Test de Resonance of Fate sur Xbox 360

Après avoir donné naissance à deux nouveaux jeux sur Xbox 360 en collaboration avec le maître incontesté du genre, les équipes de Tri-Ace abandonnent Square-Enix pour s’allier à Sega. Le premier jeu issu de cette nouvelle alliance avec la firme au hérisson bleu est Resonance of Fate, un jeu de rôle atypique qui pourrait bien séduire ceux restés insensibles à un certain Final Fantasy XIII. Explications !

Pour tout amateur de RPG qui se respecte, le studio Tri-Ace est loin d’être inconnu. A l’origine de plusieurs jeux de rôle dont certains devenus cultes (comme la franchise Valkyrie Profile), le développeur nippon s’est d’ores et déjà illustré sur Xbox 360, en donnant naissance à deux RPG : Infinite Undiscovery et Star Ocean : The Last Hope. Si les deux titres étaient globalement sympathiques, force est de reconnaître qu’ils n’en resteront pas pour autant dans les annales du jeu de rôle. Le troisième essai du studio sur consoles haute définition sera t-il le bon ? Pour cela, Tri-Ace a quelque peu revu sa stratégie en cessant sa collaboration exclusive avec Square-Enix pour se laisser tenter par le pari Sega et sa grande notoriété dans les pays occidentaux. Le fruit de cette première collaboration est donc Resonance of Fate, un titre à première vue classique mais qui regorge de qualités. Sorti quelques jours à peine après Final Fantasy XIII, le nouveau titre de Tri-Ace n’a pourtant pas à rougir de la comparaison et pourrait bien rallier à sa cause les nombreux déçus du dernier né de Square-Enix. Voyons en détails ce qui rend l’expérience de jeu aussi exaltante !

Un univers sombre et original

Tout d’abord, ce qui rend le jeu aussi attachant est sans contestation possible son univers vraiment travaillé et original. En effet, Resonance of Fate prend place dans un monde ravagé où les humains ont été obligés de quitter la surface de la planète et se réfugier dans une immense tour afin de survivre. Cette tour, c’est Basel : un gigantesque édifice métallique constitué de nombreux étages. Bien évidemment, les plus riches et plus puissants humains ont réussi à trouver refuge dans les étages supérieurs de la tour tandis que la population tente, tant bien que mal, de survivre dans les étages inférieurs, souvent mal entretenus. Cette atmosphère post-apocalyptique est renforcée par le désordre politique qui règne dans Basel depuis la disparition du prélat Frieda. C’est donc dans le chaos politique que de nombreux monstres font peu à peu leur apparition dans les différents étages de Basel.

L’apparition de créatures terrifiantes a eu pour conséquence la création de nombreuses milices privées chargées d’éradiquer la menace ennemie. C’est ainsi que le joueur découvre dès les premières minutes l’équipe dont il aura la charge : Vashyron, leader incontesté du groupe, un redoutable combattant mais aussi un fin négociateur, légèrement arnaqueur à l’occasion, Leanne, une jeune fille qui semble cacher un lourd secret et qui tente de mettre fin à ses jours à peine le jeu débuté, et enfin Zephyr, un jeune garçon qui n’hésite pas à mettre sa vie en péril pour secourir Leanne. C’est donc dans la peau de ces trois personnages que le joueur sera amené à explorer Basel. Nos trois mercenaires profitent en effet des demandes de leurs concitoyens publiées à la guilde pour gagner leur vie. Si dans les premiers chapitres (sur les quinze qui constituent l’histoire), de nombreux services sont à accomplir pour la population, l’histoire gagnera très vite en épaisseur et en intérêt. Néanmoins, pas de panique, car si le scénario est plutôt intéressant à suivre, il n’en est pas pour autant envahissant. Les cinématiques ne viendront perturber votre progression qu’au début et en toute fin de chapitre. Pour le reste, seuls quelques dialogues avec les personnages viendront entraver votre aventure lorsque vous récupérerez les missions. Verdict TechniqueSi le point de départ de l’aventure est assurément passionnant, il ne constitue pas pour autant la principale qualité du titre. Avant de nous attarder en détail sur le système de combats, original, inédit, passionnant mais aussi complètement déroutant, déstabilisant, voire frustrant, touchons quelques mots sur la réalisation technique de ce nouveau jeu de rôle.

