La licence Yakuza a toujours joué sur le mélange entre une histoire à  première vue très sérieuse (et par moments portée sur le mélodrame) et un côté humoristique/loufoque. De par son statut de spin-off se déroulant dans un Kamurocho dévasté par les zombies, il ne pouvait en être autrement de Yakuza Dead Souls. Comme toujours dans les jeux de la série, ce nouvel épisode se déroule un an après les évènements de son prédécesseur. Alors que tout va bien pour Kazuma Kiryu et son orphelinat, sa petite protégée Haruka se fait enlever. Une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, des zombies font en même temps leur apparition dans son ancien quartier de Tokyo. Rapidement, les Forces japonaises d’autodéfense placent des barrières sensées séparer les zones occupées par les zombies, du reste de Kamurocho. Il revient alors aux valeureux héros de remettre de l’ordre dans tout ça. Le pluriel est de mise car à  l’instar de Yakuza 4, Dead Souls offre la possibilité d’incarner successivement, et certaines pour la première fois, quatre figures emblématiques de la série.

Gangster d’amour

Comme il s’agit d’un spin-off « qui compte pour du beurre, » les développeurs se sont accordés quelques libertés vis-à -vis de la cohérence de la mythologie officielle. Il ne s’agit pourtant pas d’un Yakuza light, destiné aux amateurs de jeux de shoot sur lequel les fans peuvent faire l’impasse. La mise en scène est une fois de plus très travaillée, avec un scénario qui traite de thèmes chers à  la série comme l’honneur, la loyauté, etc… Bien entendu, les traits sont parfois bien grossis et le jeu flirte par moments avec le kitsch. Mais c’est ce qui fait depuis toujours le charme de la licence. En parallèle à  cette histoire qui montre une fois encore que chez les yakuza, “y en a des biens”, le jeu propose comme ses aînés toute une ribambelle de missions secondaires. Faire ces dernières est par ailleurs vivement recommandé. Car en plus d’allonger de manière considérable la durée de vie du titre, elles offrent quelques séquences pour le moins cocasses. Preuve en est la mission dans laquelle un grand chef yakuza doit se travestir en demoiselle en détresse afin d’attirer les morts-vivants. Pourquoi fait-il ça ? Tout simplement parce que, comme ils l’affirment eux-mêmes, “ça marche comme ça dans les films de zombies”!

Shoot ‘Em All

Les phases de jeu sont quant à  elles composées de deux parties distinctes. La première fait avancer l’histoire et demande au joueur de se rendre d’un point A à  un point B tout en dégommant ennemis et autres boss en chemin. La seconde, appelée Free Battle, permet d’explorer librement la ville, de prendre part aux mini-jeux, et d’aller chasser du zombie pour le plaisir. Jeu de tir oblige, un des soucis majeurs de Yakuza Dead Souls est curieusement mis en avant par un autre jeu SEGA sorti récemment. Contrairement au Japon, Binary Domain est sorti en Occident avant ce nouveau Yakuza. Binary Domain également développé par le studio de Toshihiro Nagoshi, montre que ce dernier est tout à  fait capable de créer un très bon jeu de tir au sens habituel du terme. Ici, on se retrouve avec un système d’armes à  feu greffé sur le gameplay traditionnel de la série, ce qui peut être déstabilisant. Avant de pouvoir profiter pleinement de ce que Yakuza Dead Souls a à  offrir, il faut donc prendre le temps d’oublier les automatismes acquis à  force de jouer à  des TPS.

Army of Two

Une fois cela fait, il est tout à  fait possible de s’amuser avec ce gameplay à  mi-chemin entre le jeu de tir et le beat‘em all. Le fait de lancer des attaques spéciales, comme exploser un tank entouré de zombies ou enchainer les headshots, procure même des sensations plutôt plaisantes. Il est cependant regrettable que la caméra, qui n’a pas été conçue pour ce genre de jeu à  la base, ai tendance à  se perdre, en particulier dans les lieux clos ou les environnements de moindre envergure. Autre élément qui fait penser que Dead Souls a servi d’ébauche à Binary Domain : le système de coopération. à divers moments, les héros peuvent être accompagnés en zone infectée par un autre protagoniste dirigé par l’intelligence artificielle. Ce dernier participe alors aux combats et peut recevoir des ordres basiques. Pas vraiment révolutionnaire, ce système a tout de même le mérite de permettre de déclencher des attaques en duo spectaculaires.

Voyage en terrain connu

Modification du gameplay mise à  part, les habitués de la série ne devraient pas être dépaysés par Yakuza Dead Souls. Qu’il s’agisse de sa réalisation ou de son contenu, le titre est très proche de ses prédécesseurs. Et même si des joueurs étrangers à  la saga pourraient se dire que c’est toujours la même chose, ce côté familier contribue en partie à  son intérêt. D’une année sur l’autre, retrouver les rues de Kamurocho et les nombreuses activités (casino, bars à  hôtesses, salle d’arcade, etc…) qu’elles proposent est un plaisir sans cesse renouvelé. Et sans vouloir gâcher la surprise à  ceux qui décideront de jouer à  Dead Souls, le karaoké avec Majima, ainsi que la pêche sont deux activités qui méritent vraiment le détour. De leur côté, ceux qui attendent de véritables bouleversements de fond devront faire preuve d’encore un peu de patience. Le créateur du jeu n’a en effet jamais caché que les changements de taille n’interviendront pas avant Yakuza 5…

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