Test de Transformers Devastation sur Xbox One

Très certainement bien occupés à développer l’une des grandes exclusivités 2016 de la Xbox One, l’action-RPG prometteur nommé Scalebound, PlatinumGames a néanmoins répondu présent pour prendre en mains la toute dernière adaptation de l’univers Transfomers. On met de côté ici le parti-pris visant à se calquer sur le modèle des longs-métrages pour revenir aux fondamentaux avec un soft qui a choisi d’adapter l’animé des années 1980 sous la forme d’un beat’em all nerveux. Un choix judicieux ?

Auto-bottage de derrièrons pour les Decepticons

Bien que la qualité très aléatoire des jeux estampillés Transformers puisse créer un certain sentiment de méfiance à l’annonce d’un nouvel opus, le nom de PlatinumGames apporte néanmoins dans le cas de Transformers Devastation un minimum de crédit. Même s’il lui arrive de se manquer (on pense à l’adaptation du dessin-animé Korra), ce studio a quand même à son actif l’un des meilleurs (si ce n’est le meilleur) beat’em all de ces quinze dernières années : Bayonetta. Certes moins ambitieux et par ailleurs proposé à un tarif plus doux que la moyenne, Transformers Devastation affiche sans détours ses racines profondément ancrées dans la tradition des jeux PlatinumGames, avec en bonus une touche rétro plutôt bienvenue. Transformers Devastation reprend ainsi les canons de la franchise à ses origines, dépeignant une bataille réelle mais tout de même cordiale entre Autobots et Decepticons pour décider du destin de la Terre. D’Optimus à Megatron, les personnages retrouvent un design qu’ils avaient mis de côté depuis bien longtemps, ce qui ravira très certainement les nostalgiques de cette époque bénie pour les dessins-animés. Le ton des doublages renforce le sentiment de faire un bon dans le passé, avec une mention spéciale pour Optimus Prime qui profite de la voix de son doubleur original (en anglais). Les musiques ne sont pas en reste avec des compositions originales sans grand génie mais parfaitement dans le ton.

La défense de la Terre et de ses habitants face aux viles intentions de Megatron et des Decepticons est ici le prétexte pour incarner l’un des cinq Autobots présents : Optimus, Bumblebee, Wheeljack, Sideswipe et Grimlock, cousin extraterrestre de Denver. En dehors de la première demi-heure de jeu, il est possible de jouer avec n’importe lequel des personnages et d’en changer assez régulièrement grâce aux points d’accès à « l’Arche », lieu de rassemblement pour gérer toutes sortes de choses sur lesquelles nous reviendrons. Plongé dans la ville assiégée par les Decepticons, il faut se frayer un chemin en composant avec un gameplay largement orienté sur le combat, à de très rares occasions sur la plateforme et qui s’appuie aussi sur la capacité des personnages à se transformer en véhicules. Le résultat est d’une nervosité grisante. Coup léger, puissant et attaque à distance permettent de créer des combos en nombre relativement restreint mais ils sont diablement efficaces et donnent beaucoup de rythme aux affrontements. L’Autobot peut ensuite prendre sa forme de véhicule pour clôturer l’action en beauté avec un coup puissant ou pour faire parler le haut degré de destruction de son attaque spéciale. On dispose enfin d’une attaque ultime très longue à débloquer mais suffisamment puissante pour renverser le cours du combat ; mieux vaut veiller à la conserver en cas de coup dur.

Excès de vitesse

Prudence est le maitre-mot dans Transformers Devastation. Le soft de PlatinumGames n’est pas foncièrement difficile, le challenge est d’ailleurs progressif, mais il demande de la part du joueur une certaine dose de concentration pour ne pas finir en sculpture de César. Les ennemis font mal et l’Autobot ne résiste guère à plus de cinq coups dans le carbu. Il n’est pas possible de se protéger mais on peut en revanche –et c’est là le cœur du gameplay- esquiver suffisamment tard pour que s’enclenchent deux petites secondes de ralenti, synonyme de prise de l’ascendant sur l’ennemi par un contre bien violent. Oui, cela rappelle forcement Bayonetta et c’est tant mieux tant cela donne encore un peu plus de vivacité aux affrontements. Pour éviter de rencontrer trop de difficultés, il faut aussi compter avec une large palette d’améliorations du personnage et de son équipement. Transformers Devastation intègre ainsi un système de leveling classique mais bienvenu (augmentation de l’énergie, force, vitesse, etc), des aptitudes à créer et à équiper pour octroyer à son personnage des bonus de défense, d’expérience, ou pour lui permettre de trouver plus d’armes. Le looting est également un élément important dans Transformers Devastation : les nombreuses armes ramassées peuvent être ensuite fusionnées pour gagner en puissance ou pour appliquer un effet secondaire particulier. Le jeu de PlatinumGames se montre alors étonnamment varié en termes d’options de personnalisation et offre dans son ensemble des combats qui tiennent la dragée haute à n’importe quel beat’em all sorti sur cette génération de consoles.

Mais cette jolie fable sur la bonne surprise qu’est Transformers Devastation connait tout de même quelques tournants. D’abord parce que l’aventure ne dure en tout et pour tout que cinq heures au niveau de difficulté par défaut, et que Transformers Devastation se joue exclusivement en solo. Il y a bien une cinquantaine de défis à réaliser par la suite et on trouve le long du chemin quelques missions secondaires (assez vite pliées), mais cela ne compense pas vraiment les deux ou trois heures qu’il manque à la campagne pour être véritablement excellente. Cela dit, on a du mal à s’imaginer déambuler encore longtemps dans ces décors, certes plutôt agréables à regarder avec un cel-shading bien employé, mais trop peu nombreux. Le gros de l’aventure se situe dans une ville bien peu vivante et recyclée au maximum, laissant parfois la place à un complexe de recherches sous-terrain tout ce qu’il y a de plus générique. Cette redondance visuelle s’applique aussi aux ennemis. En dehors des principaux vilains qui sont eux réussis (que l’on croise plus d’une fois cela dit), les types d’ennemis se comptent sur les doigts d’une main. Enfin, côté gameplay, on peut regretter le placement de la caméra parfois hasardeux et l’absence de lock manuel ; ce souci de lisibilité est particulièrement présent lors des quelques courses-poursuites sous la forme d’un véhicule où l’on navigue à l’instinct plus qu’à la vue. Cela finit par devenir très brouillon.

En résumé !

Test de Transformers Devastation sur Xbox One

Même si l’on connait PlatinumGames et sa très bonne réputation, Transformers Devastation est une surprise. Pour le coup une plutôt bonne. En revenant aux sources de l’univers des Autobots et des Decepticons, en y ajoutant son savoir-faire en matière d’expériences rythmées, le développeur japonais a donné vie à un beat’em all doté d’un gameplay d’une rare efficacité. Costaud sur le fond, Transformers Devastation pèche néanmoins par une forme trop peu ambitieuse et surtout une durée de vie très limitée. Dommage de ne pas avoir permis à deux joueurs de prendre les commandes d’Optimus et consorts, cela aurait pu donner à Transformers Devastation un autre motif pour inviter les joueurs à le découvrir. On vous conseille tout de même de vous y intéresser en tant qu’amateur d’un genre malheureusement délaissé sur Xbox One : ces quelques heures sont tout de même bonnes à prendre.
13.2
Gameplay
15
10
Graphiques
12
10
Scénario
13
10
Durée de vie
10
10
Audio
16
10
Points Positifs :
Points Négatifs :

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