Test de Resident Evil Revelations

Ah Resident Evil. La saga horrifique nous aura certes servi des titres ratés (Resident Evil 0, Resident Evil Survivor, Resident Evil : Outbreak), Capcom ayant comme d’habitude tendance à épuiser ses licences jusqu’à  la corde, elle conserve encore aujourd’hui une aura importante – il suffit de voir l’attente suscitée par Resident Evil 6. Il faut dire que la série a offert au moins quatre chefs-d’Âœuvre. A commencer par sa trilogie originelle, véritables pierres angulaires du genre mais également relecture époustouflante de la trilogie de Roméro (La Nuit des Morts-Vivants, Zombies, Le Jour des Morts-Vivants) dans la manière dont chaque épisode répond au précédent. Encore aujourd’hui, on ne pourrait véritablement affirmer avec certitude quel épisode à  notre préférence. Le premier pour avoir posé les bases ? Le second qui en a décuplé tous les aspects ? Ou le troisième, le plus « survivalesque » de la série ? Et puis, bien sûr, il y a eu Resident Evil 4. Immense titre (malade) de Shinji Mikami. Série B hollywoodienne éblouissante, se rapprochant de l’univers de Kojima (l’enviant parfois ?) pour finalement s’orienter vers une démarche différente. Et Resident Evil : Revelations dans tout ça ? Capcom n’a cessé de crier à  un retour aux sources avec cet épisode. Qu’en est-il en réalité ?

Back to the 90’s ?

A l’exception de Resident Evil : Code Veronica (surestimé en grande partie à  cause de son histoire), les scénarios de la série n’ont jamais brillé par leur qualité. Peu importe, Resident Evil, c’est avant tout une question d’ambiance, de mise en scène. Dans Resident Evil : Revelations, le récit importe donc peu. Et même si le titre s’amuse avec quelques rebondissements, on ne portera pas une grande attention à  une intrigue finalement sans grand intérêt. Cette dernière retraçant dans les grandes lignes tous les passages obligés du genre avec, une nouvelle fois, l’épilogue où un collègue en hélicoptère vous jette le lance-roquettes qui permet de détruire le monstre final. Mais si l’aventure reste sans surprise, la narration apporte un peu de fraîcheur à  l’ensemble. Le jeu adopte ainsi un montage parallèle où l’on passe tantôt de Chris à  Jill, une partie éclairant ou anticipant parfois les évènements de l’autre. Ce n’est pas grand-chose, et bien qu’assez inoffensif, c’est loin d’être désagréable. Mais comme on le disait plus haut, c’est l’atmosphère du jeu qui importe avant tout. Sur ce point, on sent une volonté de revenir à  un lieu clos (le paquebot, notamment) et donc à  une ambiance plus claustrophobe que celle de Resident Evil 5, par exemple.

Le vaisseau de la peur ?

Coupons court à  tout suspense. Non, Resident Evil : Revelations ne fait pas peur. Au mieux, il fait sursauter. Le titre ne parvient jamais réellement à  installer un climat oppressant ou même stressant (on y croit au début et puis non..). Il n’ose pas revenir à  une économie de moyens pourtant bénéfique. Celle qui caractérisait le tout premier volet notamment, où la présence d’un seul Hunter (et même le simple fait d’entendre la créature) suffisait à  foutre au joueur une trouille bleue. Il était aussi question de mise en scène, d’angles de vue à  l’efficacité redoutable où le moindre changement de caméra était craint. Dans Resident Evil : Revelations, les monstres apparaissent généralement en nombre. Mais plus ces derniers sont nombreux, moins le titre apparaît effrayant, bien que les séquences d’action offrent de vraies montées d’adrénaline. Reprenant la caméra placée au-dessus de l’épaule instaurée par Resident Evil 4, le titre a voulu faire plaisir à  tous les fans de la série, en jouant sur les deux tableaux (survival et action). D’où le sentiment d’un titre un peu bâtard et qui se cherche, sans vraiment se trouver une réelle identité. Et ce n’est certainement pas du point de vue de la jouabilité qu’il se démarqueraÂ…

Jouabilité

Les détracteurs de la série Resident Evil n’ont généralement qu’un seul argument, la maniabilité qu’ils jugent injouable et rigide. On ne peut totalement leur donner tort mais on ne peut s’empêcher de trouver cela exagéré. Bien que rigoriste, la série reste globalement maniable. Elle a ses défauts certes mais ces derniers font aujourd’hui partis « du décor », elle est même partie intégrante de sa proposition de jeu. A l’heure actuelle, cette psycho-rigidité en deviendrait presque admirable. Et si on aimerait que la série évolue complètement sur ce point, le joueur a cessé d’y porter attention, il a appris à  faire avec ces personnages raides comme la justice, parce qu’encore une fois, l’intérêt de la série dépasse tout cela. Surtout, une fois apprivoisée, elle ne gâche en aucune manière l’expérience. Elle ne rend pas nécessairement le titre plus difficile même si on regrettera de ne pouvoir modifier sa visée dans les déplacements. L’apport du Circle Pad Pro apporte heureusement plus de confort, et pourrait définitivement faire taire ceux qui dénigrent la série. Resident Evil : Revelations n’est peut-être pas le meilleur ambassadeur de cette série, mais ses qualités techniques demeurent indéniables. Il s’impose sans mal comme le jeu le plus impressionnant sur 3DS. Il conserve une fluidité à  toute épreuve et réserve aussi une variété inattendue dans ses environnements.

Petit cru, bon jeu

Difficile pourtant de situer ce volet dans la saga. La majorité des titres de la série (même les moins réussis) ont toujours pu être caractérisés d’une manière ou d’une autre. Qu’il s’agisse d’un lieu mythique (manoir, commissariat), d’un ennemi (Nemesis, Tyrant), d’un élément de gameplay (le coop’ de Resident Evil 5) ou même de séquences mémorables (Resident Evil 4 les multiplie). Il manque sans doute à  Resident Evil : Revelations de vrais morceaux de bravoure, quelque chose qui emporte complètement le joueur et ne lui donne pas simplement l’impression d’un épisode en roue libre. Et les quelques nouveautés, comme le scanner portatif permettant de récupérer des objets cachés, ne changent pas vraiment notre façon de jouer. On se montre très critique (mais c’est la qualité des meilleurs épisodes qui nous y oblige) mais il faut bien comprendre que ce volet exclusif à  la Nintendo 3DS est, à  défaut d’être un grand Resident Evil, un très bon jeu. On prend même beaucoup de plaisir à  traverser cette aventure parce qu’il y a un véritable savoir-faire derrière, quelques bonnes idées aussi (les passages sous l’eau, vraie nouveauté) et une mécanique pas loin d’être imparable par moment, bien qu’enrayée par une carte illisible qui rend l’orientation assez pénible. Et s’il ne laissera pas un souvenir indélébile, Resident Evil : Revelations garantit une bonne dizaine d’heures de jeu franchement enthousiasmante.

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