Test de The Legend of Zelda : Majora’s Mask 3D sur Nintendo 3DS

Que ce soit les anciens joueurs à la recherche d’une valeur sure ou les nouveaux, Zelda : Majora’s Mask sur 3DS était très attendu. Faisant suite au remake de Zelda : Ocarina of Time, c’est notamment l’occasion pour Nintendo d’introduire leur nouvelle console, la new 3DS. Une bien belle oportunité d’incarner Link encore une fois, pour une de ses aventures les plus stressantes et funestes.

Ce n’est qu’une question de temps

On pourrait croire qu’il a fait son temps, Mais avec ce remake il est dans l’air du temps. Ce jeu est parfait pour tuer le temps, encore faut-il prendre son temps. Attention cependant, le temps presse. Vous l’avez sans doute compris, l’essentiel dans ce jeu est de savoir manipuler les masques le temps.
Cet opus est chronologiquement après Ocarina of Time. Vous incarnez Link enfant, qui possède désormais l’Ocarina du Temps, un cadeau offert par la princesse Zelda. Le héros, accompagné de sa fidèle jument Epona, divague dans une forêt. Il fait alors une étrange rencontre. Un garçon avec un masque oppressant et accompagné de deux fées dérobe son destrier et son ocarina, pour enfin le transformer en une plante bizarre, une peste Mojo. Pas question de se laisser faire, Link récupère son Ocarina et revient dans le temps avant que ce garçon, Skull Kid, ne détruise tout en attirant la lune. Vous voilà enfermé dans une boucle de 72h, où vous devez empêcher ce désastre. Manipuler le temps est-il suffisant pour neutraliser le mal qui plane sur Termina ?

Faire tomber le masque

Majora’s Mask n’en est pas à sa première version. D’abord sorti sur Nintendo 64 il y a 15 ans, des versions existent sur Gamecube (2003) et Wii (2009). Pour la première fois, c’est sur un support portable que les développeurs Nintendo et Grezzo proposent l’aventure. Entièrement refait graphiquement, c’est un pur travail visuel qui permet de réconcilier les plus récalcitrants aux jeux rétros. Loin des polygones visibles à l’oeil nu de l’époque, on profite maintenant d’une vraie modélisation, le tout en profitant de la 3D de la console pour encore plus d’effet. Et c’est sans compter sur la gyroscope pour observer les environs ou pour viser, ce qui permet une immersion bien plus grande à la première personne. De plus, la caméra est grandement améliorée, notamment car elle est manipulable à l’aide du second stick de la new 3DS, ou du pad circulaire, l’accessoire 3DS. Concernant le second stick, il est assez déroutant au début. À mi-chemin entre un bouton est un joystick, il faut effectuer une pression dans la direction que l’on souhaite, ce qui est assez dur à prendre en main. Il faudra s’y faire, c’est un nouveau concept qui est plutôt ergonomique et assez fascinant technologiquement.

Dark Link

Votre boucle temporelle débute dans le village juste en dessous de la lune souriante en pleine chute. À l’aide de masques qui vous dotent de pouvoirs, vous devez devenir plus fort et trouver un moyen d’affronter le mal créé par le masque Majora. Vous devrez répéter les trois jours (qui durent en vérité une heure et quelques), dans une aventure sinistre qui vous oblige à visiter les quatre coins de Termina. Comme toujours, ce Zelda propose des donjons bien différents avec leur lot d’équipements rares, de quarts de cœur et d’énigmes. Mais ce qui est intéressant dans cet épisode, c’est surtout la gestion du temps et l’interaction des PNJ et du décor avec celui-ci. Par exemple, vous ne pourrez visiter une boutique que le soir, et vous ne verrez les jongleurs dans la rue que pendant l’après-midi. Heureusement lorsqu’on remonte dans le temps, les objets principaux sont préservés et l’aventure bien qu’oppressante, permet d’apporter à l’épisode une ambiance unique. La facilité pour jouer avec le temps permet d’être assez souple et libre de ses mouvements, même si ce n’est pas la première impression donnée.
Pas de nouvelles musiques pour ce remake, mais ce n’est vraiment pas étonnant : pourquoi enlever des musiques aussi réussies, au point d’en devenir cultes. Faites un tour sur Youtube et écoutez “Song of Healing”, “Stone Tower Temple”, ou encore “Oath to Order”. Vous me remercierez plus tard !
Maintenant que vous êtes ambiancé, sachez que vous pourrez profiter un maximum du jeu puisqu’il existe de nombreuses quêtes annexes, afin d’obtenir tous les masques, qui sont au nombre de 24. Le challenge pour finir le jeu à 100% est très compliqué, et augmente considérablement la durée de vie. Il faut prendre en compte l’heure, et souvent il faut se dépêcher de faire un enchaînement d’événements avant d’être contraint de remonter dans le temps.