Final Fantasy XIII avait placé la barre très haute à ce niveau et Resonance of Fate souffre un peu de la comparaison. Néanmoins, si Tri-Ace n’affiche pas la même capacité d’exploitation de la console (sans doute faute de moyens et non de compétences), l’équipe de développement s’en sort relativement bien. L’univers du jeu est un peu particulier et pour quiconque n’est pas allergique au marron/gris, le rendu graphique est très réussi. Basel est une immense tour métallique où la végétation n’a pu trouver sa place. Ne vous attendez donc pas à traverser d’immenses champs de fleurs, votre quotidien se résumant aux quartiers mal-famés ou au contraire plutôt riches de Basel. Ce parti-pris accepté, on se rend compte que le jeu est artistiquement et techniquement très réussi. Certes, l’exploration des environnements est tout aussi linéaire que dans FFXIII (à la différence près que le jeu autorise encore l’exploration de quartiers entiers) mais force est de constater que la modélisation est vraiment réussie. De même, la gestion de la caméra étant automatiquement attribuée à la console, les développeurs ont pu choisir les meilleurs angles de vue afin de mettre en valeur le travail de modélisation et surtout le sentiment de vie qui se dégage des arrières-plans, vraiment très réussis et renforcés par l’éclairage changeant en fonction du moment de la journée. La modélisation des ennemis et personnages est dans l’ensemble de qualité, sans atteindre le degré de perfection de FFXIII. Seul le design de certains personnages nous a semblé un peu perfectible, mais tout n’est ici qu’affaire de goût !

Sur le plan musical, le titre est tout aussi réussi, la bande son ayant été confiée au spécialiste du genre Motoi Sakuraba, qui s’est illustré par le passé sur des franchises comme les sagas Tales of, Star Ocean, Mario Golf / Tennis, Valkyrie Profile, et plus récemment sur des jeux comme Eternal Sonata ou encore Infinite Undiscovery. Le CV du compositeur joue en sa faveur et la bande son fait honneur à la discographie impressionnante du bonhomme, en accompagnant à merveille chacune des situations de jeu. De même, l’on appréciera la qualité des bruitages et surtout la possibilité de pouvoir choisir entre doublages en anglais ou en japonais. Les développeurs ont décidément pensé à tout !

Enfin, en terme de longévité, le titre n’a pas à rougir non plus et propose une durée de vie dans la moyenne de tout bon RPG qui se respecte. Les quinze chapitres qui composent l’histoire peuvent se boucler rapidement mais pour ceux qui prendront le temps d’accomplir chacune des missions annexes ou encore de se frotter à l’arène ou au donjon bonus, la durée de vie dépassera allégrement la cinquantaine d’heures de jeu. Si vous souhaitez récupérer la totalité des 1000 points liés aux succès, sachez qu’il vous faudra parcourir le jeu à deux reprises et surtout terminer l’ensemble des missions secondaires, arène incluse. Bon courage pour en venir à bout donc !

Un système de combats original mais exigeant

En dépit des nombreuses qualités citées précédemment, ce qui fait la force du jeu est avant tout son système de combats. Les joutes fortement assistées de Final Fantasy XIII vous ont rapidement lassé ? Une telle situation est impensable dans Resonance of Fate, tant les affrontements auxquels vous prendrez part mettront constamment en cause vos acquis, au point de vous faire chuter devant un monstre en apparence inoffensif et pourtant déjà battu à de multiples reprises. Ne jamais s’endormir sur ses lauriers, telle semble la devise du jeu dans ce domaine. Passage à l’arène obligatoire pour apprendre les subtilités des affrontements !

Comme tout RPG nippon qui se respecte, les combats du jeu sont donc aléatoires. Dès l’écran criblé de balles, vous serez projeté dans l’arène de combats et ferez face à vos ennemis. Tant que vous resterez immobiles, vos ennemis ne feront pas le moindre mouvement. En revanche, dès que vous tenterez une action (une attaque ou un déplacement), vos adversaires feront de même. Ce système en semi-temps réel n’est donc pas pénalisant et vous laisse le temps de monter votre stratégie et réfléchir vos actions, sans que l’ennemi n’en profite pour mettre à mal vos jauges de santé.

Pour le reste, les joutes tournent autour d’une gestion un peu particulière de vos armes. Il en existe ainsi trois sortes, en plus de vos poings : les mitrailleuses, les revolvers, et les armes de jet. Chacune possède bien évidemment ses propres spécificités qu’il faudra combiner afin de faire le plus de dégâts possibles. Pour résumer, la mitrailleuse est indispensable pour affaiblir la jauge de santé de l’ennemi visé. Si le coup fait mouche, la barre devient alors bleue, symbolisant les points de blessure infligés. Ces blessures ne sont pas irréversibles et il faudra rapidement les convertir en blessure définitive en faisant usage du revolver. Les armes de jet sont un peu plus polyvalentes, puisque selon le projectile lancé, grenade ou cocktail molotov par exemple, les dégâts seront différents : certains infligeront directement des blessures définitives, et d’autres non. La clé de réussite passe donc dans votre capacité à parfaitement combiner vos attaques et surtout à trouver le point faible de votre ennemi, tous réagissant plus ou moins différemment en fonction de vos armes et projectiles.

