Test de TrackMania² Stadium

Fondé en 2000, le studio Nadeo fait partie de ces petits développeurs ayant eu une idée de génie en revisitant le concept des Micro Machines en y ajoutant l’addiction des jeux flash, les circuits des jouets Hot Wheels, le tout enrobé dans un moteur 3D très léger et tournant sur de petits ordinateurs de bureau. Si vous êtes un néophyte de cette série, sachez que TrackMania vous placera aux commandes de véhicules plus ou moins inspirés de modèle réels.  Le jeu vous fera concourir sur des circuits où tremplins et loopings très techniques devront être négociés le plus rapidement possible pour effectuer un temps au tour qui sera comparé à d’autres joueurs en ligne (courses sans collisions entre les adversaires). Et depuis le tout premier TrackMania en 2003, pas moins de 15 déclinaisons, pas toutes développés par Nadeo, ont vu le jour jusqu’à aujourd’hui. De quoi y perdre son latin et relativiser sur le coup, la fréquence de sortie annuelle des Call of Duty et autre Assassin’s Creed pourtant souvent décriée. Mais ce petit tacle mise à part, la saga TrackMania n’a rien à voir avec les deux blockbusters précédemment cités, ne serait-ce que par l’excellence qu’elle propose à chacune de ses déclinaisons (nous oublierons sciemment certaines versions sur consoles…). Initialement petit jeu pour faire passer le temps, le titre des français a gagné au fil de ses épisodes, des voitures, des environnement de plus en plus variés, et surtout, est devenu une référence pour les compétitions d’eSport à travers le monde. Et aujourd’hui, c’est au tour de la version Stadium de rentrer dans la danse.

Trackmania².0 ?

Prenant le nouveau moteur graphique de TrackMania², ce Stadium s’inspire en grande partie de l’environnement de TrackMania Nations ESWC (développé spécialement pour les compétitions d’eSport de l’ESWC). Comme son aîné ayant muté entre temps en TrackMania Nations Forever, ce « tout nouveau » Stadium prend place à l’extérieur d’un stade rappelant fortement l’arène des temps moderne de Saint-Denis, et vous fait concourir sur des tracés aussi improbables que très techniques. Rampes permettant d’effectuer des 360° avec son véhicule, looping plus au moins longs et flèches accélératrices vous faisant dépasser allègrement les 400km/h, ne sont qu’une petite partie de ce que le jeu propose. Pour la base vous le savez, le but restera bien évidemment de battre les meilleurs temps des autres joueurs en comparant ses propres temps au tour, avec ceux des pilotes de votre département/région/pays etc.

Mais vous pourrez aussi tenter de gagner des médailles dans le pendant solo du titre en battant les fantômes ayant établi des temps de référence sur des circuits de plus en plus alambiqués. Imbriqué dans le tout nouveau ManiaPlanet, sorte de Hub social créé par Nadeo pour sa communauté et permettant de lancer tous ses jeux, pour le moment TrackMania² et ShootMania (QuestMania arrivant plus tard),  les habitués de cette sorte de « steam » mono éditeur ne seront pas dépaysés. Mais ça, c’est un point de détail, et venons-en au jeu et posons-nous cette question : concrètement, qu’apporte ce nouveau TrackMania ? Malheureusement quasiment rien comme vous allez le constater.

Bis repetita

Dans l’absolu, TrackMania² Stadium n’est pas mauvais, loin de là. Plutôt joli, avec des effets graphiques assez sympathiques, le titre de Nadeo ne perd pas en fluidité sur une modeste machine, ce qu’il gagne dans cette mise à jour visuelle. Les commandes sont toujours parfaites que ce soit au clavier mais plus encore au pad, et le ressenti côté pilotage est excellent. Trackmania² Stadium étant pensé comme une sorte de « die and retry », vous devrez recommencer un circuit un nombre incalculable de fois pour trouver la bonne trajectoire et ainsi, commencer à faire baisser vos chronos ou pour les plus mauvais, réussir à franchir la ligne d’arrivée! Car Nadeo oblige, le pilotage des véhicules sera pointu. Car oui, et même si le jeu n’est pas du tout une simulation, il demandera une sacrée précision dans les trajectoires, freinages, dérapages et sauts pour escompter atteindre le haut des classements que vous viserez. Donc, pour le moment, nous avons un jeu plutôt joli, extrêmement addictif, pensé pour la compétition et précis dans le pilotage qu’il demandera au joueur. Pas mal ? Oui ! Mais non en fait.

Gros point noir de TrackMania² Stadium : son prix. Vendu 10 euros (à un centime près), le titre de Nadeo se tire une balle dans le pied car il a un concurrent de taille qui lui fait face et qui est gratuit : TrackMania Nations Forever ! Une véritable histoire de fous en fait quand vous regardez cela de l’extérieur. Pour faire simple et comme dit en introduction de cet article, TrackMania Nations puis Nations Forever a été créé pour donner l’occasion à des joueurs, de participer à des compétitions d’eSport sans débourser un seul centime. Gratuit, ouvert avec ses créations de circuits (comme pour la version Stadium), le jeu qui a maintenant 5 ans est toujours très fréquenté (plusieurs millions des comptes actifs), et n’invite pas les joueurs à passer sur la version Stadium de TrackMania² payante et surtout, n’apportant pratiquement rien mis à part certains modèles en 3D, des véhicules plus lourds et quelques effets graphiques. De plus, la communauté de joueurs du dernier Stadium étant bien moindre que celle de Nations Forever, pourquoi à l’heure actuelle payer un jeu alors que son homologue de génération précédente est encore jouable et aussi bon ? Et il ne faut pas oublier qu’à l’heure actuelle, si vous mordez à l’expérience TrackMania², il vous en coûtera au total pas loin de 50 euros si vous voulez cumuler les versions (environnements?) Stadium, Valley et Canyon. A ce prix, il aurait été agréable qu’un studio comme Nadeo qui a une très bonne image auprès des joueurs de tout poil, fournisse gratuitement la version Stadium pour appâter les joueurs qui auraient ensuite, pu sortir la carte bleue pour se payer les deux autres titres du studio français. Je ne sais pas pour vous, mais je trouve cela mesquin à moins que cette politique ne soit dictée par Ubisoft, propriétaire depuis 2009 du studio français. Pour conclure, difficile de noter réellement ce titre qui a pourtant beaucoup d’atouts mais qui n’apporte vraiment pas grand-chose par rapport à son quasi homonyme gratuit et toujours d’actualité TrackMania Nations Forever. Et je n’ose même pas imaginer les répercussions qu’aurait la fermeture du Nations Forever pour forcer les joueurs à passer sur Stadium…

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