Au bal masqué

Le gameplay est absolument fantastique. En effet, vous aurez durant la quête trois masques principaux, qui proposent une transformation différente. Chaque forme que vous obtenez possède sa propre jouabilité, son propre instrument de musique, et bien sur sa propre apparence. Ainsi vous pouvez choisir entre la peste Mojo, le Goron, ou le Zora. La peste Mojo permet de tirer des bulles, ou encore de se cacher dans une fleur pour y prendre une impulsion et s’envoler. Le Goron quant à lui, est très fort physiquement. Il peut faire une sorte d’attaque rodéo à la Mario, ou encore rouler à toute vitesse en se mettant en boule comme Samus. Enfin, le Zora est plus à l’aise dans l’eau, et pourra nager à toute vitesse. Il peut également envoyer ses nageoires comme un boomerang. Sous cette forme, Nintendo a fait une modification regrettable, puisque maintenant pour nager de manière rapide vous consommez de la magie. Néanmoins, le jeu est un plaisir d’utilisation et la diversité des techniques permet de ne pas se lasser. Des mini-jeux sont présents pour agrémenter l’ensemble, tels que la course de Goron, la pêche, la course de chevaux, et bien d’autres petits modes amusants.
Pour viser au tir à l’arc ou encore pour les blasto-bulles sous forme Mojo, il faudra bouger sa console en utilisant la gyroscope, ce qui offre un nouveau gameplay qui profite au mieux des possibilités de la console portable. Très proche d’Ocarina of Time, on retrouve les mêmes équipements, mais aussi les mêmes PNJ ! En effet, un boss dans un opus devient un guide touristique dans l’autre, etc…

La nuit des temps

Qui dit DS (Dual Screen), dit écran tactile ! Le menu a donc était entièrement repensé pour l’occasion, et on peut dire qu’il est particulièrement agréable et intuitif. Des raccourcis sont à dispositions pour les objets, on peut voir en permanence sa bourse de rubis, et la carte est évidemment visible en plein centre, détaillée et sur laquelle on peut zoomer d’une simple pression du stylet. Tout est très pratique à prendre en main, ce qui est bien utile quand le temps presse ! Le journal des Bombers, accessible via le bouton Start, permet d’observer l’emploi du temps des PNJ du village afin de faire aux mieux les diverses quêtes annexes. Une nouvelle fonction a d’ailleurs été pensée pour l’occasion, le rappel, qui permet de ne pas oublier les événements importants qui peuvent arriver durant les 72h.
Le travail sur ce remake n’est vraiment pas bâclé, car tout est fait pour rendre le jeu bien plus agréable. Des points de sauvegardes sont présents un peu partout, la banque pour stocker ses rubis est mieux placée (en plein milieu de la place), et les statues hiboux fonctionnent sous n’importe quelle forme. Aussi, on peut choisir l’heure précise lorsqu’on avance dans le temps, ce qui est bien plus fluide. L’affichage du cadran solaire est également modifié pour prendre moins de place.
Toujours dans le but de toucher un public débutant, on retrouve la pierre Sheikah qui aide le joueur en cas de besoin. Elle était introduite dans Zelda : Ocarina of Time 3D également.

Une quête intemporelle

Finalement, on peut dire qu’il s’agissait d’un remake nécessaire, puisque le jeu reprend vraiment des couleurs. Sorti en même temps que la new 3DS, c’est un must-have qui permet de tester l’utilisation du second stick. Pas de grande surprise sinon, c’est un remake sans prétention. On regrettera par exemple le manque d’un peu plus de contenu interne, par exemple pour la plaine Termina qui fait un peu vide, et pas de quête ou donjon bonus contrairement à ce qu’on a pu voir avec le remake de Pokemon Rubis Omega / Saphir Alpha. Sans les contraintes de l’époque il y avait surement moyen de remplir un peu tout ça. Néanmoins, on est vraiment pas déçu et Nintendo a répondu brillamment à l’appel des joueurs.
Les plus fans d’entre-vous ont d’ailleurs de quoi se faire plaisir ! Tout d’abord avec la new 3DS XL spécial Zelda Majora’s Mask, couleur or. Ensuite avec la version collector du jeu, qui comporte une boîte en métal (steelbook), un pin’s Majora, et un poster double-face. Et pour finir pour les plus pauvres et modestes, un thème du menu Home à 1€99, avec la musique “Song of Healing” en fond.
La new 3DS va semble-t-il proposer des jeux exclusifs, ce qui est beaucoup critiqué. Pour l’instant ce n’est pas le cas avec Majora’s Mask, qui fonctionne aussi sur 3DS. Cependant rien n’est sur pour la suite, et nous ne sommes pas à l’abri d’un futur Zelda exclusif new 3DS ! Une chose est sur, le nouveau Zelda open-world sur Wii U arrive à grands pas, alors surveillez les “Nintendo Direct” !