Test de Solatorobo : Red the Hunter sur Nintendo DS

Il y a des jeux qui font partie de la catégorie « Que l’on attendait plus ». Je pense bien sur à un certain Duke Nukem Forever ou encore a Parasite Eve The 3rd Birthday qui, bien qu’étant très mauvais, ont longtemps suscité l’intérêt des joueurs (vite refroidis après quelques minutes de jeux). Mais n’oublions pas qu’il existe aussi de petites perles parmi ces « revenants » du jeu vidéo (Donkey Kong Returns, Kirby) aussi ne lançons pas la pierre trop vite à Solatorobo : Red the Hunter et prenons le temps de lui laisser sa chance.

Comme Chien et Chat

Parmi vous, peu se rappellerons de Tail Concerto, et pour cause, voila plus de douze ans que ce jeu de Bandai est sorti sur PsOne. Ce jeu vous mettait dans la peau d’un officier de police répondant au nom de Waffle. Jusqu’ici rien de surprenant si ce n’est que cet officier est un « homme chien » pilotant un robot genre « mécha » japonais et qu’il parcourait à bord de son vaisseau le délicieux royaume de Prairie, ensemble d’iles flottantes aux dessus d’une Mer de Nuages (façon Baten Kaitos pour ne citer que lui). Vous étiez à la poursuite du mystérieux gang des Chats Noirs et deviez régulièrement « attraper » les chatons voleurs et combattre les robots géants adverses.
Alors qu’il ne s’agit que d’un jeu « parmi tant d’autre », Tail Concerto avait tout de même marqué les esprits des personnes s’y étant essayé de part ses musiques enchanteresses, son univers colorés, ses personnages « manga » charismatiques et les nombreux dialogues souvent chargés d’humour.
A quoi bon vous raconter tout ça ? Et bien il se trouve que Solatorobo, même si il n’en partage pas le nom, se trouve être la suite directe de Tail Concerto et en reprend justement les mêmes ingrédients !

Chien errant

Red est un mercenaire Caninu (Culture Générale : ce terme est une contraction amusante de « Canin » et du japonais « Inu » qui signifie « Chien »), un « chasseur » pour être exact. Toujours accompagné par radio de sa soeur Chocolat, il s’en va aujourd’hui pour une nouvelle mission à bord de son robot, le Dahak. S’introduire dans un vaisseau pour y « emprunter » un certain document, rien de plus facile pour notre héros canin. Les choses se compliquent un peu quand il découvre un mystérieux pendentif qu’il décide lui aussi de garder en souvenir. Mais le vaisseau est alors attaqué par une gigantesque créature noire. En s’enfuyant, Red découvre un enfant Félineko évanouit (Félin / « Neko » du japonais « Chat »). Hors de question de l’abandonner à son funeste sort.
Sain et sauf, Red et Chocolat assistent au réveil d’Elh, la Félineko qui lui promet un trésor inestimable en l’échange d’un petit travail : sauver le monde.
Scénario simple et efficace au premier abord, cela va sans dire, mais qui se révèlera bien plus prenant que vous ne l’imaginez tant celui ci est bien mené. L’histoire vous amènera à pas mal voyager et à combattre les méchants soldats d’Elite du Kurvaz et leur chef mégalomane aux intentions malveillantes… Mais qu’est ce que tout cela cache véritablement….?

Cabot Robot

Brièvement, parlons du gameplay. La plupart du temps, vous évoluez à dos de robot à la manière d’un jeu de plate forme traditionnel dans des univers mélangeant (parfois somptueusement) 2D et 3D. La camera est fixe ou automatique donc elle ne représentera pas une gêne (hormis lors d’une certaine phase de vol). Vous pouvez sauter, dasher et surtout attraper/soulever et lancer des objets. Ces mouvements vous permettront de résoudre des enigmes mais aussi de combattre vos ennemis en les chopant et en les fracassants au sol ou mieux, en retournant leur tirs contre eux (ce que l’on trouve également dans le mythique Klonoa ou encore Mischeaf Makers (N64)). Les combats sont d’ailleurs un défauts du jeu et on regrette un peu de ne plus avoir le « canon à bulles » de Tail Concerto qui permettait d’immobiliser les ennemis à distance voir même de « gratter » les boss. Cela étant dit sachez qu’un système d’expérience et de niveaux fait son apparition.
En rendant visite aux vendeurs appropriés vous pourrez par ailleurs améliorer les fonctionnalités de votre machine en y « insérant » des pièces « Attaque », « Puissance », « Défense » et « Vitesse » qui amélioreront la dite caractéristique. Chaque pièce prend un certain nombre de cases parmi celles disponibles et vous devrez essayer d’exploiter au mieux les formes de vos pièces afin de profiter au maximum de votre maigre « place ». Le nombre de case pourra tout de fois être augmenté à  l’aide de Cristaux-P qui vous servent à élargir la zone disponible.
Nouveauté depuis Tail Concerto : la possibilité de descendre du robot à tout instant afin d’emprunter une échelle, activer un interrupteur ou encore parcourir une étendu d’eau. Attention cependant, impossible de combattre à pied. La seule arme disponible est votre espèce de Gunblade qui n’est en fait qu’un « tazer » paralysant un instant les ennemis. Dommage. L’alternance à pied / en robot se fait avec beaucoup de simplicité et enrichit malgré tout le gameplay.