Maintenant que les bases ont été présentées, entrons un peu plus dans le vif du sujet : pour faire usage de vos armes, il vous faudra charger votre attaque au préalable. En utilisant votre tour de jeu, vous remplirez une cible. C’est seulement lorsqu’elle est entièrement remplie que vous pourrez faire feu. En améliorant votre niveau de jeu, vous serez capable de remplir plusieurs fois à la suite votre cible dans un même tour et ce afin de faire le plus de dégâts possibles. Différentes subtilités viennent pimenter les combats comme les actions héroïques ou encore les triples attaques. Concernant les premières, elles consistent à une action spécifique où l’on ordonne à un personnage de se rendre à un point précis de l’arène de combat. Pendant qu’il traversera l’écran, on pourra en profiter pour attaquer à loisir les ennemis en multipliant les types d’attaque. Si la trajectoire de votre action héroïque vient à couper la ligne formée par vos deux camarades de jeu, vous empochez un point de résonance, indispensable pour lancer la triple attaque. Plus vous en avez, et plus l’attaque est redoutable et longue ! Néanmoins, les joutes ne sont pas aussi simples qu’elles en ont l’air, bien au contraire !

Pour pimenter les combats, les développeurs ont introduit une jauge des héros, qu’il faudra rapidement maîtriser pour espérer l’emporter. Concrètement, la jauge est composée de plusieurs cristaux : chacun d’entre eux, lorsqu’il est plein, symbolise pour vos personnages 1000 points de santé. Lorsque vos héros encaissent des points de blessure à hauteur de leur barre de santé, celui-ci ne meurt pas et les cristaux sont alors mis à contribution pour remplir de nouveau vos jauges de vie, jusqu’à épuisement de vos cristaux et mort définitive. Différentes actions des personnages permettent de remplir à nouveau vos cristaux, mais d’autres aussi épuisent au contraire votre stock, notamment les actions héroïques. Attention donc à utiliser intelligemment votre jauge des héros pour ne pas vous mettre tout seul dans de beaux draps ! Dernière originalité du système de combats : en cas d’échec, diverses options s’offrent à vous, comme recharger la partie ou au contraire recommencer le combat. Pour cela, il vous faudra sortir vos pièces d’argent, chaque nouvel essai ayant un coût !

Système d’évolution et carte du monde

Les récompenses faisant suite à vos divers affrontements sont multiples : armes ou objets à démanteler pour en créer d’autres, souvent plus puissants, et bien évidemment points d’expérience. Cependant, comme cela semble désormais entrer dans les mœurs, l’expérience n’est plus symbolisée à l’écran et ne se traduit pas par l’évolution de vos personnages et de leurs caractéristiques physiques. Ici, ce sont les armes qui évoluent : affinités à la mitrailleuse, au revolver ou aux armes de jet, chaque domaine évoluera en fonction de l’utilisation des différents types d’armes. A mesure que vos niveaux progresseront, de nouvelles compétences viendront pimenter vos capacités. Enfin, vous pourrez sommairement équiper vos héros de quelques accessoires, histoire de les rendre plus résistants à certains ennemis.

Enfin, la dernière originalité de Resonance of Fate tient dans sa gestion plus qu’originale de la carte du monde. Explorer les différents étages de Basel n’est pas une tâche de tout repos et requiert là aussi quelques explications. En effet, la carte est composée de centaines de cellules, qu’il faut préalablement activé pour que l’on puisse les traverser. Différentes formes et couleurs s’offrent à vous, hiérarchisant votre progression en fonction des besoins du scénario. De même, activer les cellules vous permet souvent de récupérer divers objets, comme des munitions pour vos armes ou plus avantageux, des fragments de cristaux, idéaux pour augmenter la capacité de votre jauge des héros. Les terminaux quant à eux, offrent divers avantages aux zones reliées à eux. Si vous reliez suffisamment de cellules de couleur à un terminal et une zone de combat, chaque affrontement vous fera profiter d’avantages non négligeables, comme par exemple des dégâts liés au feu doublés, dans une zone glacée. Un tel avantage peut rapidement faire pencher la balance en votre faveur !

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