Test de Titanfall

Nous étions nombreux, moi y compris, à prédire un joli avenir à Titanfall. Lors de la bêta public, toutes les voix ont été unanimes pour saluer un titre bien né, en se posant toutefois quelques questions sur le contenu du jeu. Et des questions amènent souvent des réponses pas vraiment agréables au final…

Les Yamakasi du XXXXXX siècle

A moins de vivre sur la planète Zorg et de ne pas être un joueur un tantinet intéressé par le monde des jeux vidéo, il y a fort à parier que vous ne soyez pas passé à côté d’une vidéo vantant les batailles dynamiques de Titanfall. Course sur les murs, doubles sauts et combats de robots, tout est ici réuni pour nous faire revivre  « en vrai » ce que nous regardions dans les dessins animés de notre enfance. De ce point de vue, Titanfall ne ment pas sur la marchandise et surtout, sur ce qu’il nous promettait. Et à l’usage, il faut bien reconnaître que ce FPS facile d’accès ravira autant les joueurs confirmés que les débutants. Mais pour ceux qui dormaient au fond de la classe, revenons un minimum et de manière synthétique, sur ce que j’avais pu écrire dans ma précédente preview. Donc Titanfall prend place dans le futur sur différentes planètes colonisées par l’homme et formant la frontière. Au fil du temps, les rapports entre la planète mère et ses colonies se sont dégradés jusqu’à un point de non-retour.

Dans Titanfall, vous incarnerez un « pilote » (pas vraiment de classe prédéfinie mais un set d’armes et d’équipement changeant son look), sorte de super soldat sachant manœuvrer les Titans (les robots de combat) et incarnerez, suivant les parties, une des deux factions en présence (IMC/Milice). Le titre nous propose de commencer par une petite mise en bouche nommée sobrement entraînement. Vous y apprendrez à manier votre pilote puis passerez à l’étape suivante en enfilant l’exosquelette du Titan. L’occasion de déjà subodorer deux gameplay asymétriques, et pourtant très proches dans les faits. Côté pilote, vous pourrez courir sur les murs, sauter (et même double-sauter), vous accrocher au rebord, grimper sur les toits et bien évidemment, tirer dans la couenne des méchants d’en face. Pour cela, plusieurs armes seront mises à votre disposition, telle qu’une mitrailleuse plus ou moins standard, un fusil de sniper plus tout un tas d’armes futuristes dont un pistolet complètement cheaté et ciblant automatiquement la tête des ennemis. Un truc un peu idiot pour tout joueur normal mais qui doit trouver une certaine résonance chez les joueurs de Call of Duty ne sachant pas se passer de l’auto-aim. Mais plus que des combattants virevoltants, les pilotes peuvent aussi en plus de se faire livrer un Titan tout neuf toutes les 2 minutes (un temps qui diminuera drastiquement en tuant les pilotes adverses), prendre appui sur un Titan ami pour se faire transporter à l’œil mais aussi sauter sur le dos d’un robot adverse. Là, il sera possible de grignoter les points de vie de ce dernier en tirant dans une sorte de trappe de service. Et étant donné que le Titan n’est pas bien souple des bras, il devra compter sur un autre pilote ou sa fourberie pour venir déloger la vermine pendue à son cou. Pour conclure avec l’humain, au bout d’un moment, des cartes bonus vous seront données. Avec ces dernières, vous pourrez appeler de manière limitée dans le temps, différents bonus allant de jambes synthétiques vous permettant de courir plus vite à un boost d’expérience pour grimper de niveau plus vite. A noter que des challenges seront à remplir au fil du temps pour glaner des points supplémentaires lors du décompte final (en plus des points bonus pour vous être échappé d’une carte avec un vaisseau de sauvetage).