Une Vie de Chien

Le jeu se découpe en chapitres. Votre vaisseau fait officice de quartier général et Red y réside en compagnie de Chocolat et Elh. A partir d’ici vous pourrez consultez vos « archives », sauvegarder et surtout partir à l’aventure en choisissant dans une liste votre prochaine destination (souvenez vous que le monde de Solatorobo est constitué d’iles flottantes). Chose bien pratique, on vous signal d’emblée où vous devez vous rendre afin de faire avancer l’histoire (façon Final Fantasy X-2) MAIS libre à vous de retourner visiter les anciennes régions afin d’aller y consulter le bureau de Quêtes. Parlez simplement a Flo au guichet (il y en a un dans chaque ville) et choisissez votre petit boulot. C’est le meilleur moyen de se faire des Rigs (la monnaie du jeu) et les objectifs sont relativement variés : chasse aux chatons chapardeurs, protection de cargaison, combats en arène, etc. Les missions vous donnent aussi des points qui améliore votre niveau de chasseur et vous permettent d’accepter des quêtes jusqu’ici inaccessibles. Certaines sont même téléchargeable par Wi-fi.
Et c’est là  où j’aimerai en venir à un point très positif du soft : il est bourré de « jeux dans le jeu ». Comprenez par là  que outre les traditionnels phases de recherche et de combat, vous aurez droit à tout un tas de mission annexes qui ne sont d’ailleurs pas toutes si optionnelles que ça. On est très loin des quêtes bêtes et méchantes des MMORPG que l’on ne lit même pas et qui consiste à assassiner un troupeau de sangliers innocents. Non ici chaque quêtes à quelque choses à offrir et bien souvent, l’argent obtenu sera le dernier de vos soucis. Certaines quêtes proposent un tout nouveau gameplay représenté par le changement de couleur de votre mécha. L’orange/rouge correspond à son mode standard, le jaune vous permet de léviter et même de voler tandis que la bleu est muni d’un harpon pour pêcher. Ajoutez à cela un mode qui aurait put à  lui tout seul constituer un jeu vidéo : le mode course de vaisseaux qui n’est pas sans rappeler Mario Kart et je dirais même plus Diddy Kong Racing (N64) qui lui offrait la possibilité de piloter des avions justement. Soulignons aussi que le mode course est jouable jusqu’à  4 en multi-cartouche via le menu principale.
Je ne saurais que trop vous conseiller de faire l’intégralité des quêtes tant celles ci sont simples, variées et amusantes. Elles sont souvent un prétexte à l’apparition de tel ou tel personnage secondaire et donnent lui à des dialogues bourré d’humour léger qui nous rappelle ces bonnes vieilles années 90’s. Pas mal de surprises attendent d’ailleurs les joueurs ayant jouer à Tail Concerto.

Une Traduction au Poil

Un thême relativement peu abordé mais qui va nous permettre d’introduire un second thême : la francophilie. Aussi étonnant qu cela puisse paraitre, il faut savoir que nous français, avions eu droit a une traduction BIEN supérieure à la version américaine de Tail Concerto : bonne retranscription de l’humour et surtout, voix japonaises originales sous-titrés alors que nos amis les Américains devait se coltiner un doublage foncièrement mauvais dans leur langue maternelle.
Et bien sachez que là encore, NOUS, français, sommes les personnes les mieux placées pour apprécier Solatorobo : Red the Hunter. Dans ce jeu la francophilie est omniprésente que ce soit dans les nom des personnages tels que Chocolat, Biscuit, Opéra, Merveille (vous avez déjà  essayé La Pucelle Tactics ? C’est un peu pareil), les écriteaux qui ont été traduit en français (« Quêtes« , « Orphelinat Fraisier » etc) et surtout dans les voix des personnages. Il ne s’agit que de petits mots ou bout de phrases que les personnages prononce en début de répliques mais ce qui est amusant, c’est que le doublage est bel est bien en français mais fait par des japonais (vous avez même le nom des doubleurs dans le manuel du jeu ce qui renforce l’aspect manga du titre). Tandis que 90% des joueurs de la planète ne saisiront jamais le sens de ces mots, vous en revanche comprendrez parfaitement les nombreux « Nom d’un Chien ! », « Sapristi » ou encore « On y va !! » que lancent régulièrement les protagonistes et vous délecterez de l’accent trop japonais de certains personnages secondaires.
Les traducteurs français semblent d’ailleurs avoir mis l’accent sur cette francophilie en saupoudrant les dialogues d’un bon nombre d’expressions idiomatiques qui rendent les personnages encore plus crédible et vivant. Cela allié à l’humour général du jeu et vous obtenez des dialogues efficaces, drôles et adaptés à tous.

Un Jeu qui a du Chien

Inutile d’avoir jouer à Tail Concerto pour apprécier ce jeu. Solatorobo : Red the Hunter possède tous les ingrédients susceptibles de plaire à tous et surtout au plus jeunes. Même sans parler des quêtes téléchargeables, le jeu, quand il n’est pas fait en ligne droite, possède une durée de vie bien supèrieure à celle de son ainé. Pour récapitulé, dites vous qu’il vous faudra entre autre : atteindre le niveau maximal d’expérience et de chasseur, collecter tous les Cristaux-P cacher un peu partout, améliorer votre engin à la perfection avec les meilleurs pièces, débloquer tous les vaisseaux pour le mode course, acheter à l’aide de points spéciaux le meilleur harpon pour devenir le roi de la pêche, trouver tous les points musicaux afin de débloquer l’OST complète du jeu, acheter l’ensemble des séquences cinématiques pour pouvoir vous les revisionner, trouver tous les chatons pour récupérer les photographies volées ou encore remplir un certain nombre d' »Achievement » pour déverrouiller….mais j’en ai déjà trop dit. Le mieux est encore pour vous d’y jouer. Si vous n’êtes pas allergique à son univers manga, vous pouvez acheter Solatorobo les yeux fermés.