Test de Valkyria Chronicles II

Malgré un (relatif) échec commercial (moins d’un million de ventes dans le monde), Valkyria Chronicles a su se faire une place de choix dans le cÂœur des amateurs de RPG, atteignant le statut de titre culte, voire maudit. Car si on n’hésite pas à  pointer du doigt le genre au Japon, on oublie un peu top vite l’existence de ce Valkyria Chronicles, véritable renouveau du tactical-RPG, et tout simplement le meilleur RPG de sa génération. Au-delà  de ça, le jeu symbolisait également le retour de Sega au premier plan, plus encore qu’avec la saga Yakuza, avec un titre au niveau de ses plus grandes réussites. Bref, un vrai petit bijou que l’on retrouve avec un très grand plaisir sur la portable de Sony mais avec également une petite appréhension due au passage de la PS3 à  la PSP.

War has changed

Valkyria Chronicles II se déroule deux ans après les évènements du premier volet. Nous sommes toujours dans une Europe fantasmée et Gallia se remet péniblement de son conflit contre l’Empire puisqu’une guerre civile éclate dans le pays suite à  l’élection, à  l’une des plus hautes fonctions de l’état, d’un Darcsen (un peuple mal-aimé anciennement réduit à  l’esclavage). Cette ascension ne plaît pas à  tout le monde et un groupe rebelle, le « Gallian Revolutionary Army » (GRA), se crée alors et entame un véritable génocide des Darcsens dans le pays. Certaines cinématiques (façon dessin animé) ou images, violentes, montrent clairement le massacre avec des exécutions sans sommation, et tranchent avec la bonne humeur générale du jeu, parfois à  la limite de la niaiserie (ce qui fait aussi son charme). Mais qu’on se rassure, le contraste se révèle nettement moins saisissant que dans le premier volet où les développeurs nous revisitaient la Seconde Guerre Mondiale en jouant très maladroitement de lourds symboles. Le scénario reste de toute façon au second plan et on se focalisera davantage sur l’atmosphère bon enfant, bucolique et finalement rafraîchissante du jeu, typique des jeux Sega. Il n’y a que les japonais pour nous plonger en plein cÂœur d’une guerre civile, le sourire aux lèvres, des sucreries encore coincées entre les dents.

Avan Hardins à  l’école des militaires

Si Valkyria Chronicles nous entraînait sur les routes de Gallia, au rythme des batailles, ce second épisode joue la carte de la stabilité. Celui-ci prend en effet place dans une académie militaire servant à  former des cadets dans l’optique de les envoyer au front. Parmi ses élèves, on retrouve le jeune Avan Hardins qui s’est enrôlé, moins par désir de combattre le GRA que pour découvrir le mystère entourant la mort de son frère au cours d’une mission secrète. Cette académie sert ainsi de QG à  votre équipe. C’est ici que l’on distribuera son expérience, améliorera son équipement, que l’on perfectionnera son tank, que l’on apprendra de nouveaux ordres (grâce à  l’aide de Welkin Gunther, héros du précédent volet, aujourd’hui à  la retraite) ou encore, et c’est une nouveauté, que l’on pourra changer la classe de ses personnages, au nombre de cinq au départ : Scout, Shocktrooper, Engineer, Lancer et, une nouvelle, Armored Soldier (des soldats avec un gros bouclier capable de déminer un terrain et très résistant face à  des tirs de mitraillette). Et si la classe Sniper n’est plus proposée dans celles de base, c’est parce qu’elle est devenue une évolution possible de la classe Scout. Au final, les associations s’avèrent nombreuses et on pourra composer des escouades très diverses en fonction des situations.

Les passages à  l’académie serviront aussi à  interagir avec les différents élèves, et notamment ceux faisant partie de votre équipe. En choisissant fréquemment certains camarades lors de vos batailles et en déclenchant de petites scénettes, vous finirez par créer de plus grands liens avec certains, ce qui débloquera des batailles inédites permettant d’obtenir de nouvelles compétences. Pour cela, il faudra se farcir des dialogues clichés et légèrement gnangnans mais, au fil du temps, on se prend au jeu et on trouve les personnages de plus en plus attachants. Bien que moins poussé, ce système qui n’est pas sans rappeler celui de Persona 4 (qui lui aussi se déroulait sur une année entière, même si Valkyria Chronicles II est découpé en mois et non pas en journées).

