Test de The Legend of Zelda : Ocarina of Time 3D

Vignette-Zelda-Ocarina-3D

A quoi reconnaît-on un grand jeu ? Pour son côté intemporel ? Pour l’inspiration qu’il a su susciter ? Il suffit de (re)jouer à  Ocarina of Time aujourd’hui pour trouver les réponses à  cette question, à  la faveur de ce remake en relief (mais pas seulement) destiné à  la Nintendo 3DS. En portant l’un de ses plus historiques épisodes sur sa nouvelle portable, le titre retrouve judicieusement une seconde jeunesse (en même temps qu’il devrait apporter un vrai souffle à  la machine). Nintendo ne s’est par ailleurs pas contenté d’une simple adaptation puisque l’ensemble du jeu a subi un lifting très réussi, rendant les environnements et les personnages beaucoup plus fins. Pour le dire autrement, The Legend of Zelda : Ocarina of Time 3D apparaît à  ce jour comme le plus beau titre de la 3DS. Et c’est aussi celui qui offre la meilleure utilisation du relief, pour la simple et bonne raison que ce dernier ne se subit pas. On aurait presque envie de dire qu’il ne se « voit » pas, dans le sens où l’effet demande beaucoup moins d’efforts que sur d’autres titres (aucun mal de crâne recensé), qu’il se montre presque naturel à  l’Âœil, offrant ainsi une très belle profondeur de champ (spécialement sur les plans où la caméra reste fixe).

    

Quoi de neuf ?

Au-delà  de sa refonte graphique et de son relief, Ocarina of Time 3D apporte avec lui quelques autres satisfactions. On trouve d’abord la Master Quest, à  laquelle on pouvait déjà  s’essayer dans la version collector de The Legend of Zelda : The Wind Waker. Accessible une fois le jeu terminé, ce mode permet de revivre l’aventure dans un Hyrule chamboulé, spécialement dans ses donjons, de telle sorte que les objets et les ennemis ne sont plus disposés aux mêmes endroits. Les énigmes devront également être abordées d’une autre manière tandis que la difficulté aura été revue à  la hausse. Une bonne façon de replonger dans le jeu sans avoir l’impression de refaire deux fois la même chose (ce qui n’empêche pas l’aventure originelle d’être rejouable à  volonté). En plus de la Master Quest, l’inédit Boss Challenge vient encore un peu plus gonfler une durée de vie déjà  exceptionnelle. Comme son nom l’indique, il permet d’affronter les Boss du jeu déjà  vaincus et de les enchaîner à  la suite. Pas fou, le mode a au moins le mérite d’exister. Si ces deux modes permettent de bénéficier de la version la plus complète d’Ocarina of Time, on s’intéressera davantage à  l’intégration des fonctionnalités tactiles.

   

Link du bout des doigts

A sa sortie sur Nintendo 64, Ocarina of Time suscita l’admiration sur à  peu près tous les compartiments de son jeu, et notamment sur sa maniabilité, impeccable, comme souvent dans les productions Nintendo. Cet épisode de la série tient peut-être une place à  part tant la gestion de son inventaire se révélait d’une incroyable efficacité (l’affichage des objets assignés à  différentes touches de la manette). Depuis, on ne compte plus les titres qui se sont inspirés de ce modèle, de près ou de loin. D’où une certaine inquiétude à  voir cette jouabilité adaptée sur console portable, d’autant que la manette de la Nintendo 64 faisait merveille. Grâce au Circle Pad, la transition se fait sans heurt et l’écran inférieur de la 3DS offre un confort très appréciable. Avec le stylet, ou directement avec le doigt, on peut naviguer facilement dans l’inventaire du jeu mais aussi jeter un Âœil à  la carte du donjon. Seule la caméra, déjà  perfectible dans l’épisode original, pose quelques problèmes, en particulier lorsqu’il faut verrouiller un ennemi. Outre le fait que la caméra ne se positionne pas toujours de façon adéquate (elle se « cogne » contre les murs), le verrouillage d’une cible ne se montre pas d’une grande ergonomie et fatigue les articulations de la main à  la longue.

Chef d’œuvre !

Si toutes les nouveautés s’implémentent parfaitement à  cette adaptation, (re)découvrir ce jeu justifie son achat. Ocarina of Time fait partie de ces titres dont on envie ceux qui s’y frotteront pour la toute première fois. Il faut dire que ses innombrables qualités demeurent intactes. De tous les épisodes 3D de la série, Ocarina of Time est peut-être celui qui a offert les donjons les plus géniaux en termes de level design. Certains niveaux donnent véritablement le vertige par la complexité de leurs fonctionnements, la brillance de leurs architectures. Sans jamais tomber dans une difficulté excessive, chaque palais s’appréhende de manière minutieuse pour en comprendre toute la puissante et impérieuse mécanique. Avec toujours une utilisation époustouflante des objets (les bottes de plomb, le bouclier miroir, le grappinÂ…), chaque idée de gameplay se déguste dans un véritable sentiment d’euphorie tant l’ensemble atteint une intelligence de jeu rare. La beauté du titre de Shigeru Miyamoto ne s’arrête évidemment pas là , ce dernier faisant preuve d’une très grande richesse. Volontiers contemplatif (The Wind Waker poussera encore plus loin ce sentiment), Ocarina of Time aura immortalisé les longues chevauchées sur le dos d’Epona (la rencontre avec la jument, mythique) à  travers un Hyrule totalement ouvert, propice à  l’exploration et à  la découverte de quêtes annexes. Entre la recherche des fragments de cÂœur, les 100 Skulltulas d’or à  collectionner ou encore la quête des masques, le titre regorge d’à -côtés, loin d’être de simples ajouts superficiels. S’appuyant sur un scénario plein de rebondissements, et ponctué de rencontres inoubliables (tantôt drôles, tantôt émouvantes), jouant habilement sur les voyages dans le temps du héros (on passe d’un Link enfant à  un Link adulte), Ocarina of Time dispose aussi d’une ambiance unique, parfois très sombre (la découverte d’Hyrule dans le futur). Il faut d’ailleurs saluer la qualité de la mise en scène qui, bien que minimaliste, accentue à  plusieurs reprises la solitude du héros face à  sa destinée. La direction artistique du jeu ne frôlerait pas la perfection sans une bande son inoubliable : les morceaux à  l’ocarina qui restent en tête, la chanson du moulin, les thèmes classiques remixésÂ… Près de treize ans après sa sortie, The Legend of Zelda : Ocarina Of Time n’a tout simplement rien perdu de son génie. On se prend maintenant à  espérer que Nintendo s’attaque maintenant au remake de Majora’s Mask, suite étonnante mais tout aussi géniale de cette œuvre éblouissante.

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