Test de Sonic Colours sur Nintendo Wii

Cela fait déjà pas mal de temps que ce bon vieux Sonic roule sa bosse (ou plutôt ses pics) sur les consoles Nintendo. Depuis la fin de la Dreamcast, Sega s’est décidé à laisser sa mascotte courir au cotés de son éternel rival : Mario. Que se soit sur Gamecube, sur Game Boy Advance, et surtout sur DS et Wii, Sonic se montre plus souvent qu’à son tour.

Malheureusement cette surabondance de titre estampillés Sonic n’a fait que nuire à la réputation de Sega. On ne retient plus les premiers épisodes de la Mega Drive, ou même les fabuleux Sonic Adventures, mais on se souvient en revanche de jeux injouables ou dénaturant totalement le principe du hérisson bleu. Sonic Rider, Sonic Unleashed, Sonic et le Chevalier Noir, autant de titres qu’on aimerait pouvoir bannir de sa mémoire après les avoir essayé.

Et voilà qu’arrive Sonic Colours sur Wii et DS. Comme elle sont totalement différentes, nous allons nous concentrer sur la version Wii. Celle que l’on attend avec crainte et espoir, saura-t-elle nous redonner foi en Sega ?

J’ai failli attendre…

L’histoire de Sonic Colours nous plonge dans l’espace, mais en fait on s’en fiche un peu. A vrai dire l’un des gros points faibles des Sonic en 3D était justement l’histoire. Ou plutôt les immenses cinématiques niaises à souhait, impliquant Sonic et d’autres créatures inconnues que le joueur n’avait finalement pas vraiment envie de connaître. N’oublions pas de préciser que dans la plupart de ces jeux, non seulement les scènes sont insipides, mais qu’on ne peut pas les passer. Il en est de même pour le tutorial.

Par rapport à ce schéma typique de Sega ces derniers temps, horripilant à souhaits, Sonic Colours s’en sort avec les honneurs. Non seulement les premières cinématiques du jeu n’arrivent qu’au début du troisième niveau, mais en plus le jeu commence par une phase de gameplay sans passer par la case tutorial. Vous pouvez simplement activer un guide de jeu, qui vous indique à certains moment les touches à presser pour faire un boost, une attaque sautée, ou une glissade par exemple. Si vous activez le guide, des petites bornes en forme de point d’interrogations apparaitront sur les cotés de votre chemin. Vous pourrez ainsi choisir de les lire, ou foncer tête baisser sans qu’on vous arrête. On pourrait décemment attribuer aux développeurs un rang S pour avoir eut cette brillante idée. De fait le jeu est calibré pour les gamers qui savent ce qu’ils font et qui n’ont pas besoin qu’on vienne leur apprendre à courir et sauter.

Sonic… téléphone… maison…

Il faut quand même s’attarder un minimum sur l’histoire, car il y en a une tout de même. Avec des scènes en 3D magnifiquement modélisées, comme nous en avons l’habitude avec Sega. Il faut dire que, même si quelques fois leur jeux ont un arrière-goût de pas fini, la qualité de leurs scènes cinématiques n’est pas à débattre. Là où le bât blesse, c’est lorsque le joueur doit se taper 2 heures de parlotte inutile pour 10 minutes de jeu.

Dans Sonic Colours ce n’est pas le cas ! Tout d’abord parce qu’on peut passer les cinématiques, tout simplement, et aussi parce que le nombre de personnages est restreint. Nous avons Sonic et Tails pour les gentils, Robotnik (Eggman) et ses deux robots pour les méchants, et au milieu une colonie d’extra-terrestres qui possèdent des pouvoirs immenses, mais qui n’ont rien demander à personne. Robotnik est en train de créer un parc d’attraction géant dans l’espace, et se sert de ses extra-terrestres comme d’une source d’énergie. Evidemment ce n’est pas du goût de nos deux héros, qui vont mettre des bâtons dans les roues du gros bonhomme moustachue.

On ressent bien la volonté des développeurs de ne pas développer l’histoire. D’ailleurs Sonic n’arrête pas de plaisanter sur le fait que cela se passe toujours pareil : Robotnik fait des choses vilaines, le héros arrive et se bat contre des boss de plus en plus fort, et gagne à la fin. Il agit exactement comme s’il savait qu’il était le personnage principal d’un jeu vidéo et que de toute façon il allait gagner à la fin, d’ailleurs il ne se gêne pas pour parler directement au joueur en lui faisant des clins d’œil amusés. Après les délires sur Sonic à la Table Ronde, ou sur son combat contre Shadow, Silver et les autres, c’est un changement radical d’ambiance par rapport au tournant qu’avait prit la série. D’ailleurs vous n’aurez droit qu’à Sonic en tant que personnage jouable, comme lors du tout premier épisode.

I’m firing my lazer !