Un système de combat toujours aussi profond

Mais la grande réussite de Valkyria Chronicles (et de cette suite) concerne son système de combat qui mélange tactical et jeu d’action. Comme dans le premier volet, si l’ensemble de la bataille se présente sous la forme d’une carte sur laquelle sont disposées les forces en présence, lorsque le joueur prend le contrôle d’un personnage, il passe en vue à  la troisième personne dans un monde entièrement modélisé en 3D. Il se trouve alors libre d’évoluer comme bon lui semble, de tirer à  n’importe quel moment, de prendre avantage du terrain pour se cacher ou bien de se positionner à  des endroits stratégiques. Attention tout de même, car une jauge limite votre déplacement et l’ennemi n’hésitera pas à  vous tirer dessus si vous passez dans son champ de vision. L’aspect tactique s’avère par ailleurs renforcé par le capital de points offerts à  chaque tour de jeu. Contrairement à  bon nombre de tacticals, chaque unité n’est pas limitée à  une action et on peut très bien décider de dépenser plusieurs points d’action avec le même personnage. A cela s’ajoute des objectifs de missions variées (capturer un camp ennemi, protéger un transport, éliminer tous les adversaires) mais surtout une très grande liberté dans les possibilités tactiques (on peut aborder une bataille de différentes manières). Un constat accentué dans ce nouvel épisode puisque les développeurs ont parfaitement su pallier la plus faible puissance de la PSP. Si les cartes se trouvent logiquement réduites, les batailles se déroulent dorénavant sur plusieurs secteurs communicants. La capture d’un camp ennemi peut ainsi permettre de donner l’accès à  un autre secteur pour, par exemple, prendre l’ennemi à  revers. Sachant qu’une bataille pourra se jouer sur cinq secteurs simultanés, on vous laisse deviner les trésors stratégiques et tactiques que réserve le titre, d’autant qu’il n’est possible de déployer que six soldats sur le terrain en se limitant à  quatre par zone. Et bien que les affrontements soient plus courts (on ne s’en plaindra pas tant ceux du premier volet pouvaient parfois s’étirer d’une manière abusive, allant jusqu’à  deux ou trois heures par bataille), ces derniers ne perdent rien en intensité, en dynamisme et en immersion.

Une immersion que l’on doit également à  la réalisation du jeu, certes moins évoluée que sur PS3 (adieu le somptueux cel-shading crayonné) mais suffisamment solide et agréable à  voir. Si nos yeux sont gâtés, nos oreilles aussi, avec une ambiance sonore qui plonge un peu plus le joueur dans l’histoire grâce à  des doublages vocaux réussis, que ce soit dans les dialogues ou via les messages radios qui commentent vos actions sur le terrain (sous-titrés en anglais, hélas). Afin d’être totalement complet, signalons également la présence d’un mode multijoueur qui propose d’effectuer des parties en versus ou en coopération. C’est cette deuxième option qui se montre la plus intéressante tant le jeu peut se montrer redoutable une fois que l’on a passé le mois de mars. Car si les premières heures se révèlent faciles, et un peu ennuyeuses (un temps sans doute nécessaire pour que tout se mette en place dans l’académie), Valkyria Chronicles II laisse alors échapper toute la beauté et la richesse de son système de combat, que les développeurs ont su améliorer, pour nous offrir une expérience peut-être encore plus intense que sur PS3.

En résumé !

Test de Valkyria Chronicles II

Injustement passé inaperçu en 2008, Valkyria Chronicles revient aujourd’hui dans un second épisode, mais cette fois sur PSP. Pourtant, en passant sur la console portable de Sony, Sega parviendra-t-il à  retrouver le niveau d’excellence de son tactica
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Awful
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Points Négatifs :

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