que les textures mettent un temps fou à  s’afficher tout au long de l’aventure. Mais au-delà  de ces écueils évidents et compréhensibles, avouons aussi dire que Rage ne semble absolument pas fait pour être joué sur 360 et PS3. Si on a pris l’habitude de critiquer les jeux consoles qui ne sont pas adaptés au combo clavier-souris, c’est totalement l’inverse ici. Passer des bandages aux windsticks nécessite par exemple une manÂœuvre un peu lourdingue. Dans le feu de l’action et au vu de la nervosité du jeu (au niveau difficile), c’est vraiment pénible. Dans le même ordre d’idée, le changement d’arme accuse aussi un procédé fastidieux et bien moins intuitif qu’un coup de molette sur une sourisÂ… Mais le pompon est atteint avec le système de sauvegarde manuelle. Comme Rage est très avare en checkpoints (on n’en trouve qu’aux moments des changements de zone), il ne faut donc jamais hésiter à  sauvegarder sa progression. Mais ce qui ne requiert qu’une fraction de seconde sur PC prend du temps sur console puisqu’il faut mettre le jeu en pause et subir un énième temps de chargement le temps de la save. Même si ce reproche peut paraître dérisoire de prime abord, on vous assure que la progression dans le jeu devient vite harassante, surtout si un script foireux nous force à  recharger une partie que l’on a eu la flemme de sauvegarder depuis un bail. Bref, à  choisir entre une version PC du jeu et une autre destinée à  la Xbox 360 ou à  la PS3, on n’hésiterait pas une seule seconde.

En résumé !

Test de Rage

A une époque où les FPS sont ultra-calibrés et calqués les uns sur les autres, quelques studios font de la résistance en continuant de proposer une recette à  part. On pense à  Valve, à  People Can Fly. Et bien sûr, à  Id Software.
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Awful
Points Positifs :
Points Négatifs :

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