Test de Virtua Tennis 4

Avant toute chose, il faut couper court à  un cliché qui commence à  devenir exaspérant, l’idée reçue selon laquelle Top Spin serait réaliste et ennuyeux alors que Virtua Tennis serait fantaisiste et amusant. D’un côté la simulation, de l’autre l’arcade, comme si ces deux données étaient campées sur des positions inamovibles. Ce n’est un secret pour personne, à  la rédaction, nous avons été nombreux à  nous enthousiasmer pour Top Spin 4. Le jeu de 2K était à  nos yeux réaliste ET amusant. Par conséquent, la série de Sega qui occupe le créneau du fun tennistique depuis se devait de réagir. Il était en outre évident que Virtua Tennis 4 ne pouvait pas se contenter de mini-jeux absurdes et de la nostalgie de ses fans pour soutenir la comparaison avec ce qui est son concurrent direct, malgré tout ce que l’on peut lire et entendre au sujet des aspirations différentes des deux franchises. Le fait est que Top Spin 4 et Virtua Tennis 4 sont deux jeux de tennis, point barre. Et oui, on va les comparer, comme on le fait chaque année avec PES et FIFA. Et non, le verdict ne va pas être en faveur du jeu de Sega.

Jeu de l’oie et des poussins

En vérité, au-delà  du fait qu’il y a des balles jaunes de part et d’autre, les deux jeux ont bien un point commun : leur casting décevant. Dans Virtua Tennis 4, on ne retrouve qu’une petite vingtaine de champions. Le gotha mondial est là  (Federer, Nadal, Djoko, IvanovicÂ…) mais on retrouve aussi des sportifs invraisemblables à  l’image d’Andrea Seppi ou de Laura Robson. Du côté des légendes, on retrouve avec plaisir des gens comme Rafter ou Edberg. Mais le roster reste insuffisant et tristounet, surtout quand on pense que des membres du Top 10 actuels ne sont pas là , à  l’image de Soderling ou de Melzer. Malgré tout, ce petit monde peut participer à  différents modes de jeu : un mode arcade, des matchs en simple ou en double ainsi qu’une dizaine de ces mini-jeux qui ont aussi fait la renommée de la série. Plutôt rigolos en multijoueur, ces activités proposent de casser des assiettes, de « servir des penalties », ou de protéger des poussins attaqués par des ballons de basket. On retrouve aussi ces mini-jeux éparpillés dans le Tour Mondial, un mode carrière plutôt bien fichu qui nous incite à  créer notre propre tennisman. Comme sur un jeu de l’oie géant, il faut parcourir le monde en enchaînant les tournois, les entraînements et les phases de repos. De temps à  autre, on tombe sur des cases « mini-jeux » pour gagner des points de compétence et améliorer son champion. Doté d’une durée de vie conséquente, surtout si l’on prend le temps d’effectuer le maximum d’activités possibles pour tenter de devenir le numéro un au classement ATP, le Tour Mondial est incontestablement la meilleure idée de Virtua Tennis 4.

Tennis triste

On en vient au nÂœud du problème, à  savoir le gameplay. Même sans aller jusqu’à  comparer le ressenti avec celui de Top Spin 4, il faut bien reconnaître que de nombreux éléments ne vont tout simplement pas dans le jeu de Sega. Dès les premier échanges, on sent que les animations sont antédiluviennes, surtout quand les joueurs décident de plonger ou de se mettre soudainement assis quand une balle leur arrive droit dessus, comme s’ils étaient victimes de crampes d’estomacs. Un peu plus tard, quand on commence à  enchaîner les points, d’autres soucis nous sautent aux yeux. On regrette par exemple que le syndrome du « droite-gauche » soit plus que jamais présent. Prendre un adversaire contrôlé par l’I.A. à  contre-pied relève du miracle et il est bien plus facile de déborder son opposant à  la longue, en le faisant traverser le court jusqu’à  ce que point s’en suive. La subtilité, l’approche tactique, l’amortie judicieuse, tout cela semble exclu de Virtua Tennis 4. En vérité, pour abréger un point, il ne reste que la montée au filet qui, une fois que l’on a pigé le truc, devient outrageusement efficace. Il suffit en fait d’un service extérieur pour s’ouvrir le court et aller placer un smash victorieux. Niveau plaisir de jeu et amusement, on a déjà  vu mieuxÂ…

Et ce ne sont pas les coups spéciaux qui parviennent à  donner du peps aux matchs. Concrètement, chaque joueur possède une jauge qui se remplit selon un critère donné. Monfils en faisant des retours, Djokovic en bombardant du fond du court, etc. Quand la jauge est remplie, on déclenche une frappe surpuissante, à  grand renfort de ralentis et de mise en scène à  la japonaise. Malheureusement, ce super-coup n’est pas si efficace que cela. Surtout parce que l’adversaire a le temps de visualiser où la balle se dirige et qu’il peut donc anticiper en temps réel pendant que le super-coup est joué au ralenti. C’est totalement absurde. Sans parler du fait que certains joueurs, comme Monfils, peuvent remplir leur jauge le plus simplement du monde pendant que d’autres, citons Haas par exemple, doivent batailler pour s’octroyer ne serait-ce qu’un super coup par rencontre.

Sega, c’était plus fort que ça

C’est un fait, jouer à  Virtua Tennis 4 ne nous a procuré aucun plaisir. On pourrait atténuer ce verdict sévère en avançant que la réalisation graphique est satisfaisante et que les joueurs sont bien modélisés. Ce qui est vrai, même si les animations robotiques et les gouttes de sueur démesurées font plus sourire qu’autre chose. On pourrait aussi dire que la Sega-touch au niveau sonore confère au jeu un certain cachet old-school. Mais je défie quiconque de supporter plus de quelques heures la voix off ou bien la musique insupportable qui accompagne les matchs. Enfin, on pourrait, à  la rigueur, affirmer que le jeu gagne en convivialité dès lors que les périphériques Kinect ou Move sont de la partie. Effectivement, en multijoueur, jouer dans ces configurations-là  se révèle plutôt marrant mais ce n’est pas non plus la panacée, que ce soit en raison de la précision discutable de Kinect ou de la caméra mal gérée lorsqu’on joue au Move. Bref, tout ça pour dire que Virtua Tennis n’est plus que l’ombre de lui-même. A une époque pas si lointaine, on s’amusait comme des fous en face d’un jeu de tennis irréaliste mais doté d’un fun inestimable. Aujourd’hui, on s’agace, on s’ennuie et on ne rit plus du tout. C’est triste.

Tu en penses quoi ?

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