Du côté des Titans, vous aurez le choix au fil des parties, entre trois classes de robots. L’Atlas, le plus équilibré, l’Ogre, le plus costaud mais aussi le plus lent et enfin le Stryder, véritable scooter à deux pattes aussi rapide que facile à détruire. Sur ces châssis, vous pourrez installer tout un arsenal d’armes principales et secondaires, plus un bon paquet d’options passives et actives. Le gameplay sera ici…étrangement humain. Pour ne pas perdre le joueur, le Titan se contrôlera peu ou prou comme un bipède de chair et de sang, mais avec beaucoup plus d’inertie quand même. Le rôle des robots, en plus de faire du frag facile, sera aussi d’apporter leur soutien aux troufions dans les différents modes de jeu. Puissants, les Titans le seront, mais pas trop comparés à un pilote qui aura toujours la possibilité de les détruire, petit à petit. Évidemment, le Titan ne sera pas qu’une boite de conserve sur pattes à la merci des autres mais pourra compter sur deux ou trois petites choses pour s’en sortir. Déjà, les robots disposent d’un bouclier d’énergie leur permettant d’encaisser quelques tirs avant que leurs points de structure ne soient entamés. Nos tanks à pattes disposeront aussi de boost (des dash) pour pouvoir éviter un tir grâce à une brusque accélération ou bien se projeter vers l’avant pour décocher une beigne à un autre géant d’acier. Car oui, les Titans cognent. Et fort même. Pour finir, ces monstres de métal pourront aussi compter sur leur armement et leurs aptitudes pour faire parler la poudre. Au niveau des armes, vous trouverez du matos crachant de l’acier à plus ou moins grande vitesse mais aussi des trucs bizarroïdes tirant des faisceaux d’énergie. Des pouvoirs passifs prendront aussi le relais pour, par exemple, recharger plus rapidement un bouclier mais aussi des pouvoirs actifs permettant entre autres de capturer les balles/obus ennemis dans un champ de force, avant de recracher le tout sur le malotru qui vous aura pris pour cible. Comme pour l’humain, apprendre à manier le Titan sera assez simple. Maintenant, comme tout bon FPS, la plus grosse arme ne fera pas automatiquement de vous le meilleur joueur…

Un gameplay hyper affûté… à défaut d’être profond

Pour leur premier jeu, les papas des Mordern Warfare ont frappé fort. En tout cas au niveau du gameplay. Tout est ici fluide (niveau jeu et non réalisation malheureusement), et il ne faut que quelques minutes avant de commencer à prendre ses marques. La courbe d’apprentissage de Titanfall est plutôt rapide et les joueurs qui débutent et restent timidement sur le plancher des vaches, ne tardent pas au bout de quelques parties à rebondir sur les murs et à effectuer des doubles-sauts, comme si c’était dans l’ordre des choses. De ce côté-là, Titanfall met la barre assez haute pour une nouvelle franchise. Côté sensations arme en main, c’est du « Call Of » pur jus. Peu de dispersion des balles et le feeling des différentes pétoires est vraiment bon (bon, le fusil à pompe est un peu léger quand même). Reste le problème du SmartGun qui cible automatiquement les ennemis. Un tir servira à tuer n’importe quel bot, voire deux pour les versions robotisées plus évoluées, alors qu’il en faudra trois pour refroidir un joueur (un pilote). Ces derniers peuvent en effet encaisser un certain nombre de tirs avant de mourir. Mais pour en revenir au pistolet du diable qui tue tout seul, concrètement cela peut être un peu lourd dans les parties. Pas plus pénalisant que cela sur PC avec un bon clavier/souris et une mitrailleuse, le pistolet ne fait pas long feu (il faut cibler l’humain trois fois pour le tuer et cela prend du temps), mais sur One à première vue, les premiers échos sont tout autre et il s’avère très difficile pour un joueur normalement constitué, de pouvoir éliminer manette en main, un concurrent armé du pistolet à ciblage automatique. Alors je veux bien que l’on soit dans le futur mais ce flingue à tout de l’idée à la con.

Cela me rappelle les voitures télécommandées du premier CoD  Black Ops ayant un peu pourri les parties. Mais mis à part ce GROS bémol, pas grand-chose n’est à jeter quand on joue à Titanfall. L’univers est crédible et l’action omniprésente. Tous vos coups d’éclat seront commentés par le dispatch, ainsi qu’un tas de petites choses allant de l’appel d’un Titan à votre mort et rendant le tout très vivant. Les bots, idiots au possible, vivront leur vie de leur côté en servant de chair à canon ou en s’en mettant plein le nez entre eux. Ils auront même de petits mots de remerciements si vous les aidez dans certaines situations et vous glorifieront en parlant de vous, les pilotes, avec un mélange de respect et de crainte dans la voix. Côté coups de vice, le jeu n’est pas dénué d’à-côtés que l’on découvre très vite au fil des parties. Par exemple, que faire quand un ennemi est accroché au dos de votre Titan ? Classiquement, on peut descendre de son robot, le mettre en mode patrouille puis tirer sur le gueux collé à l’armure pour le déloger. Mais j’ai découvert une autre technique bien sympathique consistant à me coller à un mur, à tirer mon missile à sous-munitions qui en explosant, tuera le furoncle sur mon dos (vous pouvez aussi utiliser un fumigène meurtrier pour atteindre le même résultat). On peut aussi faire de jolis combos en appelant son Titan et en le faisant tomber sur un humain ou, fin du fin, sur un Titan ennemi qui sera alors immédiatement détruit ! Il y a même la possibilité d’humilier un pilote adverse en l’arrachant des entrailles de son Titan (quand il sera sur le point d’exploser) et de le jeter contre un mur ! Du bon donc, aussi bien pour les newbies qui pourront se faire la main sur les bots du jeu et engranger des points à leur rythme, que pour les PGM du dimanche qui ignoreront la piétaille de base pour se concentrer sur de l’humain, nettement plus difficile à fraguer quand il aura mis son bouclier d’invisibilité, mais oh combien plus lucratif en terme de points. Voilà, je viens de vous décrire le meilleur de Titanfall. Il est maintenant temps de parler du fiasco constituant le reste du jeu…