Avec son histoire épurée, Sonic Colours laisse le champs libre au gameplay. Ce dernier peut au début paraître complexe mais on finit par l’apprivoiser. La chose la plus surprenante, c’est qu’on alterne entre phase de course en 3D et plate-forme classique en 2D. Certains diront que cela brise la sensation de vitesse, toujours importante dans le jeu, mais ce n’est pas un mal. On passe ainsi d’un parcours à 100 à l’heure et linéaire (avec sur la fin de sacrés pièges à éviter à la dernière seconde) à un décor en 2D parfois immense et rempli de secrets et de chemins cachés.

On retrouve à peu près tout ce que la série a fait de mieux : les rings, le homing attack (attaque sautée ciblée sur un ennemi ou un objet), les dérapages dans les tournants et autres pas de coté de Sonic Unleashed… Bref, Sonic dispose d’un panel de mouvements vraiment riches, qui permet de pousser l’expérience de jeu vraiment très loin.

Il faut dire que la grandes nouveauté de Sonic Colours se trouve dans les Whisps, ces petits extraterrestres multicolores. Chacun d’entre eux donne un pouvoir qui permet de découvrir de nouveaux passages secret. Le Laser cyan propulse Sonic à la vitesse de la lumière, le Cube bleu permet de transformer certains rings spéciaux en cubes, et ainsi de suite. Tous ces pouvoirs se trouvent dans les niveaux et ne s’utilisent qu’une seule fois, hormis le pouvoir de Dash, représenter par une barre d’énergie qui se vide au fur et à mesure que vous pressez le bouton d’accélération, et qui se rempli en prenant des Whisps blancs. Il faudra parcourir les différentes zones du jeu pour libérer tous les Whisps, ainsi vous ne serez pas en mesure de terminer les niveaux à 100 % tant que vous ne serez pas arrivez vers la fin.

Super Sonic Galaxy

Il y a quelque chose d’assez frappant entre Mario et Sonic. A l’époque où ces jeux on été créé, ils se sont tout de suite retrouvé frères ennemis. Le plombier moustachu de Nintendo et le hérisson bleu de Sega jouait en effet dans la même cours : la plate-forme, mais pas vraiment dans la même catégorie. Alors que Mario proposait déjà un gameplay réduit à son strict minimum ainsi que des raccourcis pour aider les joueurs moins doués à finir le jeu, Sonic lui imposait un style plus « cool », et plus typé « hardcore gamer ». Le gameplay était nerveux, le jeu presque impossible à finir tant la difficulté était élevée, et il y avait le principe des 7 émeraudes du chaos, qui était à la fois très bien cachées dans chaque niveau, et qui demandait chacune de réussir un mini-jeu très tordu pour l’obtenir. Une fois les 7 émeraudes en main, le joueur pouvait déclencher le mode « Super Sonic » et devenait invincible. Voilà pourquoi Mario a tout de suite plut à un public large, et que Sonic s’est forgé une solide réputation auprès des gamers.

Cette comparaison tient encore totalement la route si l’on prend Mario Galaxy et Sonic Colours. Alors que le nouveau Mario 3D propose un gameplay unique et plutôt assisté, ce dernier opus de Sonic oblige le joueur à se débrouiller tout seul. Il peut choisir son mode de contrôle (manette GC, classique ou Wiimote/Nunchuk), mais il devra surtout apprendre le comportement du personnage et des objets avec lequel il interagit pour pour voir avancer. Le vieux slogan « Sega, c’est plus fort que toi » n’a jamais été aussi vrai.

Du pain béni pour les gamers

En conclusion, Sonic Colours réussit parfaitement là où bon nombre de Sonic 3D ont échoué. On peut même parler d’un Sonic en 2D remis au goût du jour, et ce pour plusieurs raisons. D’une part les phases 3D ne servent qu’à procurer un sentiment de vitesse effrénée et laisse la part belle à la 2D, mais de plus cet épisode renoue avec un élément que l’on ne trouve que dans les anciens Sonic

Attention ceci est un léger spoil : Les émeraudes du chaos ne sont pas présentes dans le scénario, comme par exemple dans Sonic Adventure. Elles devront être débloqué en récoltant 5 médailles spéciales cachées dans chaque niveau, qui débloqueront à leur tour un mode « défi », 15 niveaux bonus (étrangement jouables à 2 en coop) qui permettent de récupérer les fameuses pierres précieuses. Une fois toutes les émeraudes en main, vous pourrez jouer dans les niveaux normaux (hormis les boss) avec Super Sonic. Le simple fait que Super Sonic n’apparaissent pas en tant que transformation finale mais en tant que pouvoir caché renvoi directement aux origines de la série, et ravira sûrement plus d’un fan. En contre-partie cela rend le jeu plutôt difficile à compléter. Il ne faut que 5-6 heures pour rencontrer le boss de fin, mais la recherche des médailles et le mode défi risque bien de doubler voire tripler cette durée de vie pour le joueur pointilleux. Il faut en plus ajouter à cela un mode spécial dans lequel vous enchainer tous les niveaux du jeu à la suite. Voilà encore un détail qui fait écho à l’époque bénie de la MegaDrive.