Test de Resident Evil : The Darkside Chronicles

On connaît le talent de Capcom pour recycler ses séries ou en offrir des versions alternatives inépuisables, que ce soit avec Street Fighter ou bien Megaman. La saga Resident Evil n’échappe pas à  la règle (on ne compte plus les remakes du premier épisode notamment) et avec The Umbrella Chronicles, le développeur japonais avait déjà  revisité Resident Evil 0, Resident Evil 3 : Nemesis et Resident Evil 4 sous l’angle du rail-shooter. La recette s’avérait astucieuse puisque chaque épisode était résumé en quelques chapitres d’environ un quart d’heure chacun. En passant de dix à  deux heures, il ne restait ainsi que les meilleurs moments. On peut trouver ça flemmard mais le fait est que l’attraction proposée offrait son lot de sensations. Lors de la sortie de The Umbrella Chronicles, de nombreux joueurs regrettaient de ne pas y retrouver Resident Evil 2 et Resident Evil : Code Veronica. Capcom avait au départ décidé de les inclure mais, faute de place, y avait finalement renoncé. L’arrivée de The Darkside Chronicles était donc programmée depuis un certain temps et les développeurs ont ainsi pu écouter les critiques faites au précédent volet.

Après l’Espagne et l’Afrique, bienvenue en Amérique du Sud

Outre le fait de nous replonger dans le second volet de la série et dans Code : Veronica, The Darkside Chronicles nous entraîne aussi en Amérique du Sud, à  travers un segment totalement inédit. L’action se situe en 2002, soit deux ans avant les évènements de Resident Evil 4. On retrouve d’ailleurs Leon S. Kennedy accompagné de Jack Krauser, apparu pour la première fois dans le quatrième épisode de la saga. S’il deviendra un tenace adversaire de l’ancien membre de la police de Racoon City, on savait qu’il était avant cela le partenaire et l’ami de Leon. L’ « Opération Javier » débute alors que les deux coéquipiers sont envoyés en Amérique du Sud par le gouvernement américain pour mettre la main sur Javier Hulgo, un ancien membre d’Umbrella Corporation. Après un premier chapitre en forme de mise en bouche, qui n’est pas sans rappeler l’introduction de Resident Evil 5, le joueur se retrouve projeté quelques années en arrière, en 1998, lors des évènements qui mirent la ville de Racoon City à  feu et à  sang. De tous les épisodes de la saga, Resident Evil 2 revient souvent comme l’un des épisodes les plus marquants. Tout le monde se souvient en effet de sa première partie où la ville envahie de zombies ne laissait pas d’autres choix que de fuir. Le contraste avec le premier volet, qui distillait ses zombies au compte gouttes (à  quelques exceptions près), imposait définitivement le survival-horror de Capcom comme le penchant vidéoludique du cinéma de Romero. Ce second volet se caractérisait aussi par la visite d’un commissariat absolument prodigieuse avant de nous renvoyer dans un effrayant laboratoire appartenant à  Umbrella, devenu aujourd’hui un passage obligé de la série. Toutes ces séquences mémorables (on pourrait en citer autant dans Code : Veronica), Capcom reste parfaitement conscient de leurs potentiels et s’avoue presque incapable de les réitérer, au point de nous les faire revivre une nouvelle fois.

Un sens de la mise en scène indéniable

Comme The Darkside Chronicles peut se jouer en coopération (c’est même recommandé), on assiste à  quelques transgressions scénaristiques que l’on pardonnera bien volontiers. Claire Redfield et Leon S. Kennedy ne sont donc plus séparés comme dans le titre original. De même, Claire et Steve Burnside resteront côte à  côte tout du long de l’histoire retraçant celle de Code : Veronica. The Darkside Chronicles s’achève finalement sur l’épilogue de l’aventure de Leon et Krauser en Amérique du Sud. Un chapitre moins captivant qui montre à  quel point l’aspect nostalgique et la qualité des deux épisodes mythiques demeurent intacts. Il est par ailleurs intéressant de constater également combien le rail-shooter sied bien à  Resident Evil. Les développeurs s’amusent ainsi avec beaucoup d’intelligence à  jouer avec nos nerfs et, surtout, notre incapacité à  se déplacer comme on le souhaite. La série a d’ailleurs toujours plus ou moins reposé sur ce modèle qui consiste à  rendre le personnage incapable de se mouvoir en pleine action. Jouer à  Resident Evil, c’est faire le choix entre tirer une nouvelle balle en espérant qu’elle soit fatale au monstre qui nous fait face ou bien prendre ses jambes à  son cou pour mettre un peu de distance avec l’ennemi. Ici, le choix n’est plus proposé puisqu’on ne peut que tirer et attendre que le personnage décide de se déplacer. Et c’est bien ce qui rend ce titre si déroutant, et en même temps délicieux, cette espèce de train fantôme dont on ne sait jamais à  quel moment il va décider de se remettre en branle. Car même à  travers un shoot sur rail, les développeurs maîtrisent le hors champ comme personne. Un exemple, simple : le joueur sent derrière lui des zombies arriver dans son dos. Il les entend. Il les sent presque. Et bien qu’il ait éliminé tous les monstres qui lui faisaient face, la caméra traîne à  se retourner, jouant délibérément avec ses nerfs, retardant au maximum le moment où le joueur découvrira ce qui se cache derrière lui. Mieux rythmé, le titre sait prendre son temps pour faire monter la pression. Mieux mis en scène (même si la caméra donne parfois l’impression que le personnage est complètement ivre), The Darkside Chronicles s’impose comme un remake jubilatoire et une valeur sûre du shoot sur rail.

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