Vous avez joué à la bêta ? Vous avez vu le meilleur du jeu…

Lors de la beta de Titanfall, seules deux cartes étaient disponibles. Plus ou moins axées humains ou Titans, elles étaient correctement construites pour que tout le monde puisse s’y retrouver. Avec leurs nombreux passages en intérieur permettant aux troufions de s’empoigner à la gorge et de grandes zones larges pour que les Titans puissent faire parler la poudre, elles étaient assez bien pensées, surtout côté verticalité mais avaient un côté générique ne les rendant pas vraiment mémorables. Avec la version finale du titre, ce sont quinze cartes qui s’invitent dans la danse. Pas mal hein ? Ouais. Sauf qu’elles sont encore une fois toutes génériques au possible et qu’aucune ne ressort vraiment du lot. En découle une impression de refaire peu ou prou les mêmes combats dans les mêmes environnements avec le même type de construction. Alors il y a bien des cartes avec des animaux géants rompant un peu la platitude des niveaux mais c’est loin d’être folichon dans l’ensemble. Quelle tristesse. Et ce côté clonage, on le retrouve aussi dans les personnages du jeu. Pour les soldats et les robots, comptez trois ou quatre modèles et c’est à peu près tout. Léger à l’heure actuelle où l’on peut customiser chaque élément de son combattant, que ce soit au niveau de son arme ou de ses fringues. Côté modes de jeu, c’est encore une fois la tristesse de Moldavie. Un match à mort par équipe nommé Attrition, un « last man standing » nommé Dernier Titan, un mode capture de zone décrit par le ronflant Domination de points clés, un mode Capture de drapeau et enfin un mode Chasseur de pilotes n’étant au final qu’une infime variation du mode Attrition. Cinq modes vus, revus et usés jusqu’au trognon et qui ne font pas vraiment décoller le jeu. Et moi qui me mettais à rêver d’assaut sur une base alliée avec défense de zone ou d’un mode Titan ayant fait les grandes heures de Battlefield 2142, je me retrouve, comme tous les autres joueurs, à barboter dans une mare de modes que je connais en long en large et en travers. Tristesse².

Côté technique, le jeu en plus de ne pas être super joli, moteur source oblige, souffre de ralentissements non présents sur la beta. Chapeau les artistes ! Et s’il n’y avait que cela. Parlons maintenant du mode « Campagne ». Initialement décrit comme un mode scénario se jouant en ligne, je m’attendais comme un idiot à voir de la capture de « régions » à la Planetside 2 ou des missions plus ou moins scénarisées en coop à la Warface. Loupé encore une fois. Ce mode « Campagne » vous permet en fait de vous battre sur les cartes multijoueurs du jeu pour vous faire la main, tout en suivant une pseudo histoire moisie écrite par un stagiaire sur un morceau de nappe après avoir bouffé son quatrième kebab au « Bosphore rieur » (NDRC : tu as oublié de préciser la sauce). Un vrai foutage de tronche qui n’a que peu d’intérêt, si ce n’est celui de passer quelques niveaux et de débloquer deux châssis pour vos robots. Encore une fois, nous tombons là sur un cas d’école à la Forza 5 où un gameplay génial ne saurait cacher la pauvreté du contenu proposé à côté. Mais qu’on se rassure, avec le passe saisonnier déjà disponible à l’achat, on nous promet de nouvelles cartes ‘achement bien, et à n’en pas douter, des armes encore plus géniales et super flashy comme dans Call of Duty ! C’est trop fun les jeux vidéo, Wizz! Voilà le futur qu’on vous prépare…

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